Les membres du directoire du Front patriotique rwandais (FPR) ont eu droit à une nouvelle sortie médiatique de Paul Kagame le 28 juillet 2026 à Kigali. Celui que l’on surnomme à Kinshasa ‘‘Hitler africain’’ s’y exprime en mode testamentaire. Avec l’air de quelqu’un qui sent venir la fin, il a affiché son inquiétude pour l’avenir du pays des mille collines et de l’héritage qu’il a à léguer à la postérité. Trois décennies d’immersion dans une idéologie de la belligérance systématique sous prétexte de contrer des menaces d’un nouveau génocide n’ont pas arrangé les affaires du chef de la principauté militaire installée à Kigali. «Nous nous demandons toujours : où laissons-nous nos enfants ? Quel genre de personnes laissons-nous derrière nous ? Continuent-ils sur la voie juste dans laquelle ils sont nés, celle que leurs parents ont construite et leur ont confiée ? Ou tout ce qui a été accompli aura-t-il été en vain ? Tout cela pourrait être gaspillé. Les gens ont libéré ce pays. Ils ont mis en place des politiques pour réunir les Rwandais, des politiques qui stimuleraient le développement, afin que le Rwanda puisse avancer au lieu de rester un pays pauvre dépendant des autres. Allez-vous laisser tout cela être défait ? S’il vous plaît, ne le faites pas. Je vous demande de ne pas le faire. Ne soyez pas ceux qui provoquent une telle tragédie». Ainsi a parlé Paul Kagame. Le président rwandais s’adressait, mardi 28 juillet 2026, à un parterre de membres du directoire de son parti politique, le Front patriotique rwandais (FPR). Comme s’il voulait assurer ses arrières après trois décennies d’un pouvoir sans partage, acquis en versant le sang de millions de personnes au Rwanda et en RDC voisine. Et se rassurer, laborieusement.
Au finish, peu d’acquis émergent de cette complainte pathétique. «Où laissons-nous nos enfants?», s’interroge celui que d’aucuns comparent au Führer de l’Allemagne nazie des années 1930 et 1940. Traduction : dans quel pays et à l’intérieur de quelles limites territoriales se trouvera le Rwanda après trois décennies d’exterminations systématiques ?
«Quel genre de personnes laissons-nous derrière nous?» poursuit Paul Kagame, s’interrogeant manifestement sur sa succession et sur l’héritage que lègue un pouvoir mono-ethnique qui a cru régler le problème politique multiséculaire de son pays en muselant carrément la majorité Hutu après avoir éliminé physiquement le leader, Juvénal Habyarimana. Le dictateur des Mille Collines est apparu moins sûr de lui qu’à l’accoutumé sur la question et s’inquiète sur l’avenir de l’édifice bâti au prix du sang sous son règne. «...Tout ce qui a été accompli aura-t-il été en vain ? Tout cela pourrait être gaspillé», se lamente-t-il, en fait.
Car, pour cet homme qui se présente en libérateur du Rwanda, «les gens ont libéré ce pays. Ils ont mis en place des politiques pour réunir les Rwandais, des politiques qui stimuleraient le développement, afin que le Rwanda puisse avancer au lieu de rester un pays pauvre dépendant des autres». Pas la peine d’être Démiurge pour comprendre que les fameuses politiques stimulantes pour le développement du Rwanda sont assises sur les agressions à répétition, l’occupation et le pillage systématique des ressources naturelles de la RDC voisine. C’est l’expansionnisme militariste de Kigali, maintes fois dénoncé par Kinshasa. Le maître d’œuvre de la déstabilisation de la région des grands lacs rwandais. «Allez-vous laisser tout cela être défait ? S’il vous plaît, ne le faites pas. Je vous demande de ne pas le faire. Ne soyez pas ceux qui provoquent une telle tragédie», exhorte désespérément l’homme fort du régime en place au Rwanda depuis 1994.
L’Idéologie de la belligérance
L’idéologie va-t’en guerre caractéristique du régime en place à Kigali, mise en œuvre en lettres de sang depuis le 1er octobre 1990 avec l’attaque de quelque 4000 combattants du FPR contre le Rwanda de Juvénal Habyarimana, parait donc contreproductive, à la longue.
