La République démocratique du Congo vient d’engranger 1,25 milliard USD le 9 avril 2026 avec ses eurobonds. Le pays de Lumumba aura à débourser environ 2,097 milliards $ sur une dizaine d’années cet emprunt, soit un coût net de près de 847 millions USD supplémentaires sur la durée de vie des deux obligations et entre 20 à 30 millions USD de frais bancaires. C’est ce qu’a expliqué à la presse congolaise et internationale l’argentier national Doudou Fwamba Likunde au cours de son point de presse lundi 13 avril 2026.
Selon lui, «cette levée de fonds historique marque une étape importante pour le pays afin de financer les projets de développement».
Cette opération est une success story pour le ministre des Finances. En effet, alors que le gouvernement congolais escomptait des contributions ne dépassant pas 1 milliard de $ au regard des projets dont les études de faisabilité étaient déjà disponibles, les enchères ont grimpé jusqu’à à atteindre 5 milliards $, soit plus de quatre fois le montant attendu.
Cet emprunt est structuré en deux tranches de 600 millions USD et 650 millions USD, assortis des maturités de 5 ans (8,75 %) et 10 ans (9,50 %).
Il convient de signaler que l’émission a été coordonnée par Rawbank, une banque congolaise, aux côtés des géants Citigroup et Standard Chartered. Ces institutions ont agi en chef de file de l’opération tandis que les cabinets White & Case et Rothschild & Co ont agi en qualité de conseils.
Avec les fonds ainsi levés, Kinshasa entend financer des projets structurants comme l’aéroport international de N’Djili, la Centrale hydroélectrique de Katende et la RN4.
Les frais dits d’underwriting pour ce type d’opération (arranger fees, commissions des banques chefs de file, etc.) se situent généralement entre 1,5% et 2,5% du montant total émis pour des premières émissions souveraines sur les marchés émergents. Rawbank en tant que coordinateur local, Citigroup et Standard Chartered en tant que joint lead managers se partagent des commissions de 1,5% de 1,25 milliard$, soit 18,75 millions $ à 2%, soit 25 millions $ et 2,5%, soit 31,25 millions $.
Ces frais qui ne sont pas publics figurent dans le prospectus de l’émission, qui n’est pas toujours aisément accessible. On peut donc raisonnablement estimer les frais bancaires dans la fourchette de 20 à 30 millions $.
Ces calculs supposent des coupons annuels simples. En réalité, les eurobonds paient souvent des coupons semestriels, ce qui ne change pas le taux facial mais peut légèrement affecter le coût effectif selon la convention de calcul retenue. Le chiffre de 2,117 milliards $ reste donc une bonne approximation pour cet emprunt public congolais, le premier du genre.
On rappelle qu’en 2025, la RDC, sous l’impulsion du président Félix-Antoine Tshisekedi et grâce à l’expertise avérée du ministre Doudou Fwamba Likunde, a bénéficié d’un appui budgétaire de la Banque mondiale de 600 millions $ au taux d’intérêt concessionnel de 1% remboursable sur 20 ans. Avec cet emprunt, la RDC remboursera 600 millions USD plus 120 millions d’intérêts mais sur 20 ans, soit au total 720 millions USD.
Refusant d’accaparer seul les laurriers de la gloire, le ministre des Finances a, après avoir rendu un hommage pathétique au chef de l’Etat, présenté le groupe d’experts qui ont initié et accompagné sous sa supervision cette opération.
Le Maximum