Le sit-in organisé vendredi par une frange de l’opposition devant le Palais du peuple à Kinshasa n’a fait aucune victime, à en croire le gouvernement provincial de Kinshasa. En revanche, cette manifestation a entraîné une vingtaine de blessés légers. Le bilan officiel fait état de quinze policiers et cinq manifestants touchés, ainsi que cinq véhicules incendiés.
Le porte-parole du gouvernement provincial de Kinshasa, a fait savoir que les services de sécurité sont restés mobilisés toute la journée afin de garantir la protection des personnes et des biens, ainsi que le maintien de l’ordre public.
Autorisation
non respectée
Les autorités rappellent que les organisateurs avaient reçu l’autorisation de tenir leur rassemblement au terrain Assossa, dans la commune de Kasa-Vubu, conformément aux dispositions convenues avec l’autorité urbaine. Cependant, les manifestants ont décidé de modifier l’itinéraire et de se rapprocher du siège du parlement, en violation des conditions fixées.
Le gouvernement provincial souligne que sa mission première est de protéger la population et d’assurer la libre circulation, tout en veillant à ce que les manifestations ne perturbent pas les activités économiques, administratives et scolaires, notamment les épreuves de Tenasosp en cours.
Recrutement des individus désœuvrés
Selon les services de sécurité, certains organisateurs auraient recruté des individus désœuvrés, parfois sous l’emprise de substances toxiques, et les auraient placés en première ligne avec des armes blanches pour provoquer les forces de l’ordre.
Le gouvernement provincial condamne fermement ces pratiques et annonce qu’il se réserve le droit de saisir la justice afin d’établir les responsabilités.Tout en réaffirmant son attachement aux libertés publiques et au dialogue démocratique, l’exécutif provincial rappelle que le droit de manifester doit s’exercer dans le respect de l’ordre public et des institutions de la République.
La réaction
de la police saluée
La vice-ministre de l’Intérieur, Eugénie Tshiela, a salué l’action de la Police nationale congolaise (PNC), estimant qu’elle avait accompli sa mission «avec professionnalisme et dans le strict respect de la loi». Elle a rejeté les accusations de l’opposition, les qualifiant de «mise en scène», allant jusqu’à affirmer que certains manifestants auraient utilisé du sang des animaux pour simuler des blessures.
Eugénie Tshiela a également démenti l’usage de balles réelles par les forces de l’ordre, insistant sur le fait que les droits humains sont garantis en République démocratique du Congo depuis l’arrivée du président Félix Tshisekedi au pouvoir.
Pascal Lookolo