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Politique

5 septembre 1960 : Révocation de Lumumba par Kasa-Vubu, un acte illégal et fatal

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PAGE D’HISTOIRE :

Le 5 septembre 1960, deux mois seulement après l’indépendance, le président Joseph Kasa-Vubu, poussé par son conseiller politique  belge Jean Van Bilsen exécutant les ordres de Bruxelles, appuyé par l’administration Eisenhower  aux USA, annonce, d’une voix fluette, à 20 h 03 sur radio Léopoldville le limogeage du 1er ministre Lumumba.
Furieux, ce dernier, chef de la majorité parlementaire, se rend à la même radio à 21h 05 pour prononcer à son tour la déchéance du chef  de l’Etat. Mais alors que Lumumba compte sur l’armée (il est aussi ministre de la Défense) pour neutraliser le président Kasa-Vubu, accusé de haute trahison, cette armée toute entière issue de la force publique coloniale et commandée par le colonel Mobutu avec l’encadrement d’officiers belges s’interpose.

Quelques soldats fidèles au 1er ministre sont empêchés d’agir par les forces des Nations Unies (ONUC), qui ont résolument choisi le camp de Kasa-Vubu sur instruction du secrétaire général de l’ONU le Suédois Dag Hammaskjold en délicatesse avec la forte tête qu’était Lumumba.

La fin d’un couple explosif

Depuis l’indépendance, Kasa-Vubu et Lumumba, unis, se battaient pour le Congo. Selon la loi fondamentale en vigueur, la politique était définie et conduite par le seul 1er ministre. Le chef de l’Etat n’était que l’incarnation protocolaire de l’unité du pays, comme le roi des Belges.   Beaucoup de proches de Kasa-Vubu ne faisaient pas à cet ordonnancement juridique copié de la Belgique. Kasa-Vubu lui-même avouera plus tard qu’il fallait que «l’un de nous deux tombe. La victoire reviendra à celui qui dégainera le premier». Chose qu’il fit car il entendait malgré sa minorité au parlement, être le plus fort. Les règles de démocratie seront ainsi anarchiquement modifiées.  Désormais, c’est le président qui devait dicter la loi, et le 1er ministre, tout chef de la majorité qu’il pouvait être  ne pouvait qu’exécuter ses décisions. Finie l’époque Lumumba.

Le prétexte de la guerre civile au Sud-Kasaï

Dans son allocution radiophonique, Kasa-Vubu déclare que le 1er ministre (qu’il appelle, sous le coup de l’émotion sans doute, «le 1er bourgmestre») «a trahi la tâche qui lui était confiée  et, en ce moment encore, il est en train de jeter le pays dans une guerre civile atroce» (allusion à l’engagement des troupes de l’ANC, commandées pourtant par son allié Mobutu, pour réduire les sécessions du Sud-Kasaï et du Katanga. Ces troupes avaient commis au Kasaï des massacres que le secrétaire général de l’ONU qui en voulait à Lumumba de l’avoir sèchement critiqué pour sa soumission aux occidentaux, qualifiera, avec une déconcertante légèreté Lumumba «responsable du génocide des Baluba». En fait, le seul responsable des massacres du Kasaï était Mobutu, alors chef d’état-major de l’ANC (CNS, 1992).

Illégalité de l’acte de Kasa-Vubu

La loi fondamentale (constitution léguée par les Belges) stipulait que le chef de l’Etat ne peut révoquer le 1er ministre qu’avec l’accord du parlement et le contreseing de deux ministres. Or, aucune motion contre le gouvernement Lumumba n’avait été enregistrée au parlement et aucun ministre n’avait contre-signé le texte de l’éviction. Bien plus, un tel acte, si grave, ne pouvait se communiquer que par la radio.

Kasa-Vubu a donc délibérément dérogé à la procédure légale. Sûr de la protection de l’ANC de Mobutu et de l’ONUC, il n’avait associé, après coup que les ministres Justin-Marie Bomboko (Affaires étrangères) et Albert Delvaux, futur Mafuta Kizola (ambassadeur à Bruxelles avec rang de ministre) pour donner leur contreseing.

Joseph Ileo désigné successeur de Lumumba venait du camp adverse.

Normalement, l’acte présidentiel, bien qu’illégal, aurait pu calmer les esprits si le nouveau 1er ministre avait été choisi dans le camp politique de la majoritéfavorable à Lumumba. Mais Kasa-Vubu est passé outre et a nommé à la tête du gouvernement Joseph Ileo du MNC-Kalonji, président du Sénat qui était connu comme un opposant. C’est lui qui, à l’issue des élections de mai 1960, avait déclaré qu’il ferait tout pour empêcher le ‘‘communiste’’ Lumumba de diriger le Congo avant de créer à cet effet un virulent «Front anti-Lumumba».

