Au cœur de l’Afrique des Grands Lacs, un homme règne depuis trente ans en despote sanguinaire, écrasant brutalement toute contestation, qu’elle vienne des pays voisins ou de son propre peuple envers ses voisins et son peuple : Paul Kagame. Récemment, lors du Dialogue National Umushyikirano tenu le 5 février 2026, pour répondre de manière cosmétique à des pressions internationales croissantes, il a lancé avec son cynisme habituel des défis à tous ceux qui l’empêchent de régenter comme il l’entend les affaires de ses voisins : « Si le Rwanda pillait les minerais de la République Démocratique du Congo, nous serions 100 fois plus riches ». Une affirmation audacieuse, presque moqueuse, qui masque la réalité nauséabonde d’un dirigeant qui a délibérément fait le choix de se bâtir un empire personnel mirobolant sur le sang et les richesses pillées dans un pays voisin.
Une source en Ouganda fait état de l’aveu fait il y a quelques années par Paul Kagame au général ougandais Eriya Mwine alias Chefe Ali qui lui recommandait de négocier avec l’alors président congolais Laurent-Désiré Kabila le retrait de l’armée rwandaise de la RDC. « I cannot do whithout Congo » (je ne peux pas me passer du Congo) avait-il déclaré sans la moindre hésitation à son interlocuteur. Tandis que le Rwanda reste l›un des pays les plus pauvres du monde dépendant massivement de l›aide internationale, le président Paul Kagame et sa famille ont amassé une fortune privée estimée à plus d›un milliard et demi de dollars (estimation la plus faible), nourrie par la mise sous coupe réglée de l’Est du Congo et ses minerais 3T (étain, tantale, tungstène) et d›or. L’exploitation éhontée de cette partie du territoire national congolais que l’homme fort de Kigali justifie tantôt par un ‘’droit de suite’’ qu’il s’est auto-attribué contre les dissidents rwandais (Hutu) réfugiés au Congo, tantôt par une prétendue solidarité avec des Tutsi congolais qui serait persécutés par leurs concitoyens (sic !) ou par des revendications territoriales absurdes et surannées est systématique.
Le pillage de l’Est du Congo par Paul Kagame et ses sbires n’est pas récente ; elle plonge ses racines dans la guerre que le dictateur rwandais a déclenché à partir de 1996 avant de la relancer respectivement en 1998, en 2001, 2003, 2013 et 2021. Le rapport Mahmoud Kassem élaboré par des experts de l’ONU fait état de rackets perpétrés par les troupes gouvernementales rwandaises en territoire congolais pendant des années. Cette prédation se perpétue aujourd’hui encore à travers le contrôle armé de pans entiers des provinces du Nord-Kivu et Sud-Kivu et de réseaux opaques de blanchiment en Afrique et aux quatre coins du monde.
Tout a commencé dans les bureaux feutrés du «Congo Desk», une structure fantôme créée par Kagame et le colonel Patrick Karegeya (assassiné quelques années plus tard dans un hôtel de Johannesburg) au sein de l’Armée Patriotique Rwandaise (RPA, ancêtre des Forces de Défense Rwandaises). Dévoilé dans le rapport Kassem, ce mécanisme était en même temps une redoutable machine de guerre économique et un mécanisme de prédation mafieuse. Pendant les deux guerres du Congo (1996-1997 et 1998-2003), le Rwanda, sous la houlette de Kagame, a envahi la RDC, pillant massivement les trésors de son sous-sol.
Le rapport Kassem dénonce un «pillage à grande échelle» : stocks de minerais, diamants, or et coltan évacués vers Kigali, vendus sur les marchés internationaux pour financer l’effort de guerre rwandais, mais pas seulement…
Le ‘’Congo Desk’’, opérant comme un cartel militaire, collectait des taxes exorbitantes sur les comptoirs miniers (jusqu’à 200.000 USD par mois par entreprise à Kisangani). Ces fonds, selon l’ONU, ont non seulement gonflé les caisses de l’armée rwandaise, mais aussi enrichi personnellement les élites dont Paul Kagame lui-même, qualifié de «parrain» de ce système par le panel qui indexe également des officiers généraux et supérieurs des forces de défense rwandaises et des hommes d’affaires proches du pouvoir.
Des millions de dollars ont ainsi afflué, transformant le chaos congolais en un véritable jackpot pour le clan monoethnique au pouvoir et son conglomérat politico-militaire qui régit le Rwanda sans partage depuis 1994.
Le fabuleux enrichissement de Kagame et de sa famille est le fil rouge de cette prédation. Via le Front Patriotique Rwandais (FPR), le parti-État qu’il dirige d’une main de fer, les gains du ‘’Congo Desk’’ ont irrigué Crystal Ventures Ltd (CVL), le bras financier occulte du régime. Fondée en 1995 sous le nom de Tri-Star Investments, CVL est un empire tentaculaire : télécoms (MTN Rwanda), construction (Fair Construction, avec des contrats juteux en Afrique), agro-alimentaire (Inyange Industries), médias (The New Times pour propager la propagande du régime), et bien sûr, les mines.
Sa filiale internationale, Macefield Ventures Ltd, opère dans six pays, dont la RDC, extrayant or, diamants et 3T via des circuits masqués.
