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PLAN STRATEGIQUE 2026-2028 DE L’IGF : Bitasimwa mise sur le contrôle systémique

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Christophe Bitasimwa, inspecteur général des finances - chef de service
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Dans le souci de se conformer au principe de redevabilité envers le peuple congolais et de dévoiler le cap fixé une année après sa prise de fonction en qualité d’Inspecteur général des finances, chef de service, le professeur Christophe Bitasimwa Bahii a tenu un point de presse mercredi 20 mai 2026 dans l’amphithéâtre Félix-Antoine Tshisekeki, situé dans l’enceinte de cette institution de lutte contre la corruption et le détournement des deniers publics. Le gendarme des finances publiques a dévoilé les perspectives avenir pour la période 2026-2028 en détaillant un plan stratégique triennal décliné en six axes pour formaliser cette nouvelle vision de l’IGF. Il s’agit de (i) la transformation digitale et la maîtrise de l’information ; (ii) la transition vers un contrôle systémique basé sur le risque ; (iii) la protection et la valorisation du patrimoine public; (iv) le renforcement de la gouvernance économique et financière ; (v) l’amélioration de la qualité de la dépense publique et (vi) le renforcement institutionnel de l’IGF notamment par sa déconcentration.

Dans son allocution de circonstance, Christophe Bitasimwa a appelé ses collaborateurs à faire preuve d’un certain nombre de valeurs cardinales dans la mise en œuvre de ce programme ambitieux. «Cette nouvelle vision de l’IGF requiert un engagement des Inspecteurs des Finances, des cadres et agents ainsi que des partenaires de l’Inspection Générale des Finances.  Il est opté pour la promotion de quatre valeurs socles coulées dans une Charte éthique et déontologique, à savoir : intégrité, professionnalisme, excellence et redevabilité. L’intégrité c’est la résistance aux pressions politiques et économiques, le refus de tout avantage indu, la cohérence entre discours anticorruption et pratiques internes. C’est la condition de la légitimité de l’IGF dans un contexte de forte exposition médiatique. Le professionnalisme renvoie à une maîtrise des normes, une capacité à comprendre des systèmes complexes (chaîne de dépense, régies, SI), à produire des analyses juridiquement sécurisées et à dialoguer avec les contrôlés sans complaisance ni brutalité. Quant à l’excellence, elle s’emboîte à la hausse du niveau technique, à l’usage d’outils avancés (data analytics, audit des SI) et à l’adoption de bonnes pratiques internationales d’audit. Enfin, la redevabilité signifie que l’IGF s’applique à elle-même l’exigence de rendre compte, via un cadre de performance, des rapports d’activités et des tableaux de bord de suivi», a-t-il martelé.

Il faut préciser qu’un ensemble d’actions accompagne ces valeurs . Il s’agit de l’élaboration  des guides sectoriels de contrôle en vue de l’uniformisation des méthodes de travail. D’un plan de renforcement des capacités et de mise à niveau pluriannuel, d’un plan de vulgarisation et de sensibilisation, d’un programme de renforcement de la supervision pour un travail en équipes pluridisciplinaires, etc.

Chronogramme

d’exécution

des activités

Au cours de l’année 2026, la hiérarchie de l’IGF a prévu la mise en place des organes de gouvernance du plan stratégique, la dématérialisation du travail administratif, la conception et l’acquisition de l’infrastructure numérique, l’identification et la cartographie des plateformes sources des données, début de la connexion à ces plateformes ;

En 2027, il est prévu la poursuite de la connexion aux plateformes-sources des données et le début du contrôle systémique pilote ;

Pour ce qui est de 2028, il est prévu la consolidation de l’infrastructure numérique, l’extension du contrôle systémique au fur et à mesure de la digitalisation des systèmes de gestion publique.
Le coût global de cette transformation est estimé à 39 millions USD, soit une moyenne annuelle de 13 millions USD.
À ce stade, Christophe Bitasimwa a précisé que  les financements prévisibles couvrent 22 millions USD, représentant 56 % des besoins identifiés, laissant un besoin de financement complémentaire de 17 millions USD.
Mais ce coût doit être apprécié à l’aune des économies déjà générées par les mécanismes de contrôle. Car chaque fraude évitée, chaque dépense irrégulière rejetée et chaque recette sécurisée renforcent directement la capacité de l’État à financer ses priorités stratégiques.
Raison pour laquelle il a rappelé que la crédibilité d’un État ne se mesure pas uniquement à ses ambitions politiques.

