Le Rwanda de Paul Kagame a, par le truchement des renégats de l’AFC /M23, violé le mécanisme de cessez-le-feu pour le retour à la paix dans la partie Est de la RDC. Des villages se vident, les armes tonnent et les violences faites aux femmes se poursuivent.
Lors d’une conférence de presse tenue samedi 6 juin à Kinshasa, le porte-parole intérimaire de l’armée, le lieutenant-colonel Mak Hazukay a fermement dénoncé la poursuite des attaques malgré les initiatives diplomatiques en cours.
Selon l’armée congolaise, ces actions constituent une remise en cause des efforts déployés aux niveaux national, régional et international pour ramener la paix dans l’est du pays.
Le lieutenant-colonel Mak Hazukay a particulièrement insisté sur ce qu’il considère comme un manquement grave aux engagements pris dans le cadre des processus de Washington et de Doha.
«En dépit des efforts diplomatiques engagés au niveau national, régional et international […] la coalition RDF/AFC-M23 poursuit ses actions hostiles contre la République démocratique du Congo» , a-t-il déclaré.
Pour les FARDC, cette attitude compromet les avancées obtenues sur le plan diplomatique et fragilise les initiatives visant à instaurer un cessez-le-feu durable.
Dégradation de la situation humanitaire
Plusieurs localités du Nord-Kivu ainsi que les hauts plateaux de Fizi et d’Uvira, au Sud-Kivu, sont le théâtre d’attaques incessantes.
Les FARDC accusent la coalition RDF-AFC/M23 de s’en prendre à la fois aux populations civiles et aux positions de l’armée congolaise, entraînant des pertes humaines, des déplacements massifs et d’importants dégâts matériels.
Face à cette situation, les FARDC condamnent en outre avec la plus grande fermeté les attaques dirigées contre les civils et les infrastructures publiques.
L’armée considère ces actes comme des violations graves du droit international humanitaire et appelle la communauté internationale à en prendre acte.
La vigilance reste de mise
Malgré ce contexte tendu, les FARDC assurent rester pleinement mobilisées pour accomplir leurs missions régaliennes.
«Les Forces armées de la République démocratique du Congo demeurent pleinement mobilisées afin de garantir la protection des populations, la défense de l’intégrité territoriale et la sauvegarde de la souveraineté nationale», a réaffirmé le lieutenant-colonel Mak Hazukay.
Pour les FARDC, la poursuite des hostilités par la coalition RDF-AFC/M23 contribue à la fragilisation des efforts de stabilisation de la région et y prolonge l’insécurité.
Dans ce contexte difficile, les autorités militaires de la RDC réitèrent leur appel au respect des engagements pris et à la cessation immédiate des attaques contre les populations civiles. Les médiateurs qataris et américains sont aussi appelés à sanctionner le Rwanda.
La Monusco renforce le mécanisme de suivi
Une cérémonie a été présidée à Goma (Nord-Kivu) par le chef de bureau terrain de la MONUSCO agissant au nom du représentant spécial du secrétaire général des Nations-Unies au Congo, James Swan.
Gani Are a indiqué en la circonstance que les installations du mécanisme de suivi des Nations-Unies dans cette zone perturbée par l’occupation rwandaise sont désormais dotées des équipements modernes. Cette initiative s’inscrit dans la mise en œuvre de la résolution 2808 (2025) du Conseil de sécurité qui confère à la mission le mandat de soutenir l’application de l’accord de cessez-le-feu conclu à Doha.
Pour ce cadre de la Monusco, les nouvelles installations visent à renforcer l’efficacité du mécanisme sur le terrain, dans un contexte où la consolidation de la paix à l’Est du Congo devient un enjeu majeur.
La nouvelle infrastructure remise comprend notamment de nouveaux bureaux ainsi qu’une salle de réunion entièrement équipée. Ces installations permettront de renforcer les capacités opérationnelles, logistiques et matérielles du Mécanisme conjoint de vérification élargi Plus, ainsi que du Mécanisme de suivi du cessez-le-feu.
L’objectif est de soutenir les efforts de surveillance, de coordination et d’intervention rapide des équipes chargées de veiller au respect des engagements réciproques pris par les parties au conflit.
Un rôle clé dans le suivi du cessez-le-feu
Dans le cadre de son mandat, la MONUSCO continue d’apporter un appui technique aux mécanismes régionaux de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), dont fait partie le Mécanisme conjoint de vérification élargi (MCVE+).
Ce dispositif est chargé d’enquêter sur les violations du cessez-le-feu, avec l’accord des parties concernées, afin de prévenir une escalade des tensions.
Par ailleurs, la mission onusienne jouera également un rôle dans la facilitation du dialogue à travers ses bons offices, en encourageant les négociations et en proposant des mesures concrètes de désescalade.
À travers ce renforcement des capacités du mécanisme de vérification, la MONUSCO entend contribuer davantage à la restauration de la paix et de la stabilité dans une région marquée par des conflits persistants.
Cet appui intervient alors que les efforts diplomatiques et sécuritaires se poursuivent pour consolider le cessez-le-feu et améliorer la situation sécuritaire dans l’Est du pays.
Pascal Lookolo