La deuxième journée scientifique de Kinshasa qui s’est tenue mercredi 17 juin 2026 au palais du peuple, a été marquée par des échanges axés sur le renforcement du contrôle budgétaire et la modernisation des secteurs stratégiques, dans l’optique d’améliorer la mobilisation des recettes publiques.
Sous le contrôle des parlementaires, de l’Inspection générale des finances (IGF) et de la Cour des comptes, les participants ont insisté sur la nécessité de renforcer les mécanismes de contrôle à toutes les étapes du cycle budgétaire. Objectif : améliorer la gouvernance financière, accroître l’efficacité des dépenses publiques et optimiser la collecte des recettes de l’État.
Le président de la Commission ECOFIN de l’Assemblée nationale, le député national Guy Mafuta Kabongo, a souligné que la performance budgétaire dépend de trois piliers essentiels: la mobilisation des recettes, la maîtrise des dépenses et la rigueur du contrôle. Il a également plaidé pour une meilleure transformation locale des ressources afin d’élargir l’assiette fiscale.
L’inspecteur général des finances Christophe Bitasimwa a quant à lui, mis en avant les résultats de la patrouille financière, un dispositif ayant permis, selon ses chiffres, de générer entre 30 et 37 milliards de francs congolais de recettes supplémentaires en 2025, grâce à un meilleur suivi de la chaîne des recettes et à l’élargissement de la base des contribuables.
La Cour des comptes a, pour sa part, alerté sur la multiplication des comptes spéciaux et des établissements publics autonomes, estimés comme des facteurs de fragmentation des recettes publiques. Elle a également insisté sur la nécessité de renforcer l’application des recommandations issues des contrôles.
Parallèlement, les autorités de régulation ont présenté les réformes en cours dans leurs secteurs respectifs. L’ARSP a mis l’accent sur l’encadrement de la sous-traitance pour favoriser les entreprises congolaises et lutter contre les structures fictives. L’ARCA a évoqué les effets de la libéralisation du secteur des assurances depuis 2015, tandis que l’ARE a rappelé son rôle dans la régulation du secteur de l’électricité ouvert à la concurrence depuis 2014.
En conclusion, les différentes institutions ont convergé vers la nécessité de renforcer le contrôle interne, de digitaliser les procédures et de consolider les réformes sectorielles, considérées comme des leviers essentiels pour accroître durablement les recettes publiques et soutenir la croissance économique de la RDC.
Cette édition des journées scientifiques lancée mardi 16 juin 2026 par le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, et placée sous le thème «L’accroissement des recettes de l’État : innovations, stratégies et résultats», a réuni l’élite politique, économique et intellectuelle du pays pour consolider les acquis et relever les défis de la mobilisation des finances publiques, un impératif pour la souveraineté nationale.
L’initiative, portée par la Commission économique, financière et de contrôle budgétaire de l’Assemblée nationale, a offert un cadre de réflexion sur le secteur de collecte des recettes en RDC. Les parlementaires, membres du gouvernement, experts, régies financières, opérateurs économiques et représentants de la société civile sont appelés à conjuguer leurs efforts pour identifier les mécanismes à même de renforcer durablement les finances publiques de la RDC.
Toussaint Mika, manager et initiateur de l’événement, a exhorté les participants à transcender la simple réflexion pour la transformer en actions concrètes. L’objectif est de renforcer la capacité de l’État à mobiliser davantage de ressources internes, gage de souveraineté et de développement.
Le speaker de la chambre basse du parlement a rappelé avec force que la mobilisation des recettes publiques demeure la pierre angulaire de tout développement national. «Aucun État ne peut financer ses infrastructures, renforcer son système éducatif, améliorer son offre de soins de santé ou garantir la sécurité de sa population sans disposer de ressources suffisantes et durablement mobilisées», a-t-il martelé, soulignant l’importance vitale de cette démarche pour l’avenir du pays.
Aimé Boji n’a pas manqué de saluer les avancées significatives enregistrées ces dernières années. Sous l’impulsion visionnaire du président de la République, Félix Tshisekedi, les recettes publiques ont connu une croissance exponentielle, passant d’environ 4 à près de 20 milliards USD. La pression fiscale, indicateur clé de la santé économique, a également progressé, de 7 % à 12,5 %.
Cependant, Aimé Boji a lucidement reconnu que des défis majeurs persistent. L’insécurité dans certaines régions du pays, la prédominance d’un secteur informel difficilement contrôlable, ainsi que la fraude et l’évasion fiscales continuent de grever les efforts de mobilisation. Des obstacles qui nécessitent des réponses innovantes et une volonté politique inébranlable.
Pour le président de l’Assemblée nationale, le succès des réformes engagées repose également sur l’établissement d’une relation de confiance mutuelle entre l’administration et les contribuables. «Le contribuable ne doit pas être perçu uniquement comme une source de recettes. Il est avant tout un partenaire du développement», a-t-il insisté, appelant à une approche plus partenariale et moins coercitive.
Les travaux de ces Journées scientifiques se sont poursuivis jusque hier jeudi autour des thématiques sur l’optimisation des recettes publiques, la promotion du civisme fiscal, la lutte implacable contre la fraude et l’évasion fiscales, ainsi que la modernisation et la digitalisation des administrations financières. Autant de pistes qui, une fois concrétisées, devraient permettre à la RDC de renforcer sa souveraineté économique et d’assurer un développement inclusif et durable.
À l’issue de ces trois jours d’échanges intenses, les participants, répartis en divers panels, se sont engagés à produire des recommandations concrètes et opérationnelles. Des propositions qui viendront alimenter la feuille de route du gouvernement et de l’Assemblée nationale pour une gouvernance financière toujours plus performante, au service du peuple congolais.
FIDEL SONGO