Pour Bitasimwa, la crédibilité de l’État se mesure surtout à sa capacité à protéger les ressources publiques, à sanctionner les dérives et à imposer une culture de responsabilité. Aussi, aucun pays ne peut durablement se développer dans le désordre financier. Aucune économie ne peut prospérer dans l’impunité budgétaire. Aucune administration ne peut gagner la confiance du peuple sans discipline, sans traçabilité et sans reddition des comptes.

Que retenir de l’an

1 de Bitasimwa ?

A la prise de ses fonctions ensemble avec son adjoint Emmanuel Tshibingu Nsenga, Christophe Bitasimwa avait dit avoir mesuré l’ampleur du double défi qui les attendait.  Celui d’une part de maintenir haut l’étendard de l’IGF et d’autre part, de donner une nouvelle impulsion à ce Service.  
Sans  faire un bilan, l’inspecteur général des finances, chef de service a rassuré que  le travail de l’IGF s’est poursuivi sans désemparer et a produit des résultats palpables.

En effet, l’IGF a mené des missions d’encadrement et de contre vérification qui ont globalement permis l’assainissement et la maîtrise du répertoire des assujettis qui a enregistré l’ajout d’environ 3.000 assujettis fiscalisés, jadis considérés comme introuvables ou inactifs. L’accélération de la clôture des dossiers de vérification et l’augmentation de 52,9% des prises en charges correspondant à une hausse de 140 à 178 milliards CDF.

On note en outre l’augmentation des Avis de Mise en Recouvrement (AMR) émis et recouvrés à raison respectivement de 30% et de 26% pour des recettes de l’ordre de 432 milliards CDF ainsi que la mise en recouvrement des dividendes de 191,399 milliards CDF sur base des données obtenues de la DGE/DGI.

Autres réalisations : l’établissement des 62 procès-verbaux d’infractions douanières pour un montant total de 196,522 milliards CDF et 1,939 milliard USD de même que des redressements fiscaux, douaniers et des recettes non fiscales de l’ordre de 2, 294 mille milliards CDF et 5,099 milliards USD.

Contrôle des dépenses publiques

Au chapitre du contrôle des dépenses publiques, il y a lieu de signaler la réalisation d’une économie des dépenses en faveur de l’Etat de l’ordre de 690,848 millions USD sur le remboursement des crédits TVA ;
L’audit du fichier de paie de 50 services administratifs sur 72 programmés, a permis de détecter 38.597 agents fictifs (fantômes et inconnus) et 1.007 doublons pour un impact financier de l’ordre de 15,786 milliards CDF/mois;

Au chapitre de l’encadrement des Entreprises et Etablissements publics, l’analyse des résultats globaux, fait ressortir des taux d’irrégularités des dépenses qui auraient pu aboutir à un détournement de fonds, sans la présence des Inspecteurs des Finances, de l’ordre de :
12,38%, soit un montant de 33,403 millions USD pour les dépenses en USD ;
25,6%, soit un montant de 1,582 million EUROS pour les dépenses en Euros;

