Le Fonds spécial de Répartition de l’Indemnisation aux victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC (FRIVAO) engage une nouvelle phase de réparation au bénéfice des communautés affectées. Cette première opération concerne quatre provinces : l’Ituri, la Tshopo, le Haut-Uélé et le Bas-Uélé.
L’annonce a été faite mercredi 9 septembre à travers un communiqué du ministère de la Justice, par le ministre d’État, ministre de la Justice et garde des Sceaux, Guillaume Ngefa. Selon le document, l’enveloppe globale mobilisée s’élève à 120 millions USD, répartis à raison de 30 millions USD par province.
Ces ressources doivent financer des projets collectifs prioritaires identifiés comme répondant aux besoins des populations victimes, notamment dans les secteurs de la santé, de l’éducation, de l’accès à l’eau potable, du relèvement économique, ainsi que de la mémoire et de la résilience communautaire.
Le ministère précise que la sélection et la mise en œuvre des projets s’effectueront selon des mécanismes visant à garantir la participation des communautés bénéficiaires, la transparence, la traçabilité des fonds et l’impact social des interventions.
Pour Guillaume Ngefa, cette initiative constitue un «devoir de justice» et une responsabilité de l’État, afin de permettre que les ressources destinées aux victimes contribuent réellement à restaurer la dignité des communautés et à reconstruire leurs milieux de vie.
Le communiqué indique par ailleurs, que les réparations individuelles interviendront dans une seconde phase, après l’achèvement des opérations d’audit, de vérification et de validation des fichiers des victimes, conformément aux procédures du FRIVAO.
Créé en décembre 2019 pour indemniser les victimes des exactions commises par l’armée ougandaise entre 1998 et 2003, le FRIVAO est chargé de gérer la somme de 325 millions USD que l’Ouganda doit à la RDC, conformément à un arrêt de la Cour internationale de Justice. Devenu réellement opérationnel en 2023, le fonds a toutefois connu des turbulences marquées par des crises de gouvernance, des suspensions de dirigeants et des accusations de mauvaise gestion.
Face aux controverses et à la multiplication des enquêtes, le gouvernement a fini par geler les comptes du fonds, entraînant notamment la suspension des indemnisations individuelles et de certains projets collectifs, dont la construction du mémorial de Kisangani.
Après la prise de fonctions de Guillaume Ngefa au ministère de la Justice, plusieurs pratiques jugées problématiques ont été dénoncées, conduisant à l’annonce d’une refonte du mécanisme : audit financier international, mise en place d’une équipe intérimaire indépendante, paiements directs traçables et publication régulière des dépenses.
Dans ce contexte, le lancement des réparations collectives est présenté comme une étape déterminante vers la transformation des montants dus par l’Ouganda en actions concrètes au profit des populations affectées.
JM