La guerre civile rwandaise déclenchée avec la complicité du gouvernement ougandais de Yoweri Museveni à partir du territoire ougandais aboutira, certes, quatre ans plus tard à la prise de pouvoir de Paul Kagame et ses troupes. Mais elle sera marquée, au passage, par le désormais tristement célèbre génocide rwandais survenu entre avril et juillet 1994, précédé par l’assassinat du président Hutu rwandais, Juvénal Habyarimana. Le Falcon 50 transportant le chef de l’État rwandais et son homologue burundais, Cyprien Ntaryamira, avait été abattu le 6 avril 1994, touché par deux missiles sol-air alors qu’il amorçait son atterrissage à l’aéroport international de Kigali.
Le génocide qui s’en suivit fit entre 800.000, selon des sources onusiennes et 1.000.000.000 de morts parmi les Tutsi et les hutu modérés, selon le gouvernement rwandais. 250.000 cas de viols furent aussi recensés, selon l’ONU.
Selon la thèse officielle de Kigali, la prise de pouvoir par le FPR de Kagame aurait été indispensable pour mettre un terme aux massacres attribués aux extrémistes hutu. Mais de récentes publications, dont celles de Judi Rever et Michaela Wrong battent en brèche la version officielle du pouvoir en place au Rwanda et soutiennent la thèse de l’antériorité de l’idéologie de la belligérance de Paul Kagame et son FPR par rapport à l’idéologie et au fait génocidaire avancés pour soutenir le militarisme de Kigali dans la région des Grands Lacs africains.
Selon des estimations documentées, notamment par l’ONU, l’Armée patriotique rwandaise (APR) de Paul Kagame n’avait pas attendu la commission du génocide de 1994 pour «nettoyer» le Rwanda de son trop plein de Hutu. Les offensives des hommes de Kagame, notamment celle de février 1993, avaient entraîné plus d’un million de déplacés internes, mais surtout, «des dizaines de milliers de morts civils» dans les zones sous contrôle des assaillants venus de l’Ouganda. Dont celui de Byumba, relaté par J. Rever et certains autres enquêteurs spécialistes des questions sécuritaires de la région.
Pendant le génocide, des «massacres de représailles» furent également déplorés, au cours desquels des exécutions massives des civils Hutus par les forces de l’APR, branche armée du FPR ont été enregistrés. Selon le «Rapport Gersony» (HCR) rendu public après une enquête sur le terrain en septembre 1994 mais interdit de publication, l’APR avait tué de manière systématique entre 25.000 et 45.000 civils Hutus entre avril et août de la même année. Alors que des enquêteurs indépendants estiment que ces massacres de « nettoyage » ont fait entre 60.000 et 100.000 victimes. Notamment, celui perpétré à Kibeho en avril 1995, lorsque l’APR ouvrit le feu sur un camp de déplacés internes Hutus. Entre 4.000 et 8.000 civils ont été tués, selon les Casques bleus australiens et des ONG présentes sur place.
Parrain des rébellions congolaises
Le 17 juillet 2026, Paul Kagame a publiquement reconnu ce qui n’était plus qu’un secret de polichinelle. Au cours d’une réunion d’urgence du FPR, le président rwandais s’est revendiqué de liens entre le Rwanda et la rébellion prétendument congolo-congolaise de l’AFC/M23. «Lorsqu’ils ont déclaré qu’ils feraient disparaître le M23, ils voulaient dire : même le Rwanda, nous le ferons disparaître», avait-il déclaré du haut de la tribune érigée pour lui en la circonstance. Le ‘’Hitler africain’’ reconnaissait ainsi le lien qui a toujours existé entre le dernier groupe rebelle qui écume l’Est de la RDC depuis quelques années et son pays. Mais également, à l’évidence, le fait qu’il n’a jamais existé de rébellion congolo-congolaise qui tienne la route depuis trois décennies. Le chef de l’État du Rwanda réagissait à l’annonce d’une nouvelle salve de sanctions internationales, celles du Conseil de sécurité des Nations Unies cette fois-ci, ciblant des chefs de groupes armés de la région, de hauts responsables de l’armée rwandaise, et des entreprises minières qui financent le conflit par le pillage des ressources de la RDC voisine.
