Condamné à trois ans de prison ferme et à cinq ans d’interdiction d’exercer ou d’occuper des fonctions publiques en RDC, Constant Mutamba, ancien ministre de la Justice, se retrouve de nouveau au cœur d’un bras de fer judiciaire. Après son procès pour le détournement de plus de 19 millions USD destinés à la construction d’une prison à Kisangani, son nom revient dans le dossier FRIVAO, qui attire l’attention des Congolais.
Lors de son premier procès, Mutamba bénéficiait d’un large soutien populaire. De nombreux habitants veillaient à son domicile et réclamaient justice, convaincus qu’il était victime d’un acharnement. Mais la justice, indépendante des intentions populaires, l’avait condamné, dispersant ses partisans. Huit mois après, son nom ressurgit dans une nouvelle affaire de détournement, cette fois liée à la société FRIVAO. Lors de sa comparution, le directeur général de cette entreprise a cité sans détour l’ancien garde des Sceaux.
Refus de comparaître
Invité à se présenter devant la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe en qualité de renseignant, Mutamba avait d’abord invoqué des raisons de santé, ce qui avait entraîné un report de l’audience. Mais à la date fixée, il a surpris plus d’un en réservant une fin de non-recevoir à l’invitation du parquet près la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe. Dans une lettre déposée par le greffier et lue par le ministère public, il a déclaré : «Ils m’ont déjà condamné, qu’ils fassent ce qu’ils veulent».
Par ces mots, Mutamba laisse entendre que la procédure serait biaisée et déjà orientée contre lui.
Un procès sensible
Dans le dossier FRIVAO, portant sur des soupçons de détournement de fonds publics, le nom de Mutamba est revenu plusieurs fois. Son refus de comparaître complique le déroulement des audiences, dans une affaire où la transparence et la crédibilité de la justice sont particulièrement scrutées.
Alors qu’il s’est donné le sort, les observateurs questionnent sur l’indépendance de la justice congolaise et sur la capacité des autorités à mener à terme des procès impliquant des personnalités influentes. Sera-t-il recondamné par la même justice ?
Va-t-il revenir sur sa position, ou ira-t-il jusqu’au bout ?
Wait and see.
Pascal Lookolo