72, 56%, soit un montant de 9,336 milles milliards CDF pour les dépenses en CDF.
De façon générale, les constats dans les entreprises et établissements publics, traduisent une gouvernance encore fragile caractérisée par la faiblesse du contrôle interne, des outils de gestion incomplets, l’insuffisance de planification budgétaire, le non-respect des dispositions légales sur la passation des marchés publics. Et l’Inspecteur général des finances chef de service Christophe Bitasimwa de préciser que «simultanément à ces actions, une attention particulière est accordée sur l’avenir à long terme de l’IGF 39 ans après sa création. Voilà pourquoi ces dernières années, l’action de l’IGF a été marquée par la ‘’patrouille financière’’ qui est un dispositif de contrôle a priori ou concomitant sur les chaînes de la dépense et de la recette ainsi que la gestion des entreprises publiques, des établissements publics, des provinces et ETD. Cette stratégie a permis de restaurer l’autorité de la norme, d’assainir des circuits de dépenses et des recettes publiques, de faire de l’IGF un symbole national de lutte contre la corruption. 
Toutefois, le diagnostic révèle des limites structurelles du modèle de la patrouille financière, notamment la lourdeur opérationnelle, l’exigence d’énormes ressources tant humaines que financières, les effets insuffisamment durables car dès que l’IGF se retire, les malversations reprennent, la perception négative d’étouffement dans le chef des gestionnaires qui accusent l’IGF d’instaurer un système de cogestion,  le travail manuel non adapté à la complexification des flux financiers consécutive à l’évolution technologique à l’échelle mondiale avec l’explosion du numérique
».

Il n’est donc plus viable, pour résoudre les problèmes structurels, de poursuivre à l’identique la stratégie centrée sur la patrouille financière qui traite ponctuellement les symptômes ou les conséquences des dysfonctionnements des systèmes de gestion publique. 
Les réformes de gouvernance ne peuvent être pérennes que si l’État maîtrise les logiques systémiques qui produisent les défaillances, plutôt que de traiter ponctuellement les symptômes.

Bien plus, rien ne condamne la République Démocratique du Congo de demeurer toujours en retard face à l’évolution rapide des modes de gestion utilisant massivement les technologies du numérique et rendant inopérants et inefficaces les modes de contrôle traditionnel manuel usant des méthodes policières là où le contrôlé utilise l’intelligence artificielle, a soutenu le professeur Christophe Bitasimwa.

D’où, la nécessité d’adopter un nouveau paradigme basé sur un contrôle systémique et intelligent, fondé sur la maîtrise de la donnée, la traçabilité et l’analyse intégrée de tous les circuits financiers (économiques, fiscaux, douaniers, budgétaires, parafiscaux, bancaires etc.).

Quid du contrôle

systémique ? 

Des explications fournies devant les professionnels des médias par l’Inspecteur général des finances et chef de service, il ressort que ce contrôle systémique est un contrôle permanent, à temps réel, interconnecté et analytique, centré sur la traçabilité, la cohérence et la performance des systèmes de gestion publique.

De par ses caractéristiques, ce contrôle est préventif, numérique, analytique, structurant et enfin évolutif. Préventif parce qu’il permet de détecter les défaillances avant les pertes (fraude, évasion, gaspillages). Numérique  pour la simple raison qu’il  s’appuie sur l’interconnexion des systèmes d’information (fiscaux, douaniers, paie, marchés publics, etc.).
Analytique du fait qu’il croise et traite des données sur les flux financiers pour repérer les incohérences, établir des cartographies des risques.
Structurant suite à son renforcement de la gouvernance, uniformise les procédures, corrige les failles systémiques. Évolutif  par sa capacité d’ajuster en continu les méthodes de contrôle aux évolutions technologiques et institutionnelles.

La vision qui découle de ce nouveau paradigme est d’ériger l’GF en institution d’intelligence et d’intervention, au service de la transformation de la gouvernance financière de l’État. Cette vision est pertinente dans la mesure où elle transforme l’IGF en centre névralgique de régulation financière, capable d’anticiper les risques et s’attaque à la cause systémique des dysfonctionnements plutôt qu’aux seuls effets.

Par ailleurs, cette vision traduit la lutte contre la corruption en dispositifs durables de contrôle interne, de traçabilité et de pilotage par les données,
donne une finalité au travail de l’IGF qui transcende la routine administrative traditionnelle pour se projeter dans des horizons futuristes et
s’inscrit parfaitement dans la vision du président de la République, chef de l’État et le Plan numérique national.

De ce qui précède, l’on peut conclure que l’Inspection Générale des Finances poursuivra donc, avec fermeté, méthode et responsabilité, sa mission de protection des finances et biens publics au service exclusif de la République. 

YK

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