Intervenant au nom du gouvernement en faveur des populations déplacées en Ituri où elle est arrivée lundi 21 septembre 2026, la ministre d’État en charge des Affaires sociales, Eve Bazaiba Masudi, à la tête d’une importante mission axée sur deux priorités, à savoir une assistance d’urgence aux déplacés internes et l’identification des personnes susceptibles de regagner volontairement leurs zones d’origine, était porteuse d’une réponse de l’exécutif aux besoins les plus urgents des familles déplacées.
Bunia constitue la deuxième étape de la mission gouvernementale après Beni, dans le Nord-Kivu. La situation humanitaire dans le chef-lieu demeure préoccupante. Là-bas, des milliers des familles sont contraintes de quitter leurs localités en raison de l’insécurité provoquée par les ADF et les autres groupes armés et vivent depuis dans des conditions difficiles. Leurs besoins sociaux appellent urgence tandis que les capacités de prise en charge demeurent limitées.
A Bunia, Bazaiba et son équipe ont été accueillies par les autorités politico-administratives de la province. La ministre, venue avec la réponse du gouvernement aux besoins des déplacés dans cette province confrontée simultanément à une forte pression humanitaire et à un contexte sanitaire fragile, a constaté entre autres que les mesures sanitaires liées à la riposte contre la maladie à virus Ebola sont observées.
Elle a présidé une séance de travail au gouvernorat de l’Ituri afin de définir les modalités de l’intervention gouvernementale et de préparer les différentes activités prévues sur le terrain. Face à la presse, la ministre d’État a donné le sens précis des deux axes de sa mission. «Je suis venue au nom du gouvernement, apporter l’assistance humanitaire d’urgence aux déplacés internes et aussi lancer le processus d’identification des candidats au retour volontaire», a-t-elle laissé entendre.
Pour ce qui est des besoins les plus urgents des familles déplacées, le site de Djugu, avec ses 70.000 ménages de déplacés, a été ciblé comme l’un des premiers points d’intervention, ce qui donne une idée de l’ampleur des besoins auxquels les autorités sont confrontées. Kinshasa prépare également un processus permettant d’identifier les déplacés qui souhaitent retourner dans leurs milieux d’origine. Une démarche considérée comme étape préalable même si les retours des familles dans leurs lieux d’origine ne seront organisés de manière automatique.
La question sécuritaire reste au centre de cette perspective, les autorités considérant que le retour volontaire est conditionnée par des garanties suffisantes de paix et de sécurité dans les zones concernées, la crainte étant que les familles soient à nouveau contraintes d’abandonner leurs localités.
Une exigence qui a toute son importance dans une province où les violences ont provoqué des déplacements massifs de population.
Ainsi, le retour ne peut être envisagé uniquement sous l’angle humanitaire, il dépend également de la capacité à rétablir un environnement suffisamment sûr et stable dans les zones d’origine.
La situation sanitaire ajoute une autre contrainte à la réponse. L’Ituri fait face à une résurgence de la maladie à virus Ebola, obligeant les intervenants à intégrer les mesures de prévention et de protection sanitaire dans les opérations destinées aux populations vulnérables.
L’ampleur des besoins, notamment à Djugu, constitue toutefois un important défi pour les autorités. La réponse devra être suffisamment planifiée pour couvrir les besoins immédiats des déplacés, tout en préparant dans la durée les conditions nécessaires à d’éventuels retours. En Ituri, l’action gouvernementale se trouve donc à la croisée de trois impératifs, qui se trouvent être l’assistance humanitaire, la protection sanitaire et la sécurité des populations. Leur prise en compte simultanée sera déterminante pour répondre à la crise actuelle et permettre, lorsque les conditions seront réunies, un retour durable des familles déplacées.
FIDEL SONGO