Après quinze ans d’interruption, le train urbain de Kinshasa a repris du service depuis quelques jours. Une action réalisée sous l’impulsion du président Félix-Antoine Tshisekedi. Cette initiative qui connecte la Gare centrale à l’aéroport international de N’djili, s’inscrit dans le cadre du vaste projet MetroKin, qui vise à moderniser les infrastructures de transport de la capitale congolaise.
La relance du train urbain à Kinshasa, après une longue période d’inactivité, marque une avancée significative pour la mégalopole africaine dans le secteur de transport. Le 30 juin, date symbolique de l’indépendance de la République démocratique du Congo, le président Félix Tshisekedi a inauguré le tronçon de 25 kilomètres reliant la Gare centrale à l’aéroport de N’djili. Ce projet, soutenu par l’Africa Finance Corporation (AFC) a pour but de transformer la mobilité quotidienne des Kinois.
Kinshasa, avec une population estimée à près de 20 millions d’habitants, est confrontée à des défis majeurs en matière de transport. La congestion routière, les embouteillages chroniques et l’insuffisance des infrastructures publiques pèsent lourdement sur l’économie et la qualité de vie des citoyens. Dans ce contexte, la remise en circulation du train urbain est sans nul doute une solution concrète pour désengorger le trafic et offrir une alternative de transport plus fiable et accessible à tous.
Le projet MetroKin, qui prévoit à terme un réseau de 300 kilomètres, vise à transporter plus de 520.000 passagers par jour dans sa première phase. L’objectif est de réduire considérablement le temps de trajet entre le centre-ville et l’aéroport, passant de plusieurs heures à une trentaine de minutes. Cette amélioration de la connectivité est essentielle pour le développement économique de la capitale et pourra ainsi faciliter les déplacements des travailleurs et des marchandises.
Défis structurels et
perspectives d’extension
Cette relance n’est pas sans défis. Elle a nécessité la libération des emprises ferroviaires, souvent occupées illégalement par certains kinois, après une opération délicate mais indispensable pour la sécurité et l’efficacité du service. La restauration du domaine public est un aspect crucial de ce projet qui prouve à suffisance la volonté des autorités de rétablir l’ordre et la planification urbaine.
Le président Tshisekedi a d’ores et déjà annoncé des perspectives d’extension du réseau, notamment vers le versant Ouest de la capitale, entre la Gare centrale et la place Kintambo Magasin. Les phases ultérieures du projet MetroKin prévoient un maillage plus complet de la ville, avec des extensions vers Maluku, afin d’intégrer l’ensemble des quartiers et de répondre aux besoins croissants de mobilité.
La participation de l’Africa Finance Corporation (AFC) et l’expertise technique des partenaires internationaux comme Alstom, témoignent de l’ambition de ce projet. En plus de l’aspect technique, la remise en service du train urbain est un indicateur des efforts de modernisation des infrastructures en RDC, un pays confronté à de multiples enjeux de développement et de gouvernance.
FIDEL SONGO