Acculé, Kagame a ainsi opté pour la stratégie de la menace existentielle qui pèserait sur le Rwanda, qui lui avait si bien porté bonheur jusque-là. Neutraliser militairement la rébellion qui écume l’Est rd congolais est une agression directe déguisée contre l’intégrité et la survie de son pays, selon ces propos qui marquent une nette rupture avec des années d’ambiguïté diplomatique : c’est la reconnaissance officielle du parrainage militaire de Kigali sur la rébellion de l’AFC/M23. Et de toutes celles qui l’ont précédé sur le territoire de la RDC. Elle met à nu la rhétorique des chefs rebelles et des rébellions qui éclosent avec une régularité saisonnière en RDC depuis plus de 30 ans.
Prétextes génocidaires
La mise en œuvre de l’idéologie de la belligérance par Paul Kagame et son APR a résolument débordé des frontières rwandaises avec l’agression de l’alors République du Zaïre de Mobutu Sese Seko. D’abord, sous prétexte de démantèlement des camps des réfugiés abritant d’anciens génocidaires ; ensuite, sous celui de prévenir la menace FDLR représentée par les génocidaires Hutu refugiés sur le territoire du voisin congolais ; et, en fin de compte, pour lutter contre l’idéologie génocidaire en général, dont le siège se situerait selon lui en RDC. Même si de rapports d’experts onusiens, de plus en plus nombreux, attestent du recyclage de ces mêmes génocidaires hutu par Kigali qui les renvoie ensuite écumer le territoire de son riche voisin. Lorsqu’il est acculé, le président rwandais n’hésite même plus à réviser dans le sens de sa vision hégémoniste l’histoire de la région des Grands Lacs, en excipant de prétendus territoires rwandais acquis par la RDC à la faveur de la conférence de Berlin de 1885.
En 1996, l’APR a franchi un cap supplémentaire et décisif de son idéologie de la belligérance en envahissant la RDC en s’adossant sur un «droit de suite» contre les ‘’génocidaires’’ hutus. Selon le désormais célèbre «Rapport Mapping de l’ONU» de 2010, publié par le Haut-Commissariat des Nations-Unies aux droits de l’homme, des attaques systématiques de l’armée de Kagame et de ses alliés congolais de l’AFDL ont fait «des dizaines de milliers de morts parmi les réfugiés Hutus. Des massacres qui, s’ils étaient prouvés devant un tribunal, pourraient être qualifiés de crime de génocide», selon le doux euphémisme des rapporteurs. Plus de 200.000 réfugiés Hutus ont disparu, tués par les combats, la faim, l’épuisement ou les massacres à l’arme blanche, selon des organisations comme Médecins Sans Frontières (MSF).
Crimes qui «pourraient être qualifiés» de génocide
Trois décennies de cycles de conflits armés successifs à l’Est du territoire de la RDC ont répandu l’idéologie de la belligérance déployée par Paul Kagame et ses phalanges, provoquant plus de 6 millions de morts civils (victimes directes des combats incluant l’armée rwandaise et ses milices alliées et victimes indirectes causées par les famines, le manque de soins, l’insécurité, selon l’International Rescue Committee, IRC), contre environ 7,3 millions de déplacés internes depuis 1996.
Selon les rapports récents d’experts onusiens, qui confirment l’implication directe des Forces de défense rwandaises (RDF) aux côtés de l’AFC/M23, plus de 7000 morts civils ont été enregistrés en 1 an à la suite de l’intensification des affrontements dans la seule province du Nord-Kivu, dont 3000 morts à Goma et ses environs, enregistrées lors du siège et de la prise progressive des zones stratégiques par ces forces coalisées.
Le modus operandi des massacreurs-exterminateurs de Paul Kagame demeure invariable, depuis l’offensive contre le Rwanda d’Habyarimana en 1990. Des enquêtes préliminaires des Nations Unies ont ainsi documenté l’exécution d’au moins 131 civils en l’espace de deux jours lors des massacres de Kishishe et Bambo au Nord-Kivu.
