Face à la résurgence de la maladie à virus Ebola dans la province voisine de l’Ituri, les autorités sanitaires congolaises renforcent les dispositifs de riposte pour prévenir toute propagation de cette épidémie meurtrière. A Isiro, chef-lieu de la province du Haut-Uélé, les campagnes de sensibilisation de masse se multiplient, afin de contenir tout risque de contamination dans cette province frontalière de l’Ituri. Jean Bakomito Gambu, gouverneur du Haut-Uélé a lancé un appel à toutes les couches de la population pour une mobilisation tous azimuts contre ce fléau sanitaire. Il a insisté sur l’implication des services sanitaires, des leaders communautaires, des structures locales et de la population dans le respect des mesures préventives. Cet appel est soutenu par Simon Bulupiy Galati, notable du Haut-Uélé, qui a plaidé auprès du 1er citoyen de la province en vue d’un renforcement de l’éducation à la vie dans les établissements scolaires ainsi que dans les institutions supérieures et universitaires. Selon lui, cette démarche permettrait de sensibiliser les jeunes sans tabou ni discrimination sur les comportements responsables face aux maladies et aux enjeux de santé publique. L’ancien vice-premier ministre et ministre honoraire des PT-NTIC et du Travail, recommande également le renforcement des dispositifs de lavage des mains aux différents points d’entrée et de sortie de la province. Une mesure qu’il considère essentielle pour limiter les risques de propagation du virus. Bulupiy Galati appelle par ailleurs à une forte mobilisation communautaire impliquant les acteurs politiques, les leaders d’opinion, les forces vives, les responsables communautaires ainsi que les professionnels des médias, afin d’intensifier les actions de sensibilisation pour un changement de comportement social au sein de la population du Haut-Uélé. La propagation des maladies d’après lui, constitue aussi des menaces contre la sécurité et le développement et réduit la courbe démographique ainsi que les ressources nécessaires à l’émergence.
Mobilisation
contre le VIH
La province du Haut-Uélé est également confrontée à une situation sanitaire alarmante après la publication récente d’une cartographie nationale qui la place en tête du pays en matière de prévalence du VIH/Sida, avec un taux estimé à 6,9 %. Face à cette réalité préoccupante, le gouverneur Jean Bakomito, appelle à une mobilisation générale pour freiner la propagation de la maladie. Dans un message d’alerte et de sensibilisation, l’autorité provinciale a exprimé sa profonde inquiétude devant la progression du VIH/Sida dans plusieurs communautés de la province. Il estime que cette situation constitue désormais une urgence de santé publique, nécessitant l’implication de toutes les couches sociales. Le gouverneur encourage particulièrement les jeunes, les familles, les leaders communautaires, les médias, les structures sanitaires ainsi que les partenaires œuvrant dans le secteur de la santé à intensifier les efforts de prévention et de dépistage volontaire. Il insiste également sur la nécessité de renforcer les campagnes de sensibilisation, afin de promouvoir des comportements responsables et de limiter les nouvelles contaminations. Jean Bakomito plaide en outre pour une lutte accrue contre la stigmatisation des personnes vivant avec le VIH/Sida qui, selon lui, constituent des obstacles majeurs qui empêchent de nombreuses personnes de se faire dépister ou de suivre correctement leur traitement. Cette alerte intervient dans un contexte où plusieurs acteurs sanitaires tirent déjà la sonnette d’alarme sur l’augmentation des cas dans certaines zones du Haut-Uélé. Les autorités provinciales espèrent ainsi susciter une prise de conscience collective pour contenir cette menace qui pèse sur la santé publique et le développement social de la province.
Alain PANGUIMO