Au moins une centaine de pygmées, parmi lesquels des femmes enceintes, des enfants en bas âge et des personnes de troisième âge, vivent dans des conditions précaires au centre pastoral de Mungbere, en territoire de Watsa, dans le Haut-Uélé. Fuyant les violences armées dans le territoire voisin de Mambasa (Ituri), ces familles ont trouvé refuge dans une zone où les capacités d’accueil sont déjà dépassées, faisant craindre une aggravation de la crise humanitaire. A première vue, le centre pastoral de Mungbere ressemble à un refuge. Mais derrière ce semblant de sécurité, les conditions de vie restent alarmantes pour les déplacés pygmées qui s’y entassent depuis plusieurs jours.
Certains racontent avoir parcouru de longues distances à pied, abandonnant derrière eux leurs villages, leurs biens et parfois leurs proches, dans l’espoir de trouver un abri plus sûr dans le Haut-Uélé. Mais à Mungbere, l’accueil reste limité. Les infrastructures communautaires, déjà fragiles, peinent à absorber cet afflux continu de déplacés. Le manque d’abris adéquats expose les familles aux intempéries, tandis que l’accès à la nourriture et aux soins de santé demeure insuffisant.
Sur place, les acteurs locaux tirent la sonnette d’alarme. Ils évoquent une pression croissante sur les ressources disponibles et appellent à une mobilisation urgente pour éviter une détérioration de la situation. Cette réalité met en lumière une crise humanitaire silencieuse qui s’installe progressivement dans cette partie du Haut-Uélé. Une crise alimentée à la fois par l’insécurité persistante dans les zones voisines et par l’insuffisance des moyens de prise en charge. Pour ces déplacés, le refuge trouvé à Mungbere ne marque pas la fin de leurs épreuves, mais plutôt le début d’un nouveau combat. Celui notamment de la survie au quotidien.
Alain PANGUIMO