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OPINION : RDC : la guerre oubliée et le désarroi d’un peuple meurtri

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Les opinions émises dans cette rubrique n’engagent que leurs auteurs

A l’est de la RDC, la guerre s’aggrave dans l’indifférence générale. Pouvoirs divisés, ingérences et réponses internationales inefficaces aggravent la crise. Sans Etat fort ni action cohérente, les Congolais restent les principales victimes.

Al’est de la République démocratique du Congo (RDC), on ne compte plus les morts. La Communauté internationale, choquée et émue par le carnage de Goma en janvier 2025, avait courageusement, et avec un brin d’humanité, abouti à la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies. Celle-ci a eu le mérite de pointer clairement les responsabilités, de mettre le doigt sur les vraies causes et enjeux de ce conflit. Mais depuis lors, tout semble partir en vrille : des massacres s’enchaînent, les cessez-le-feu sont bafoués, et la guerre progresse dans un silence assourdissant.

D’un côté ceux, qui devraient protéger la population semblent avoir détourné le regard, préoccupés davantage par la conservation de leurs positions que par la recherche d’une voie de sortie rapide à ce conflit sanglant. A Kinshasa, le régime de Félix Tshisekedi semble naviguer à contretemps. Alors que l’Est s’embrase, le débat politique se focalise sur des ambitions de pouvoir, des calculs électoraux et des projets de révision constitutionnelle. La prolifération de procès et d’accusations, la découverte de complots, réels ou fictifs, illustrent bien ce penchant à multiplier les fronts internes au détriment d’un front uni contre la vraie menace qui pèse sur l’existence même de la RDC.

La maison brûle, et tout le monde regarde ailleurs

D’un autre côté, d’anciens tenants du pouvoir et aspirants au pouvoir, longtemps opposés, se retrouvent et se rassemblent en vue d’une éventuelle (re)conquête commune du pouvoir. Tandis que d’autres, nonobstant la guerre au Kivu, préfèrent se projeter sur les joutes électorales de 2028, comme si cette perspective était aujourd’hui plus urgente que la tragédie de l’est du pays. Dans ce contexte explosif, le rôle ambigu de l’ancien président Joseph Kabila au sein de la « rébellion » continue de susciter de lourdes interrogations. Ses dénégations contrastent avec des éléments troublants, renforcés par les déclarations récentes du président rwandais Paul Kagame qui l’accuse aussi d’être avec l’AFC/M23. D’où la question de savoir à qui vont réellement les loyautés dans ce pays !

Et même parmi ceux qui essayent de s’interposer avec une présomption de neutralité entre les différents camps, en l’occurrence les religieux, on pèche par naïveté en croyant qu’il suffirait d’un dialogue entre Congolais pour que la crise soit désamorcée. Que nenni. L’armée rwandaise n’est pas venue combattre au Kivu pour y impulser une quelconque dynamique politique interne. Elle est venue pour garantir et sécuriser des intérêts rwandais et alliés. Et cela, peu importe qui détiendrait le pouvoir à Kinshasa ; les années récentes l’ont démontré.

Le pouvoir des armes

Plus grave encore, la banalisation de l’intégration d’anciens rebelles au cœur même de l’appareil d’Etat envoie un signal dangereux : en RDC, prendre les armes peut encore ouvrir les portes du pouvoir. Une dérive lourde de conséquences, et susceptible d’alimenter de nouvelles vocations violentes. On ne construit pas un Etat en récompensant les transfuges de rébellions armées.

Mais le drame ne s’arrête pas aux frontières du pays. Il se prolonge dans l’indifférence presque totale de la communauté internationale. Tandis que le monde se mobilise pour d’autres conflits, l’Afrique centrale reste reléguée à l’arrière-plan.

