Le gouvernement rwandais s’est lancé dans l’utilisation de plus en plus fréquente du Yuan chinois dans ses échanges commerciaux internationaux. En cause, les sanctions américaines qui ont drastiquement limité l’accès aux systèmes financiers basés sur le dollar américain. Et ils sont très nombreux.
Le choix porté sur la monnaie chinoise vise à maintenir le commerce extérieur et les importations, mais il fait déjà face à de nombreuses difficultés économiques, la plupart des partenaires commerciaux du Rwanda utilisant encore le dollar américain, ce qui oblige les entreprises à effectuer des conversions de devises supplémentaires, augmentant ainsi les coûts de transaction et provoquant des retards dans les paiements internationaux.
Dores et déjà, des économistes craignent et anticipent une dépendance financière croissante du Rwanda vis-à-vis de la Chine, une part plus importante du commerce et des financements passant désormais par les institutions bancaires chinoises. Ce qui pourrait réduire la flexibilité économique du pays de Paul Kagame et renforcer sa dépendance à un seul partenaire majeur.
Par ailleurs, certains investisseurs étrangers adoptent une attitude plus prudente en raison de l’incertitude liée à la stabilité du yuan et de la complexité des échanges hors du système monétaire dominé par le dollar. Ce qui pourrait ralentir les investissements dans des secteurs clés comme les infrastructures et l’industrie.
La transition vers la monnaie chinoise pourrait également entraîner une pression inflationniste à court terme, en raison de l’ajustement des prix des importations et des perturbations des chaînes d’approvisionnement, affectant entreprises et consommateurs. Selon les analystes, bien que ce changement puisse permettre au Rwanda de continuer à commercer malgré les sanctions, il introduit aussi de nouveaux risques économiques liés à une dépendance accrue au système financier en yuan et à une intégration réduite dans les marchés mondiaux dominés par le dollar.