Kagame, le grand patron informel de cet édifice, en tire toutes les ficelles : des nominations comme celle de Nick Barigye en 2025 renforcent son contrôle. Mais c’est sa famille nucléaire qui en récolte les fruits.
Ainsi sa femme, Jeannette Nyiramongi Kagame, et sa sœur par alliance, Flora, détiennent des parts dans des hôtels de luxe (Serena, Marriott) et des tours iconiques à Kigali. Son fils, Ivan Cyomoro Kagame, pilote IV Venture LLC au Qatar, un fonds spécialisé dans le blanchiment et le recyclage des minerais volés en RD Congo, évalué à près de 200 millions de dollars par an.
Les neveux et alliés, comme Hatari Sekoko ou Richard Muerfu, gèrent l’immobilier et les banques, accumulant villas aux Émirats Arabes Unis et jets privés (dont un Bombardier à 50 millions USD).
Ces biens «cachés» derrière le FPR – estimés à 500 millions pour CVL seul – sont le fruit direct du pillage congolais, détourné via des fonds de pension rwandais et des contrats publics biaisés.
Le pillage ne s’est pas arrêté avec le rapport Kassem. Au contraire, le ‘’Congo Desk’’ a introduit des nouveaux mécanismes de sophistication de ses opérations.
Des rapports ONU récents (juin 2025) accusent le Rwanda de soutenir le M23 – un groupe rebelle proxy – pour contrôler les mines deColtan de Rubaya et d’autres sites en RDC orientale. Plus de 7.000 soldats rwandais y opèrent, utilisant drones et systèmes de défense pour sécuriser les routes du trafic. Les minerais 3T et l’or – essentiels pour smartphones, batteries et semi-conducteurs – sont acheminés vers le Rwanda, mélangés à la production locale, et exportés comme «rwandais». En 2024, le Rwanda a ainsi vendu 150 tonnes de coltan et 654 millions de dollars d’or, bien au-delà de sa très petite capacité domestique, selon l’IMF.
Ce blanchiment, dénoncé comme «blood minerals» (minerais de sang) par des ONG comme Global Witness, finance toujours l’armée et enrichit l’élite.
Kagame s’évertue à nier l’évidence en invoquant des «mesures de défense» contre les FDLR, mais les sanctions américaines que l’on dit imminentes contre lui-même et quelques-uns de ses proches pour sabotage des Accords de Washington vont très vraisemblablement permettre que la vérité soit révélée.
Scandale ultime : Le Rwanda, ce fameux «miracle africain» tant vanté par ses complices, reste malgré tout un géant aux pieds d’argile : 60 % de sa population croupit sous le seuil de pauvreté, dépendant de l’aide étrangère pour 40 % de son budget, la même communauté internationale que Kagame vient d’envoyer « en enfer » (« Go to Hell ! ») au cours de son discours du 5 février 2026.
Kagame, lui, est plus que milliardaire – une fortune cumulée connue à plus de 1,5 milliard de dollars identifiés, selon des estimations «à minima».
Cet écart abyssal n’est pas accidentel. C’est le fruit d’un système où les richesses congolaises coulent dans les poches d’une clique, alors que les Rwandais ordinaires vit dans la misère.
Tandis que Kagame parade et s’enivre de son mythe de ‘’visionnaire’’, les minerais du Congo – extraits dans une mare de sang – financent son empire personnel.
Une hypocrisie que le monde ne peut plus ignorer.
En conclusion, derrière l’aura soigneusement polie de «bon gestionnaire» que Paul Kagame aime bien afficher, se dissimule un criminel impitoyable et avide, dont l’empire personnel repose sur le pillage.
Cet enrichissement personnel, caché par des actifs familiaux et mafieux, contraste violemment avec la précarité endémique de son peuple : 60 % des Rwandais vivent sous le seuil de pauvreté extrême (moins de 1,90 dollar par jour), le pays dépendant à 40 % de l’aide internationale, et la réduction de la pauvreté stagnante depuis 2014 malgré les chiffres officiels manipulés.
C’est précisément cette misère orchestrée – un peuple coincé dans l’agriculture de subsistance, sans filet social réel – que Kagame se donne le luxe de brandir des prétendues preuves de son innocence face aux accusations de pillage. Son hypocrisie sans limite masque des décennies de déstabilisation permanente de la RD Congo avec des millions de vies humaines ainsi qu’un cycle incessant de violence pour son seul bénéfice.
Au final, Paul Kagame n’est pas un visionnaire, mais un dictateur et un prédateur géopolitique dont le «modèle» repose sur l’exploitation impunie, laissant son peuple végéter dans la précarité de l’assistanat international, tandis qu’il consolide un pouvoir absolu financé par la géo criminalité.
Kagame nourrit ainsi son patrimoine personnel et la richesse élitiste du conglomérat politico-militaire du FPR, son bras armé monolithique qui sème la désolation à l’Est de la RDC mais aussi au Rwanda, avec son corollaire d’exécutions extrajudiciaires, répressions et pauvreté endémique.
Eugène Diomi Ndongala,
Démocratie Chrétienne, DC.