Le gouvernement congolais passe à l’offensive contre les initiatives arbitraires de certains élus provinciaux qui paralysent les exécutifs de ces entités territoriales à travers des motions et des pétitions devenues quasi rituelles dans la plupart des assemblées provinciales du pays. Désormais, il ne sera plus question de ces pratiques jusqu’à nouvel ordre. C’est ce qui ressort de la conclusion adoptée à l’issue de la communication du vice-premier ministre, ministre de l’Intérieur lors de la quatre-vingt-troisième réunion du Conseil des ministres tenue sous la présidence du chef de l’État, Félix Tshisekedi, à la cité de l’Union africaine, vendredi 20 mars dernier.
Cette décision intervient à la veille de l’ouverture de la session de mars 2026 dans les assemblées provinciales sur toute l’étendue de la RD Congo. Jacquemin Shabani a réaffirmé que cette résolution a été impulsée par le président Félix Tshisekedi en personne, après plusieurs tentatives d’interventions ‘’pédagogiques’’ en guise de rappel à l’ordre des membres de tous les organes délibérants des provinces marquées par d’incessantes tensions entre les élus provinciaux et les institutions exécutives locales.
Le gouvernement justifie cette mesure par le climat délétère qui fragilise l’efficacité des pouvoirs publics dans plusieurs provinces à la veille de la rentrée parlementaire et, surtout, en vue de préserver la stabilité des institutions provinciales dans le contexte sécuritaire préoccupant dans la partie orientale du pays, où le pays est en train de faire face laborieusement à l’agression militaire du Rwanda et de ses supplétifs de l’AFC-M23.
Le ministre de l’Intérieur a, à cet effet, appelé les responsables provinciaux à se conformer strictement aux nouvelles directives présidentielles qui leur sont transmises par le gouvernement, particulièrement en cette période marquée par des défis sécuritaires.
Au cours de la même réunion, il a également été question d’une décision de la Cour constitutionnelle relative à la province de la Mongala, annulant la destitution du vice-gouverneur et ordonnant son retour illico à ses fonctions.
Pour rappel, c’est depuis le mois d’octobre 2025 que Jacquemin Shabani, avait exprimé ses préoccupations face au non-respect des engagements visant à assurer le bon fonctionnement des institutions provinciales, lors d’échanges avec les gouverneurs et les présidents des assemblées provinciales à Kinshasa. Bien que prévisible au regard des dysfonctionnements ayant régné dans ces institutions, la décision de suspendre les motions et pétitions ne sera visiblement pas bien accueillie par les élus provinciaux.
Si, pour d’aucuns, cette restriction présente l’inconvénient de paver la voie à une gestion publique des provinces non-transparente du fait de la mise à l’abri des gouverneurs de l’obligation de redevabilité, plusieurs analystes proches du dossier estiment que pareille mesure exceptionnelle se justifie en cette période comme solution face à une menace existentielle sur la République Démocratique du Congo. Dont acte.
Fidel SONGO