Même si des négociations sont menées ici et là (de Doha à Washington), tous pèchent en s’éloignant de la résolution 2627 qui constitue jusqu’ici la seule base légale et cohérente pour une paix durable à l’est de la RDC. On dirait que tous cherchent des subterfuges pour contourner ou diluer cette résolution. Les sanctions récentes des Etats-Unis à l’encontre de l’armée rwandaise ne doivent pas faire oublier ce déni de justice à l’égard des victimes congolaises. Il y a d’une part les prétentions mercantilistes qui les sous-tendent. Et d’autre part, leur prise en dehors d’un cadre multilatéral, comme celui des Nations unies, qui obligerait les autres nations à emboîter le pas pour avoir un effet dissuasif sur le Rwanda.

Comme si de rien n’était…

Ainsi, on voit notamment l’Union européenne et ses Etats membres continuer à coopérer normalement avec le Rwanda comme si rien de grave ne se passait dans les Kivu. Attitude hautement contradictoire que cette hypocrisie et ce cynisme européen qui se cachent à peine derrière une volonté d’augmenter l‘aide humanitaire à une région sinistrée, mais sans aucune mesure à l’encontre de ceux qui entretiennent la violence et la guerre causant ce drame humanitaire.

Bref, dans la communauté internationale comme au sein de la classe politique congolaise, tout se passe comme si l’humanité s’arrêtait aux frontières des Kivu !

 À lire aussi Conflit RDC-Rwanda : « A Goma, les promesses d’une vie meilleure faites il y a un an par les rebelles n’ont pas été tenues »

Les schémas adoptés jusqu’aujourd’hui dans la gestion de la crise congolaise ont largement démontré leurs limites. Durant les vingt-cinq dernières années, des milliards de dollars ont été engloutis dans des négociations politiques et des cycles électoraux qui n’ont apporté aucune amélioration de la gouvernance ni du bien-être des populations. Alors que l’état congolais est incapable de procurer même une simple carte d’identité à ses citoyens!

Urgence existentielle

A l’heure actuelle, l’urgence n’est pas électorale. Elle est existentielle. La RDC n’a pas tant besoin d’un nouveau dialogue politique que d’un sursaut national et d’une réelle contribution internationale à la paix. La priorité absolue doit être la paix, la sécurité et la reconstruction d’un appareil étatique fonctionnel et efficace. Car sans sécurité, sans État fort, sans institutions crédibles, sans protection des citoyens, il n’y aura ni démocratie, ni stabilité, ni avenir.

Aujourd’hui, une vérité demeure : dans cette tragédie, les seuls perdants sont, une fois de plus, les Congolais.

Dieudonné Wamu Oyatambwe

Les plus grandes banques d’Afrique centrale: extraversion de la présence de la RDC

Le classement 2025 des banques d’Afrique centrale publié par Jeune Afrique le 11 avril 2026 confirme le poids de la RDC dans le paysage bancaire régional. Plusieurs établissements y opérant occupent des positions de premier plan en termes de total de bilan, traduisant une densité d’activité financière non périphérique. Cette présence, quantitativement significative, peut faire croire à l’émergence d’un système bancaire structuré d’un grand pays doté des ressources considérables.

Une lecture plus attentive  en impose cependant une autre. Le classement ne dit rien de la localisation effective du pouvoir financier ni des centres de décision. L’analyse cesse alors d’être comptable pour devenir structurelle. Ce qui est en jeu n’est plus seulement la taille des institutions, mais la capacité à déterminer les conditions du crédit, à arbitrer l’allocation du capital et à inscrire ces décisions dans une logique donnée.

Ce passage d’une lecture quantitative à une lecture qualitative révèle une tension profonde. La RDC apparaît à la fois comme un espace bancaire central et un système dont les leviers échappent à son propre ancrage. L’architecture visible donne l’image d’une consolidation. L’architecture invisible interroge la nature du contrôle. Entre les deux se se pose la question de savoir si la présence financière équivaut réellement à une souveraineté économique.

