Au conseil de sécurité des nations unies, Kinshasa a plaidé pour une définition commune du terrorisme. Pour la représentante congolaise Victoria Lieta Liolocha, l’absence de consensus sur les actes et les groupes visés affaiblit la riposte internationale. La RDC a également rappelé les crimes commis par les ADF contre les populations civiles dans l’Est du pays.
La lutte contre le terrorisme se heurte encore à un désaccord de fond au sein de la communauté internationale. Les États ne s’accordent pas sur une définition universelle du phénomène. Pour la République démocratique du Congo, cette situation complique la mise en place d’une réponse collective et cohérente.
Kinshasa a défendu cette position vendredi 11 septembre, lors d’un briefing du Conseil de sécurité consacré à la lutte contre le terrorisme, organisé dans le cadre du 25ᵉ anniversaire des attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis. La représentante de la RDC, Victoria Lieta Liolocha, a appelé les membres du Conseil à poursuivre les discussions afin de parvenir à une définition acceptée par tous.
«L’action collective implique aussi que nous puissions nous entendre sur ce que nous combattons», a déclaré la diplomate congolaise. Après plusieurs décennies de débats, la communauté internationale ne dispose toujours pas d’un accord universel sur la portée du terme «terrorisme», ni sur les actes et les organisations qui doivent être visés par les mesures antiterroristes.
Pour Kinshasa, cette absence de référence commune réduit la portée de l’action internationale. Elle entretient aussi des divergences sur le champ d’application du terme, notamment lorsque certains États refusent que puissent être prises en compte des violences commises par des forces armées étatiques. La RDC estime qu’un consensus est nécessaire pour combattre les groupes terroristes avec fermeté, tout en respectant le droit international et les droits de l’homme.
La situation dans l’Est de la RDC a occupé une place importante dans l’intervention congolaise. Kinshasa a dénoncé les exactions attribuées aux Forces démocratiques alliées, les ADF, groupe armé d’origine ougandaise ayant fait allégeance à l’organisation État islamique.
Selon Victoria Lieta Liolocha, les ADF continuent de s’en prendre aux civils. Meurtres, enlèvements, violences contre les femmes et les enfants et déplacements forcés figurent parmi les crimes dénoncés par la représentante congolaise. Ces attaques rappellent que le terrorisme ne constitue pas une menace lointaine pour la RDC. Il frappe directement les communautés de l’Est et met à rude épreuve les efforts de l’État pour protéger sa population.
Le briefing a également permis aux participants de revenir sur l’évolution des méthodes utilisées par les groupes terroristes.
Depuis les attentats du 11 septembre 2001, ces organisations ont adapté leurs tactiques et tirent profit des technologies nouvelles pour diffuser leur propagande, recruter, financer leurs activités et coordonner leurs opérations.
La France a appelé le Conseil de sécurité à reprendre le rôle moteur qu’il avait assumé au lendemain des attentats de 2001. Plusieurs pistes ont été avancées : renforcer la coopération entre les États, mieux encadrer les technologies émergentes, investir dans la prévention et la résilience et soutenir les pays exposés à la menace terroriste.
Les participants ont également rappelé que les mesures de lutte contre le terrorisme ne peuvent s’affranchir du droit international. La protection des populations doit aller de pair avec le respect des droits de l’homme, faute de quoi la riposte risque de nourrir de nouvelles frustrations et de fragiliser la confiance dans l’action des institutions.
Pour la RDC, l’enjeu est désormais de faire reconnaître la gravité des violences commises par les ADF et d’obtenir une réponse internationale à la hauteur de la menace. La définition commune réclamée par Kinshasa permettrait de clarifier les responsabilités, de renforcer la coopération entre les États et de réduire les ambiguïtés qui affaiblissent encore la lutte contre les groupes terroristes.
FIDEL SONGO