Le dernier rapport d’Ebuteli sur la sécurité dans la région, «le M23 redevient le groupe le plus meurtrier…», confirme ses révélations onusiennes. Selon le Baromètre sécuritaire du Kivu (Kivu Security Tracker-KST), qui a documenté quelque 247 incidents sécuritaires dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu au mois de juin dernier, « l’activisme du Mouvement du 23 mars (M23) a connu une remarquable remontée, redevenant le groupe le plus meurtrier du mois avec au moins 114 civils tués et 17 autres enlevés.
Cette violence est liée aux nouvelles offensives dans les territoires de Masisi et de Rutshuru, où des représailles ont été signalées à l’encontre des civils accusés de collaborer avec les Wazalendo et les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR)».
La palme du groupe armé le plus meurtrier
Kagame n’en est pourtant pas à ses premiers exploits militaristes-expansionnistes. Comparé à ces prédécesseurs dans l’agression de la RDC depuis la fin de l’ère Mobutu (le RCD/Goma, le CNDP de Laurent Nkunda), l’AFC/M23 est loin d’être le parent pauvre de l’idéologie de la belligérance.
Le groupe rebelle prétendument congolais a récemment organisé une cérémonie de fin de formation de plus de 9.300 miliciens au centre d’entraînement de Chanzu (Rutshuru), confirmant ainsi l’intention de Kigali de pérenniser l’occupation et l’administration parallèle du Nord et du Sud-Kivu. «Pour que le Rwanda cesse d’être un petit pays pauvre…», selon le discours aux allures d’un testament de Paul Kagame, le 28 juillet 2026 à Kigali ?
Selon des rapports onusiens, les statistiques d’éléments formés vantées trahissent un gonflement d’effectifs manifeste : c’est l’armée régulière rwandaise opère directement sur le sol congolais, avec plusieurs milliers de soldats combattant sous couvert du M23 ou intégrés à ses unités.
Ces 9000 nouveaux combattants ne forment donc pas un groupe homogène. Il s’agit d’un amalgame de soldats réguliers rwandais, de recrues ougandaises, de miliciens locaux et, dans une proportion tragique, de milliers de civils congolais enrôlés de force par la contrainte. Cette hétérogénéité renforce l’ambiguïté identitaire du groupe, qui s’affiche comme un mouvement congolais tout en fonctionnant comme une force de projection régionale.
Dialectique de l’idéologie de la belligérance
Provoquer des rébellions – négocier la paix des belligérants – capter/partager le pouvoir. Telle est l’autre caractéristique permanente de l’idéologie de la belligérance mise en œuvre par Paul Kagame depuis trois décennies. Dialoguer, négocier après avoir essaimé des horreurs sur le terrain de l’affrontement militaire représente la seconde étape de cette dialectique de la belligérance. L’agression du Rwanda de Juvénal Habyarimana suscita les négociations de paix d’Arusha en Tanzanie, interrompues par l’assassinat des présidents rwandais et burundais en 1994.
En RDC, toutes les rébellions d’envergure ont été suivies de négociations, dont les plus emblématiques furent celles de Sun City en Afrique du Sud, organisées sous l’égide de la communauté internationale en 2003. Elles culminèrent avec le partage du pouvoir entre belligérants et l’organisation des premières élections transparentes et démocratiques en 2006. Sans pour autant mettre un terme aux massacres des populations congolaises de l’Est du pays, ramener définitivement la paix, ni mettre un terme au pillage des ressources naturelles du pays de Patrice Lumumba.
A cet égard, le RCD/Goma de Azarias Ruberwa, Moïse Nyarungabo et autres, reste historiquement et statistiquement le plus meurtrier des groupes armés entretenus par le Rwanda. Les affrontements, les massacres de masse (comme à Kisangani en 2002) et surtout l’effondrement total du système de santé ont causé des centaines de milliers de morts (voire des millions si l’on inclut la surmortalité due aux maladies et à la famine provoquées par la guerre). Il demeure, par son échelle spatio-temporelle, le mouvement par procuration (proxy) le plus dévastateur de l’histoire de la région. Il permit à Kigali de capter le poste de vice-président de la République confié à Azarias Ruberwa, ainsi que l’incorporation par mixage des troupes de nombreux éléments et officiers rebelles dans l’armée nationale congolaise pour l’affaiblir durablement, voire, définitivement.
