Dans les salons lambrissés de la ville haute et les chaumières de ce que l’on appelle l’arrière-pays, d’aucuns se perdaient en conjectures depuis 1996. Le monde est-il complice de la situation du Congo face à son agression par le Rwanda ?
Cette situation instable dans l’Est du pays créée délibérément par la boulimie du président rwandais Paul Kagame soulève des vagues de protestations devant l’indifférence du monde et une justice sélective en vertu de laquelle les Africains mériteraient un traitement discriminatoire sur la scène internationale.
Cette crise sécuritaire, une des plus grandes depuis la deuxième Guerre Mondiale dévaste l’Est du Congo-Kinshasa depuis 1994. Elle coïncide avec l’arrivée au pouvoir aux Etats-Unis du président démocrate Bill Clinton. L’implication américaine dans la sous-région a contribué à l’instabilité. Lorsque le républicain George W. Bush succéda à Clinton, les espoirs se sont davantage envolés, car les différentes administrations avaient la réputation en politique étrangère de poursuivre la même trajectoire.
Le deuxième mandat du républicain Donald Trump semble avoir inauguré une nouvelle ère à cet égard révélée par les accords de paix de Washington sponsorisés par la première puissance mondiale et les sanctions contre l’armée rwandaise et un quarteron de ses officiers généraux.
Faut-il pour autant se réjouir aussi des sanctions infligées à l’ancien président congolais Joseph Kabila, que le gouvernement américain accuse de s’être rangé du côté des agresseurs de la République démocratique du Congo, en boutant le feu à son propre pays pour des revendications égocentriques ?
On est tenté de répondre par l’affirmative à cette question lancinante étant donné que le statut d’ancien chef d’État de Joseph Kabila le place dans l’obligation de transcender ses intérêts particuliers pour préserver les Intérêts Nationaux d’un pays qui lui a tout donné.
Pascal Lookolo