Le paysage judiciaire congolais connaît un tournant majeur avec Guillaume Ngefa, l’inspecteur général qui a instruit les services judiciaires et pénitentiaires d’engager des poursuites contre les auteurs impliqués dans plus de 62 dossiers de spoliation foncière et immobilière à Kinshasa. Il s’agit d’une décision pour endiguer ce fléau de spoliation foncière qui mine la capitale depuis des années, à savoir, la falsification de titres fonciers et l’appropriation illégale de biens immobiliers. Dans le viseur du ministre à travers cette opération, le réseau criminel connu sous le nom de «Folioman», dirigé par Kipasa Kitakya.
Ce groupe, composé d’avocats, huissiers et cadres des Affaires foncières, est accusé d’avoir mis en place un système sophistiqué de falsification de documents officiels dans un mode opératoire consistant à produire de faux titres de propriété, à manipuler les registres fonciers et à accaparer des terrains et immeubles appartenant à des particuliers ou à l’État. Autant de pratiques qui ont alimenté une insécurité juridique et économique, fragilisant la confiance des investisseurs et des citoyens.
Une réponse
institutionnelle ferme
Les poursuites judiciaires contre ces malfrats traduisent la volonté politique du gouvernement de restaurer l’autorité de l’État et protéger les droits des propriétaires légitimes.
L’opération s’inscrit dans une dynamique plus large de lutte contre la corruption et l’impunité dans les secteurs sensibles, notamment celui des Affaires Foncières, souvent perçu comme l’un des plus gangrenés par les pratiques mafieuses. En ciblant les acteurs de ce réseau, les autorités veulent envoyer un signal fort : la spoliation ne sera plus tolérée et les responsables devront répondre de leurs actes devant la justice.
La capitale congolaise, en pleine expansion démographique et économique, est particulièrement vulnérable aux conflits fonciers.
La prolifération des litiges immobiliers a souvent conduit à des affrontements violents, à la perte de biens pour des familles entières et à une paralysie des projets d’investissement.
Le démentèlement des réseaux de falsification pourrait contribuer à assainir le climat des affaires et à renforcer la sécurité juridique, condition indispensable pour le développement urbain et économique de Kinshasa.
Pascal Lookolo