Le successeur de la première agression rwandaise maquillée en rébellion congolo-congolaise, le CNDP de Laurent Nkundabatware, a marqué l’histoire par une terreur ancrée dans les massacres communautaires inspirés de Kigali. Le mouvement prétendument rebelle opérait dans une logique plus proche du M23, marqué par un ancrage territorial fort au Nord-Kivu, axée sur la protection revendiquée de la communauté Tutsi congolaise.
La paix des belligérants, illusoire et éphémère
Du point de vue du bilan humain, Nkundabatware et ses supplétifs rwandais ont causé des dizaines de milliers de morts et des déplacements massifs de population. Le groupe s’est tristement illustré par des crimes de guerre emblématiques, à l’instar du massacre de Kiwanja en novembre 2008, où plus de 150 civils furent passés de vie à trépas en l’espace de deux jours.
Mais, la guerre récente entreprise par l’AFC/M23 a atteint des sommets de létalité rapide et un impact humanitaire inégalé en raison de l’urbanisation du conflit, note-t-on. Le M23 actuel – massivement soutenu en hommes et en matériel de pointe par l’armée rwandaise (RDF) – utilise de l’artillerie lourde, des mortiers et des drones de surveillance. Les bombardements aveugles de zones densément peuplées et de camps de déplacés autour de Goma ont fait exploser les chiffres.
En RDC, l’idéologie de la belligérance de Kagame ne se limite pas aux seuls mouvements ultramédiatisés comme le RDC/Goma, le CNDP ou l’AFC/M23. Sur le terrain, elle repose aussi sur une stratégie de réseaux transnationaux qui englobe des milices dites d’autodéfense ethnique, des groupes armés en Ituri, ainsi que des rébellions de pays voisins implantées sur le territoire de la RDC (comme les ADF, dont on dit que Kagame, Kabila et Museveni possèdent chacun sa branche).
Au Sud-Kivu, le Rwanda s’appuie sur des dynamiques communautaires locales pour contrer l’armée congolaise (FARDC) et ses alliés burundais. Notamment, les Twirwaneho (et le groupe Gumino). Dirigé par le colonel déserteur Michel Rukunda, dit «Makanika», ce groupe armé recrute essentiellement au sein de la communauté Banyamulenge sur les Hauts-Plateaux de Fizi, Mwenga et Uvira. Le Groupe d’experts de l’ONU a documenté à plusieurs reprises que le Rwanda leur fournit un appui logistique, des armes et même un ravitaillement aérien pour maintenir ce front Sud.
Le RED-Tabara (mouvement burundais basé en RDC), une rébellion burundaise hostile au régime de Gitega à l’origine, opère à partir du Sud-Kivu en étroite coordination avec les Twirwaneho et l’armée rwandaise (RDF) pour mener des offensives territoriales combinées contre les FARDC.
Pour étendre son influence au-delà du Kivu, la coalition AFC/M23 téléguidée par Kigali a activement parrainé et armé des milices de la province de l’Ituri afin de créer un second front, notamment, le Groupe Zaïre (ou Auto-défense des communautés victimes de l’Ituri – ADCVI). Cette milice d’autodéfense de la communauté Hema s’est structurellement alliée à l’AFC/M23. Selon les enquêtes des Nations Unies, des centaines de combattants du groupe Zaïre ont été transférés et formés dans les camps d’entraînement militaires du M23 à Chanzu sous la supervision d’instructeurs liés à la logistique rwandaise. La CRP (Convention pour la révolution populaire), liée aux réseaux de l’ancien chef de milice Thomas Lubanga, sert de pont politique et de recrutement en Ituri pour alimenter les troupes de la coalition soutenue par le Rwanda.
J.N.