Justice

TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE/GOMBE : Me Kahasha, deux membres de famille en justice pour complicité de meurtre

L’affaire relative à l’assassinat de Me Guillaume Kahasha rebondit au Tribunal de Grande Instance de Kinshasa/Gombe. Cette fois ci, Alain Kahasha a attrait Mme Joëlle Bakulikira et Naflanga Laeticia, respectivement demi-sœur et belle sœur du défunt, pour complicité dans le meurtre de son frère. Les prévenues absentes à l’audience publique, lundi 5 décembre 2016, le Tribunal a retenu le défaut à leurs charges. Après instruction, plaidoiries et avis de l’organe de la loi, le Tribunal a clos les débats et promis de rendre son jugement dans le délai puisqu’estimant sa religion éclairée.
Dans sa relation des faits, le conseil de la partie citante, Kahasha Alain, a indiqué que dans la nuit du 7 au 8 septembre 2013 à Kinshasa, Me Guillaume Kahasha a été assassiné devant le toit parental à Ngaliema sur l’avenue Makelele n° 3. Accompagné de ses deux frères, Me Kahasha ont accouru à la résidence paternelle à la suite d’un appel alarmant de Mme Naflanga Laetitia, leur belle-sœur, prétendant que leur père, Nicolas Kahasha, malade depuis quelques temps, n’avait rien à manger depuis le matin.
Très touchés, le défunt et ses frères sont allés pour sortir leur père, abandonné par son épouse, Mme Amisa, en voyage à Bukavu, et le placer en lieu sur où l’on pouvait prendre soin de lui d’autant plus que son état n’était pas à négliger. Les trois frères Kahasha dans leurs voitures, ont klaxonné et fait savoir à la sentinelle qu’il s’agit des enfants de sieur Nicolas Kahasha. C’est ainsi que la sentinelle s’est rendue auprès des prévenues les informer de la présence des visiteurs. Mais, elles lui ont donné instruction de ne pas le portail.
Me Guillaume Kahasha et ses frères ont passé plus de 20 minutes sans que la sentinelle ne revienne, a expliqué le conseil. Les prévenus ont éteint les lumières de la parcelle puis refusé de répondre aux appels téléphoniques de l’un des frères. C’est en ce moment que les assassins se sont approchés des voitures puis demander après Me Kahasha Guillaume. L’avocat s’est présenté puisque ne se reprochant rien, a encore expliqué le conseil. C’est en ce moment-là que l’un d’eux a tiré sur la victime puis arraché les clés de contact. L’avocat va succomber quelques heures après, a-t-il ajouté. Les deux prévenues étaient dans la parcelle et ont posé des actes prouvant leur complicité.
Elles ont donné l’ordre à la sentinelle de ne pas ouvrir le portail et n’ont pas fait retentir l’alarme pour signifier qu’elles étaient en danger avant le coup de feu. En outre, elles ont délibérément éteint les lumières dans la parcelle, a informé le conseil de Kahasha Alain. La sentinelle, dans un interrogatoire, a soutenu qu’il avait demandé à Mme Laetitia d’activer l’alarme installée par une entreprise de gardiennage, mais elle a fait la sourde oreille, a-t-on appris par le même avocat. Elles n’ont activé l’alarme seulement après la fatalité, soutient la toge noire.
Le Tribunal a demandé à la partie citante de démontrer en quoi ce crime profiterait aux prévenues. Elle a indiqué que Joëlle Bakulikira est fille de leur marâtre et Naflanga Laetitia est sa belle fille. Au Tripaix Ngaliema, Me Kahasha Guillaume contestait dans une affaire, le mariage de son père avec Mme Amisa, leur marâtre. Cette dernière avait bien avant contracté un mariage qui, du reste, n’a jamais été annulé, ce qui emmène à la nullité de l’union avec leur père, Nicolas Kahasha, ceci ressort d’un document sur lequel Mme Guillaume avait mis la main.
L’assassinat de Me Kahasha est survenu 48 heures avant la plaidoirie de ladite affaire, a révélé le conseil. Il existait déjà une certaine animosité entre la marâtre et Me Guillaume, qui a dû en parler à sa fille et à sa belle fille, selon l’avocat. Pour qui les prévenues étaient au courant de la mésentente entre leur mère et Me Guillaume, raison pour laquelle elles ont agi de la sorte. Elles sont donc complices de ce meurtre, a soutenu le même conseil. En droit, l’article 45 du Code Pénal qualifie d’assassinat tout meurtre avec préméditation.
Or, dans le cas sous examen, la préméditation est bien présente, les prévenues ont tout planifié pour que leur maman, belle-mère, reste en paix. Mme Amisa connaissait le degré d’attachement de Me Guillaume à son père. Face à un petit problème touchant ce dernier, il ne pouvait rester insensible, ce qui l’a emmené à venir lui rendre visite même tard dans la nuit, a indiqué le conseil.
Les prévenues n’ont pas voulu ouvrir le portail puisqu’il s’agissait des frères Kahasha, c’est l’instruction donnée à la sentinelle, en outre elles ont accordé une aide accessoire aux assaillants. Le crime serait évité si les prévenues avaient soit ouvert le portail, soit appuyé sur la sonnette d’alarme avant la fatalité. Elles avaient aussi eu la possibilité de recevoir l’appel de l’un des frères Kahasha qui attendaient depuis près de 20 minutes. Que le Tribunal les condamne aux peines prévues par la loi, puis solidairement au payement d’une somme de 500.000 USD ou l’équivalent en Francs congolais ; assortir le jugement d’une close exécutoire et l’arrestation immédiate des prévenues, a sollicité le conseil d’Alain Kahasha.
L’organe de la loi, dans son avis, a fait savoir qu’il existe une complicité par instigation qui recourt à la provocation et à la fourniture d’instructions. L’information a été donnée à la sentinelle, il s’agissait des enfants qui venaient voir leur être père, mais les prévenues sont restées insensibles, a-t-il déclaré. Le Tribunal est devant une infraction collective parce que ceux qui ont abattu Me Guillaume, étaient de mèche avec d’autres personnes. Que le Tribunal dise établie en fait comme en droit, l’infraction mise à charge des prévenues, les condamne à 20 ans de servitude pénale, puis procède à l’arrestation immédiate de ces dernières, a conclu le ministère public.
RBV

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