En visite de travail dans la province angolaise de Cunene, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a découvert les ouvrages réalisés par Luanda pour lutter contre la sécheresse. Aux côtés de João Gonçalves Lourenço, le président congolais a assisté à l’inauguration des barrages de Ndúe et de Calucuve. Une visite qui ouvre un nouveau volet dans les relations entre Kinshasa et Luanda, désormais appelées à s’étendre aux infrastructures hydrauliques.
La question de l’eau s’installe au cœur de la coopération entre la République démocratique du Congo et l’Angola. Après les accords économiques conclus récemment à Kinshasa, les deux pays se tournent vers un secteur qui touche directement la vie des populations, l’agriculture, l’élevage et la sécurité alimentaire.
C’est dans la province de Cunene, au Sud de l’Angola, que le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a pu mesurer les réponses apportées par Luanda au problème de la sécheresse. Invité par son homologue João Gonçalves Lourenço, il a visité plusieurs infrastructures conçues pour retenir, acheminer et distribuer l’eau dans une région régulièrement frappée par le stress hydrique.
Les deux chefs d’État ont notamment assisté à l’inauguration des barrages de Ndúe et de Calucuve ainsi qu’à celle des canaux destinés à conduire l’eau vers les zones concernées. Ces ouvrages doivent sécuriser l’approvisionnement des communautés locales, soutenir les activités agricoles et préserver le cheptel dans une province où les longues périodes de sécheresse mettent régulièrement les populations à rude épreuve.
L’expérience angolaise intéresse directement la RDC. Le pays dispose d’importantes ressources en eau, mais reste confronté à un déficit d’infrastructures pour leur captage, leur traitement et leur distribution. Dans plusieurs régions, l’accès à l’eau demeure difficile, tandis que l’agriculture et l’élevage subissent les effets des variations climatiques et de l’insuffisance des aménagements.
La visite de Cunene a donc permis à Félix Tshisekedi de s’imprégner d’une expérience régionale susceptible d’inspirer et enrichir les politiques congolaises d’aménagement hydraulique. Il ne s’agit pas de transposer mécaniquement un modèle, mais de tirer les enseignements d’ouvrages réalisés dans une zone confrontée à des contraintes comparables. La maîtrise de l’eau constitue en effet un préalable au développement de l’agriculture, à la protection du bétail et à l’amélioration des conditions de vie.
Pour Kinshasa et Luanda, ce rapprochement ouvre un champ de coopération qui dépasse les seuls échanges économiques. L’eau touche à la sécurité alimentaire, à la santé, à l’élevage, à l’agriculture et à l’adaptation aux changements climatiques. Elle appelle des réponses techniques, des investissements et une planification à long terme. La mise en commun des expériences pourrait permettre aux deux pays de mieux répondre aux difficultés qui se posent dans leurs zones les plus vulnérables.
La présence du président congolais à Cunene traduit aussi sa volonté de donner un contenu pratique aux relations bilatérales. Les accords conclus à Kinshasa doivent désormais être prolongés par des projets concrets susceptibles de produire des effets sur le terrain. Dans cette perspective, les infrastructures hydrauliques, les aménagements agricoles et les programmes liés à la résilience climatique pourraient constituer de nouveaux axes de travail entre les deux capitales.
L’intérêt de la RDC pour l’expérience angolaise intervient alors que le pays cherche à renforcer ses infrastructures et à mieux valoriser son potentiel agricole. La disponibilité de l’eau ne suffit pas. Encore faut-il disposer de barrages, de canaux, de systèmes d’irrigation et de réseaux capables d’acheminer la ressource vers les populations et les zones de production.
À Cunene, Félix Tshisekedi et João Lourenço ont ainsi posé les jalons d’un partenariat plus large. L’eau pourrait devenir l’un des secteurs autour desquels Kinshasa et Luanda construiront des projets communs, avec un intérêt particulier pour l’agriculture, l’élevage, la sécurité alimentaire et la protection des populations contre les effets de la sécheresse.
La visite présidentielle aura donc permis d’élargir le champ de la coopération RDC–Angola. Après les engagements économiques, les deux pays explorent désormais les possibilités offertes par la gestion des ressources hydriques et les infrastructures destinées à soutenir le développement. Reste à traduire cette volonté en programmes précis, financements identifiés et réalisations concrètes.
FIDEL SONGO