Rawbank occupe la 1ère place du classement avec un bilan de 6.190 millions $. Elle constitue le principal acteur bancaire du pays et demeure détenue par un capital privé congolais à travers la Rawji family, ce qui en fait la seule grande institution du classement dont le centre de décision est national. Son modèle de revenus repose principalement sur le financement des grandes entreprises, le trade finance et les opérations de change, avec une forte exposition aux flux commerciaux et aux besoins de liquidité des acteurs économiques locaux, ce qui en fait un nœud central dans la circulation du capital à l’intérieur du pays.

Equity BCDC arrive en 2ème position avec un bilan de 5.075 millions $. Bien qu’opérant pleinement dans l’économie congolaise, elle est contrôlée par le groupe kenyan Equity Group Holdings, inscrivant ainsi ses décisions stratégiques dans une logique régionale. Son modèle combine les revenus d’intérêt avec une forte composante de frais et de services, notamment à travers la bancarisation de masse, les services digitaux et le financement des PME, traduisant une stratégie d’expansion fondée sur le volume et l’intégration des marchés.

Trust Merchant Bank se classe à la 5ème place avec 1.775 millions $. Anciennement structurée autour d’un capital local, elle est désormais majoritairement intégrée à un autre holding kenyan KCB Group, marquant un basculement vers un contrôle externe.

Bank of Africa – RDC apparaît à la 10ème place avec un bilan de 487 millions de $. Elle s’inscrit dans la sphère du Bank of Africa Group, illustrant la présence du capital bancaire nord-africain dans le système financier congolais. Son modèle est davantage orienté vers la clientèle corporate et institutionnelle, avec une spécialisation dans le financement structuré, le commerce international et les services liés aux flux transfrontaliers.

Le classement ne se limite pas à mesurer la taille des bilans, il met en évidence une configuration plus profonde du système bancaire. La présence de plusieurs institutions opérant en RDC parmi les premières places traduit une activité financière réelle, dense et structurée, qui témoigne d’une intégration effective dans les dynamiques régionales. Cette visibilité, pour significative qu’elle soit, ne suffit pas à qualifier la nature du système. Elle ne renseigne pas sur les mécanismes de décision qui orientent leurs actions.

Sur les quatre banques concernées, seule Rawbank repose sur un capital pouvant être considéré comme congolais. Cette qualification demeure toutefois partielle car en tant que structure privée, son actionnariat réel reste peu transparent, d’où une incertitude sur la nature exacte du contrôle. Les autres établissements, bien qu’insérés dans le tissu économique national, relèvent de groupes financiers dont les centres de décision se situent hors du pays. Le système apparaît ainsi comme un espace d’opérations locales adossé à des logiques excentrées.

La présence bancaire constitue, dans ces conditions, un indicateur incomplet. Elle atteste de l’intensité des flux et de la capacité du marché à absorber des institutions de taille significative, sans pour autant garantir un ancrage décisionnel national. L’analyse s’opère alors par un glissement du volume des actifs vers une question plus structurante, celle du contrôle des flux, de l’orientation du crédit et des arbitrages financiers (…)

Cette configuration révèle une structuration particulière du système financier congolais, où les fonctions les plus décisives ne coïncident pas nécessairement avec les lieux où les activités sont visibles. L’allocation du crédit, la gestion de la liquidité et l’accès aux lignes de financement s’inscrivent dans des chaînes de décision souvent rattachées à des groupes dont les centres de gravité se situent en dehors du territoire national. Ce déplacement du pouvoir aussi discret soit-il, redéfinit la nature même de l’espace bancaire congolais.

Pour un analyste financier, une telle organisation correspond à une forme d’intégration asymétrique dans des réseaux financiers régionaux et internationaux parfois interlopes. Le territoire devient un espace d’opérations, de distribution du crédit et de captation des flux, tandis que les arbitrages stratégiques, eux, s’élaborent ailleurs. Cette dissociation modifie les paramètres de fonctionnement du système. Elle introduit une dépendance relative dans la détermination du coût du capital, dans la hiérarchisation des risques et l’orientation des financements.

