A Isiro, chef-lieu de la province du Haut-Uélé, le gouverneur Jean Bakomito Gambu, a lancé lundi 27 avril, un atelier de deux jours soit du 27 au 25 avril sur la gestion foncière. Un accent particulier a été mis sur la vulgarisation de la nouvelle loi dite « Loi N’Sele » dont l’objectif est d’encadrer l’accès à la terre, prévenir les conflits et renforcer la cohésion sociale. En toile de fond, les autorités provinciales du Haut-Uélé, mettent en garde contre les risques liés au non-respect des principes fonciers, notamment la recrudescence des litiges y relatifs, l’insécurité communautaire et le ralentissement du développement local qui en découlent. Dans une province où la terre cristallise à la fois les intérêts économiques, sociaux et coutumiers, la question foncière reste une source récurrente de tensions.

Le problème est d’une telle ampleur que le Gouverneur Bakomito situe ce forum dans le cadre des efforts existentiels entre espoir de stabilité et menace de nouveaux conflits. Les accaparements illégaux, chevauchements de titres, conflits entre communautés ou encore incompréhensions entre le droit positif en vigueur en République démocratique du Congo et des pratiques coutumières observées depuis des temps immémoriaux figurent parmi les dérives régulièrement dénoncées ici. A Isiro, chef-lieu de la province, autorités, experts et acteurs locaux tentent ainsi d’anticiper. Pour le gouvernement provincial, la vulgarisation de la «Loi N’Sele» apparaît comme une réponse structurante pour instaurer des règles claires et partagées par tous. Mais sans appropriation réelle de ces normes, préviennent plusieurs intervenants, les conséquences pourraient être lourdes : multiplication des conflits fonciers, fragilisation du tissu social et frein aux investissements. Cet atelier se veut donc un tournant décisif et pose les bases d’une gouvernance foncière plus transparente, inclusive et sécurisée, condition essentielle pour une paix durable et un développement équilibré dans le Haut-Uélé.
Alain Panguimo