Le Mbasu se dit dans le langage populaire congolais d’une plaie chronique dans les membres inférieurs généralement provoquée par une thrombose veineuse.
À Kinshasa en particulier, ce terme aux résonances anthropologiques fortes, qui revient surabondamment dans les conversations médicales et sociales cache une réalité bien différente de ce que d’aucuns imaginent.
Contrairement à une croyance très largement répandue dans le pays, il ne s’agit ni d’un mauvais sort jeté par quelque ‘’sorcier’’ malfaisant, ni d’une malédiction sanctionnant une turpitude réelle ou supposée. On se trouve en réalité face à un problème médical des plus sérieux. Dans la pratique clinique, près de 80 % des cas de Mbasu sont liés à des troubles vasculaires, principalement d’origine veineuse.
Quelques autres causes de cette maladie incluent le diabète, les infections chroniques, les traumatismes, certaines maladies inflammatoires, les cancers cutanés, ou encore l’ulcère de Buruli, qui reste rare (moins de 5 % des cas dans les zones endémiques). Le retard de consultation, souvent dû à la prégnance des croyances mystiques, aggrave la situation.
Signes cliniques du Mbasu
Le Dr Benjamin Tatete, chirurgien vasculaire et phlébologue à Bruxelles qui séjourne régulièrement en RDC son pays natal où il vient d’ouvrir une clinique moderne, déplore que plusieurs patients se résolvent à recourir à des traitements dits ‘’traditionnels’’ ou à des manipulations inadaptées qui aboutissent souvent à laisser la plaie évoluer vers des complications autrement plus graves : infection profonde, ostéomyélite, voire septicémie, pouvant être fatale. «Le Mbasu se manifeste par une plaie persistante sans cicatrisation après six semaines. La douleur est variable selon la cause. Un écoulement parfois purulent et malodorant est observé. Les bords de la plaie sont irréguliers tandis que le fond est recouvert de fibrine ou de tissu nécrotique», explique le médecin avant de surenchérir sur l’apparition des œdèmes de la jambe, souvent liés à l’insuffisance veineuse. «La peau est modifiée par une pigmentation brunâtre, l’eczéma, l’induration, les varices visibles dans les ulcères veineux. Il y a une rougeur et de la fièvre en cas de surinfection», précise-t-il.
Sur base des recherches qu’il a menées en RDC dans le cadre de sa thèse d’agrégation à l’Université libre de Bruxelles (ULB), le patron de la clinique des jambes Phlébocare signale que dans le contexte congolais, certaines manifestations de cette affection portent des dénominations locales : les phlyctènes sont appelées Moto ya Nzambe (le feu de Dieu).Une jambe fortement enflée est parfois nommée maladie ya Nzoko, souvent attribuée à tort uniquement à la filariose.
Le Centre TVC Médical réponse efficace contre le Mbasu
Le Centre TVC Médical se distingue par une prise en charge moderne et efficace du Mbasu. Les patients y bénéficient d’un diagnostic précis grâce à des examens cliniques et complémentaires fouillés. Les soins qui s’y donnent sont adaptés selon la cause : traitement des varices, prise en charge du diabète, antibiothérapie en cas d’infection, chirurgie vasculaire si nécessaire.
Le modèle de traitement prodigué aux patients dans cette clinique est le même qu’à Paris et en Belgique ou partout ailleurs dans le monde dans les circuits de la médecine moderne. Le maître des lieux, flanqué de son épouse et associée Violette Olgha Tatete répète son credo. «Le Mbasu n’est pas une maladie africaine ou mystique. C’est une plaie chronique qui exige une approche médicale universelle. Les facteurs favorisant son apparition sont notamment une station debout prolongée, l’obésité, les grossesses multiples, des antécédents de thrombose, une vie trop sédentaire, une mauvaise hygiène des plaies, l’automédication ainsi que le recours trop tardif à une consultation médicale».
Maladie veineuse mal comprise
Historiquement, dans certaines régions de la République Démocratique du Congo, le mot Mbasu désignait des infections cutanées graves, notamment l’ulcère de Buruli, provoqué par le Mycobacterium ulcerans.
Cette maladie rare, observée surtout en milieu rural, détruit progressivement la peau et les tissus. Pour Violette Olgha Tatete, chief executive officer de TVC Médical, assistante en chirurgie vasculaire et phlébologie, infirmière spécialisée aux soins de plaie, pédicure médicale, «après dix ans d’observations et de traitements à Kinshasa, beaucoup de personnes souffrent de maladies veineuses chroniques. Des veines fragilisées qui n’assurent plus correctement le retour du sang vers le cœur. Une pression sanguine excessive dans les jambes, entraînant inflammation, lourdeur et douleurs. Des complications comme la formation de caillots peuvent provoquer une embolie pulmonaire. Les symptômes ou signes visibles chez les personnes atteintes, les apparaissent progressivement».
Pas une spécificité congolaise
Les deux cliniciens notent une certaine confusion dans le chef d’un certain nombre de patients et tradipraticiens qui sollicitent et pratiquent scarifications et traitements ésotériques, des pratiques qui aggravent souvent la situation en introduisant de nouvelles infections. «Contrairement à des idées reçues, le Mbasu n’est pas une spécificité congolaise. Les statistiques médicales renseignent que des cas similaires ont été détectés et soignés en Europe, aux États-Unis, en Inde ou encore en Indonésie. Partout, il s’agit de la même maladie veineuse chronique, qui nécessite une prise en charge spécialisée», insiste le Dr. Tatete.
TVC Médical applique des techniques endovasculaires modernes pour réparer les veines abîmées. Cette méthodologie est comparable à la réparation d’un mur endommagé par une fuite d’eau. Elle utilise les médicaments pour réduire la pression sanguine ainsi que les interventions endovasculaires pour traiter les veines défectueuses.
Pour le personnel médical et infirmier du centre TVC Médical, le Mbasu tel qu’il est compris aujourd’hui n’est pas une infection mystérieuse, mais une maladie chronique évolutive. Sans traitement adapté, le mal s’aggrave inexorablement. La sensibilisation est donc essentielle pour éviter que les patients ne se tournent vers des solutions inefficaces ou dangereuses pour leur santé.
Pour trouver la meilleure solution, Kinshasa n’a qu’un seul établissement sanitaire spécialisé, TVC Médical.
Pascal Lookolo
(Envoyé spécial)