La 152ᵉ Assemblée de l’Union interparlementaire (UIP), qui s’est tenue du 15 au 19 avril 2026 à Istanbul, a fermé ses portes. La République démocratique du Congo en a profité pour plaider en faveur d’un accompagnement accru de la communauté parlementaire internationale pour la stabilisation de sa partie orientale, confrontée à une guerre d’agression rwandaise. Le président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde, a lancé un appel à ses homologues pour un soutien actif aux initiatives de paix en cours. S’exprimant en sa double qualité de président de la chambre haute et de président de l’Union parlementaire africaine (UPA), il s’est félicité d’avoir porté «si haut la voix de la RD-Congo sur l’intégrité territoriale, les questions sécuritaires et la paix durable dans l’Est». La délégation congolaise a participé activement aux sessions sur le thème: «Cultiver l’espoir, consolider la paix et assurer la justice pour les générations futures». Pour le speaker du Sénat, cela engage la responsabilité des parlements du monde. «Nous sommes venus rappeler que nous souhaitons léguer à ces générations futures une République démocratique du Congo en paix», a-t-il déclaré à la presse.
Jean-Michel Sama Lukonde a salué la solidarité de plusieurs délégations présentes à ces assises, grâce notamment aux efforts diplomatiques engagés « sous l’impulsion de la diplomatie agissante du président de la République Félix-Antoine Tshisekedi».
Tout en rappelant l’appui humanitaire de l’UIP, il a insisté sur un engagement plus politique. «Nous leur avons demandé de nous accompagner dans les processus de paix dans lesquels nous sommes engagés, particulièrement celui signé à Washington et les discussions que nous avons à Doha», a-t-il précisé.
Sama Lukonde a appelé les parties au respect des engagements, indexant «particulièrement le Rwanda de ne pas d’abord faire de subterfuges, de ne pas briser le pacte de cessez-le-feu comme il ne cesse de continuer à le faire, mais plutôt de s’engager véritablement dans la vérité et assurer que nous puissions arriver au terme de ce processus de paix». L’objectif est que «cette paix durable tant attendue soit retrouvée dans l’Est de la République démocratique du Congo», a-t-il dit.
En marge des travaux, des rencontres bilatérales ont eu lieu avec les responsables parlementaires de la Zambie, de la Namibie, de l’Angola et de la Turquie. Le président de l’UPA a aussi pris part aux réunions de la SADC et du groupe africain. «Nous sommes solidaires vis-à-vis de ces groupes-là», a-t-il affirmé.
À l’issue de la mission, il a annoncé son retour à Kinshasa pour faire rapport. «Nous allons maintenant rentrer pour faire rapport d’abord à nos pairs qui sont les sénateurs, du travail parlementaire de la République démocratique du Congo ici et bien sûr aussi faire rapport à Monsieur le président de la République». Il a rappelé que l’UIP est «cette instance qui reçoit tous les parlements du monde, représentés par les présidents de leurs Assemblées».
La session d’Istanbul a aussi été marquée par l’élection de Anda Filip au poste de secrétaire générale de l’UIP. Pour la RDC, l’enjeu est désormais la mise en œuvre des engagements. Le Sénat plaide pour un suivi des accords de Washington et de Doha. «Nous partons en ayant rappelé les objectifs principaux que nous avions», a conclu le président du Sénat, avant de rappeler que la stabilisation repose sur «la vérité et le respect des engagements pris».
FIDEL SONGO