L’insolvabilité des débiteurs du Fonds de promotion de l’Industrie (FPI) continue de faire des vagues. Lors de sa prise de fonction en novembre 2016, feu Patrice Kitebi d’heureuse mémoire, ancien directeur général du FPI, avait déclaré avoir hérité d’un gap de 260 millions USD non remboursé par divers promoteurs de projets. Ce montant représentait 58,1% du portefeuille-prêts du FPI.
Avec un effort accru et des fortes pressions judiciaires, ces fonds furent progressivement récupérés. Patrice Kitebi mit des mécanismes de prudence avant l’octroi de tout prêt à un demandeur. Le système a semblé marcher et on espérait une diminution des risques d’insolvabilité. Non sans raison, car ayant hérité d’une trésorerie presqu’au rouge de 738 mille USD, Patrice Kitebi avait laissé celle-ci en juillet 2021 avec une caisse au vert, soit 38 millions USD.
Aujourd’hui, près de cinq après son départ, le FPI craint de retomber dans une situation d’insolvabilité dépassant de 40 millions USD celle de décembre 2016. C’est le ministre de l’Industrie ad intérim, Justin Kalumba muana Ngongo qui a sonné l’alerte au cours de la réunion du Conseil des ministres de vendredi 10 avril dernier. Il a sollicité l’appui du gouvernement pour le recouvrement des créances de 300 millions USD du FPI en souffrance dans les poches de débiteurs indélicats.
Il a même proposé un audit du portefeuille des créances afin d’identifier les mécanismes de recouvrement les plus efficaces et détecter d’éventuels dysfonctionnements internes dans la gestion des ressources.
Une source proche de la haute direction du FPI fait état d’anomalies dans la gestion des ressources de l’entreprise qui pourraient provenir des changements intempestifs des dirigeants de cet établissement financier de l’Etat. En effet, depuis le départ de feu Patrice Kitebi en juillet 2021, le FPI a eu à sa tête trois directeurs généraux : Jean-Claude Kalenga Makonga (Juillet 2021 – Septembre 2022), Bertin Mudimu Tshisekedi (Septembre 2022 – Août 2025) et Hervé Claude Ntumba Batukonke (depuis août 2025). Chacun d’entre a eu besoin d’au moins trois mois pour bien comprendre les rouages du fonctionnement du FPI. Du temps perdu qui, non seulement a cassé la vision ou le management du prédécesseur, mais aussi impacté la réalisation de certains projets structurants financés par le FPI à travers le pays.
Face aux risques des préjudices financiers pour le secteur industriel, l’actuel DG Hervé Claude Ntumba Batukonke, qui, lors de sa prise de fonctions en août 2025, s’était engagé à faire du recouvrement des prêts une priorité de son mandat, devra recourir comme son prédécesseur Patrice Kitebi l’avait fait à des juristes chevronnés pour sommer les débiteurs insolvables. Par exemple, solliciter auprès des cours et tribunaux la vente de leurs biens hypothéqués afin de faire rentrer le FPI dans ses droits et lui permettre de continuer ses financements de nouveaux projets.
Le Maximum