Les ministres qu’il choisit étaient tous des anti-lumumbistres patentés: Justin-Marie Bomboko, Cyrille Adoula, Jean Bolikango, Albert Delvaux, Albert Kalonji (qui ne viendra pas à Léo, puisqu’il s’était entre temps  autoproclamé «Empereur des Baluba» au Kasaï).
Quand le parlement a protesté contre cette illégalité et annulé les actes de Kasa-Vubu, celui-ci va le fermer, tout simplement avec l’appui de Mobutu, auteur des massacres de Bakwanga ! C’était la fin de la démocratie et le début de la dictature, de  la confusion et du chaos.

Joseph Ileo lancera ensuite  un mandat d’arrêt contre le 1er ministre Lumumba signé par le procureur belge Rom.  Kasa-Vubu va s’en servir pour embastiller le 3 décembre 1960 le chef de la majorité chez lui à Thysville, actuel Mbanza-Ngungu (Kongo-central) avant de l’envoyer le 17 janvier 1961 à la mort au Katanga sécessionniste.
Il est étonnant que dans la mémoire collective de beaucoup des Congolais, Ileo apparaisse souvent comme un homme doux, un bon chrétien, fervent catholique car il ne manquait jamais à aucune messe.

La Conférence nationale souveraine (CNS) de 1992, obnubilée par la culpabilité exclusive du dictateur Mobutu, ne relèvera même pas la lourde responsabilité de ‘‘Papa Ileo’’ dans la crise congolaise et la mort subséquente de Patrice Lumumba.

Le Kwilu fait bloc autour de Lumumba

A l’annonce du limogeage de Patrice Lumumba, ce ne sont pas les ténors de son parti le MNC qui sont montés au créneau par peur semble-t-il des gens de l’Ouest, eux étant majoritairement de l’Est et du centre, mais les dirigeants du PSA (parti dominant au Kwilu et dans l’Ouest du pays) qui prennent la cause de Lumumba en charge et dénoncent avec force «la trahison de Kasa-Vubu». Bernardin Mungul-Diaka, chef de cabinet de la Défense  de Lumumba propose de monter une milice pour faire face aux fanatiques survoltés de Kasa-Vubu. Tous les kwilois se retrouvent chez Cléophas Kamitatu, gouverneur PSA de Léopoldville, pour affronter le camp de Kasa-Vubu soutenu par l’Occident et l’ONUC. Antoine Gizenga, patron du PSA et n° 2 du gouvernement Lumumba  suggère de reconstituer le gouvernement légal ailleurs qu’à Léopoldville (ce qu’il fera dès le 14 octobre 1960). Pierre Mulele, autre leader du PSA pense déjà à prendre les armes. (ce sera fait en janvier 1964). Si Lumumba ne s’y était pas opposé, c’est déjà en septembre 1960 que la «rébellion» allait commencer.

Enfin, c’est Cléophas Kamitatu qui va dresser le 27 novembre 1960 le plan d’évasion de Lumumba pour rejoindre Gizenga à Stanleyville, et c’est Mungul-Diaka qui va exécuter ce plan, conduisant Lumumba à travers le Kwango (Kenge) et le Kwilu (Masimanimba, Bulungu…) jusqu’à son arrestation aux portes de son Kasaï.

Un acte fatal

Le limogeage de Patrice Lumumba a provoqué ce que Antoine Gizenga a appelé avec raison «la crise la plus odieuse qui précipita définitivement le pays dans le chaos politique».  L’acte présidentiel a eu en effet des conséquences très fâcheuses pour le Congo, et ce sont les leaders kwilois susmentionnés qui, les premiers, ont tenté de rétablir la légalité battue en brêche le 5 septembre 1960:
Antoine Gizenga, le vice-premier ministre limogé fut le premier à contester l’acte en quittant immédiatement Léopoldville pour instaurer le gouvernement légal de Lumumba à Stanleyville (Kisangani). Jusqu’en janvier 1962, il y eu deux gouvernements centraux au Congo, celui de Léopoldville et de Stanleyville.
Pierre Mulele, ministre de l’Education nationale de Lumumba, déclenchera en janvier 1964 une insurrection populaire au Kwilu  qui sera suivie à l’Est du pays par celle des Simba commandés par Gaston Soumialot, Nicolas Olenga et Laurent-Désiré Kabila et qui aboutira à la proclamation à Stanleyville de la République Populaire du Congo.
Laurent-Désiré Kabila prendra à partir de 1967 les armes au maquis de Fizi au nom de Lumumba et de Mulele. Il rééditera sa rébellion en octobre 1990 et parviendra à chasser Mobutu du pouvoir.

Pour comprendre le Congo d’aujourd’hui, il faut donc partir du 5 septembre 1960, date fatidique, où le président Kasa-Vubu péta les plombs et provoqua une crise dont le pays n’est pas encore sorti à ce jour.

Ce fut la fin d’un rêve, celui d’un Congo plus beau qu’avant.

Le cauchemar dure depuis 62 ans.

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