Cette réalité invite à déplacer le cadre d’analyse. Le bilan d’une banque ne suffit plus à en saisir la portée. Ce qui importe réside dans la localisation effective du pouvoir financier, là où se fixent les conditions du crédit, où se définissent les priorités d’investissement et où s’arbitrent les équilibres entre rentabilité, risque et développement.

Dans les économies avancées, le modèle bancaire repose sur une logique de stabilité, de volume et d’ancrage dans la vie quotidienne. Les revenus proviennent principalement de l’intermédiation classique, avec des marges d’intérêt relativement faibles mais soutenues par l’ampleur des encours. Le crédit immobilier constitue souvent la plus grande classe d’actifs des banques, suivi du crédit à la consommation et du financement des entreprises. Les marges sont modestes, mais compensées par des volumes massifs et une prévisibilité élevée.

Cette structuration se prolonge dans la nature des services proposés. Les banques tirent une part importante de leurs revenus de la gestion d’actifs, du conseil financier, des marchés de capitaux et des services aux entreprises, dans un environnement où les frais de base sont encadrés et relativement faibles. La rentabilité repose moins sur la contrainte d’accès que sur la capacité à offrir des services à forte valeur ajoutée à une clientèle large et intégrée. Le système financier fonctionne ainsi comme un amplificateur de l’économie, en facilitant l’investissement, la consommation et la circulation du capital à grande échelle.

Dans le contexte de la RDC, les revenus bancaires sont moins directement ancrés dans les trajectoires individuelles et davantage concentrés autour des flux, des transactions et des contraintes structurelles du système. Les marges d’intérêt sont plus élevées, les frais plus visibles, et les opérations de change occupent une place centrale. Le système ne tire pas principalement sa rentabilité de l’accompagnement généralisé des ménages, mais de la gestion de la rareté, du risque et de la fragmentation économique. L’accès au système financier, loin d’être universel, devient lui-même une source de revenu, ce qui redéfinit la relation entre la banque et l’économie. Dans ce système, les banques gagnent surtout de l’argent sur le change entre dollars et francs, sur les frais que paient les clients pour utiliser leurs services, et sur les prêts à court terme accordés aux entreprises.

Dans les économies avancées, le système financier agit comme un multiplicateur des dynamiques économiques en diffusant le crédit au cœur de la sphère microéconomique, soutenant les ménages dans leurs trajectoires de consommation et d’investissement, et les entreprises dans leur développement. En RDC, il intervient davantage en amont, en structurant les conditions de la circulation du capital plutôt qu’en en diffusant largement les effets. Le crédit aux ménages et aux petites entreprises demeure limité, et la bancarisation incomplète restreint son inscription dans les dynamiques quotidiennes de production et de consommation. Le système bancaire s’affirme ainsi moins comme un vecteur de croissance microéconomique diffuse que comme un dispositif de gestion des flux et des contraintes, situé à l’interface entre intermédiation financière et captation de la valeur.

L’enjeu fondamental est celui du contrôle des instruments financiers. La RDC occupe une place centrale dans le paysage bancaire d’Afrique centrale, avec des institutions solides et visibles, mais cette centralité ne suffit pas à qualifier la nature réelle du système.

Le pouvoir financier réside dans la capacité à orienter le crédit et à définir les priorités d’investissement. Lorsque ces leviers sont en grande partie déterminés à l’étranger, la performance apparente du secteur bancaire coexiste avec une limitation plus structurelle de l’autonomie économique.

Le classement révèle que la RDC est théoriquement au centre du système bancaire régional mais le contrôle par les Congolais, n’est pas encore une réalité.

Jo M. Sekimonyo, PhD

Économiste politique hétérodoxe

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