Longtemps confrontée à l’insalubrité, à l’occupation anarchique des emprises publiques et à la dégradation de son cadre de vie, Kinshasa amorce un tournant. Depuis le déploiement de la Task force du Service national, la capitale affiche progressivement un nouveau visage, notamment le long du boulevard Lumumba où les premiers résultats sont déjà visibles.
Pendant plusieurs années, la capitale congolaise a donné l’image d’une ville étouffée par les déchets, les marchés pirates, les parkings improvisés et les constructions anarchiques. Les caniveaux obstrués favorisaient les inondations, tandis que plusieurs grandes artères perdaient progressivement leur éclat.
Excédé par cette situation, le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a décidé de mettre en place une Task force dont la direction est assurée par le le Service national. Elle est chargée de restaurer l’ordre urbain et d’améliorer le cadre de vie des Kinois. Les opérations ont officiellement été lancées le 15 juillet 2026, sous le commandement du lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik.
Les éléments de cette équipe, les «Bâtisseurs» comme on les appelle, ont été présentés officiellement au Stade des Martyrs bien avant leur déploiement sur le terrain. Ils sont donc entrés en action aussitôt sur le boulevard Lumumba, principal axe reliant le centre-ville à l’aéroport international de N’djili.
Le premier chantier couvre le tronçon allant de l’échangeur de Limete à l’aéroport international de N’djili. Les équipes procèdent au curage des caniveaux, à l’évacuation des immondices, à la libération des emprises publiques, au démantèlement des marchés et parkings anarchiques, ainsi qu’à la réorganisation de plusieurs espaces publics afin de fluidifier la circulation.
Quelques jours après le début des travaux, les premiers changements sont visibles. Plusieurs endroits autrefois envahis par les déchets retrouvent progressivement leur propreté, tandis que certains carrefours deviennent plus accessibles.
Le 17 juillet 2026, le chef de l’État s’est personnellement rendu sur le boulevard Lumumba pour constater l’évolution des travaux. Accompagné de plusieurs autorités civiles et militaires, il a parcouru différents sites, notamment le carrefour Quartier 1, la place Pascal, le marché de la Liberté et le saut-de-mouton Debonhomme. À cette occasion, Félix Tshisekedi s’est déclaré satisfait du travail accompli et a encouragé les équipes du Service national à poursuivre leurs efforts avec discipline et professionnalisme.
La visite de Félix Tshisekedi a renforcé l’adhésion d’une partie de la population. De nombreux habitants saluent cette opération qui redonne de la dignité à certains quartiers longtemps abandonnés à l’insalubrité. Plusieurs kinois estiment que le retour de l’ordre sur les principales artères contribue également à améliorer la sécurité, la mobilité et le cadre de vie.
Pour l’heure, le travail est concentré le long du boulevard Lumumba et quelques points stratégiques du district de la Tshangu. Le commandant Kabwik annonce déployer ses équipes à travers d’autres communes de Kinshasa.
L’opération est globalement bien saluée par les kinois qui se félicitent des efforts que déploie le Service national pour redorer le blason terni de la capitale Kinshasa. «Je remercie le Service national pour le travail qu’il abat. Il fait un travail de titan en assainissant complètement la ville. C’est une bonne stratégie du chef de l’État. Au lieu de confier cette tâche à une entreprise étrangère qui allait engloutir inutilement de l’argent, ce sont nos compatriotes du Service national qui accomplissent ce travail avec efficacité. Coup de chapeau à eux. Nous devons tous soutenir cette initiative», déclare un habitant du district de Tshangu.
Clarence Batshia, une autre habitante du coin, s’en réjouit également mais ne manque pas d’en appeller à davantage de civisme de la part de la population. «Nous demandons au Service national de poursuivre son travail tout en restant vigilant face aux personnes qui continuent à jeter des ordures sur la chaussée et dans des caniveaux. Ces récalcitrants devraient non seulement être sanctionnés, mais aussi être astreints à des travaux d’intérêt public, notamment en participant aux opérations de balayage», insiste-t-elle.
Vu la qualité du travail abattu par le Service national, nombre de Kinois disent souhaiter qu’il y ait un suivi pour disuader les kinois les plus rétifs. Ce n’est pas tout que de nettoyer la ville, encore faut-il que les autorités urbaines s’impliquent davantage et s’emploient à rééduquer la population au civisme.
FIDEL SONGO