Une tribune “sans filtre diplomatique”, consacrée aux liens entre les conflits armés, le pillage des ressources naturelles et la paix a été au coeur de la communication de la ministre rd congolaise des Affaires étrangères au Conseil de sécurité des Nations unies. L’objectif était de permettre aux victimes de s’adresser directement aux grandes puissances.
Organisée dans le cadre de la présidence tournante de la RDC au Conseil de sécurité pour le mois de juillet, cette rencontre en formule “Arria”, sous la conduite de Thérèse Kayikwamba Wagner, devra réunir des experts indépendants, représentants de la société civile ainsi que des victimes des violences à travers le monde et dans l’Est de la RDC, appelés à présenter directement leurs témoignages et leurs analyses devant les membres du Conseil de sécurité.
Par cette initiative, Kinshasa entend porter devant les décideurs globaux les conséquences humaines, sécuritaires et environnementales dues à l’agression rwandaise menée avec ses supplétifs du M23 à l’Est de la RDC ainsi que de l’exploitation illicite des ressources naturelles dans les territoires affectés par l’agression, selon plusieurs observateurs.
La réunion devrait notamment mettre en exergue les massacres de civils, les déplacements forcés de populations, les violences sexuelles ainsi que le pillage des minerais stratégiques, présenté par les autorités congolaises comme le principal facteur de la prolongation de l’insécurité dans l’Est de la RDC.
Contrairement aux séances officielles du Conseil de sécurité, la formule «Arria» offre un cadre informel favorisant des échanges plus ouverts avec des intervenants extérieurs.
Les autorités congolaises y voient une opportunité pour porter des questions jugées difficiles à aborder dans les débats formels et sensibiliser directement les membres du Conseil aux réalités du conflit.
Selon Kinshasa, le démantèlement des circuits de prédation des ressources naturelles constitue un préalable indispensable à une paix durable, à la protection des populations civiles et à la stabilisation de toutes les régions du monde, particulièrement les Grands lacs africains.
PASCAL LOOKOLO