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LODJA/KONDOTSHUMBE : Un chef de secteur poursuivi pour viol

Quelques semaines après l’éviction par motion de défiance de l’ex-gouverneur du Sankuru, Joseph-Stéphane Mukumadi, les méfaits demeurés inconnus de l’opinion en raison de sa présence à la tête de la province natale de Lumumba commencent à émerger. Et c’est effarant! «Si Mukumadi était resté aux affaires un an de plus, la province aurait explosé littéralement», constate ce prêtre catholique de Lodja qui venait d’apprendre l’arrestation pour fait de viol par le parquet près le TGI de Lusambo, le 7 décembre 2021, d’un certain Yombola Pambi Albert, un protégé de Mukumadi qui l’avait désigné chef de secteur intérimaire de Kondo-Tshumbe. L’homme de Dieu venait de recevoir la victime, Aselo Pumila, une jeune mariée, mère d’une fillette de moins d’un an pour la réconforter.

Selon notre source, les faits se sont déroulés entre les villages Loteta et Dedi en secteur de Kondo-Tshumbe qu’administrait depuis quelques jours à titre intérimaire Yombola, qui y avait érigé plusieurs barrières routières tenues par des bandes de jeunes désoeuvrés armés de gourdins et de machettes. Ils interpellaient tout passant en partance ou en provenance de Lodja, à quelques dizaines de kilomètres pour leur extorquer de l’argent au titre d’une taxe de circulation totalement illégale.

Début août 2021, la jeune dame, accompagnée de son époux et de leur bébé venaient à moto de Lodja lorsqu’ils furent interceptés par la bande à Yombola qui a roué de coups de gourdins son mari coupable de ne s’être pas acquitté de la fameuse taxe. En guise de représailles, sa moto de marque TVS5 lui fut ravie  et il n’eut la vie sauve qu’en prenant la fuite par le premier sentier venu, abandonnant femme et enfant aux tortionnaires.

Passage à tabac, extorsions

Incapable de s’enfuir en raison du poids du nourrisson, la jeune dame sera conduite dans un hangar qui tenait lieu de QG de campagne de Yombola qui, à la tombée de la nuit, vint l’en extraire pour lui imposer des rapports sexuels en la menacant de pires sévices en cas de refus et en lui faisant croire que son mari avait été arrêté et n’aurait la vie sauve que si elle ‘‘collaborait’’. Atterrée à la perspective de devenir veuve du jour au lendemain, la pauvre dame céda aux désirs du chef concupiscent avant d’être libérée aux aurores. Mais sans la moto du couple ainsi qu’une somme de 400.000 FC contenue dans une sacoche confisquée par Yombola.

Elle s’en retourna à Lodja où elle apprit que son époux avait réussi à gagner sain et sauf Loteta, un village peu éloigné du lieu du forfait. Assistée par un avocat de la société civile sociale et solidaire du Sankuru, elle a immédiatement porté plainte contre son violeur, mais cette action s’est heurtée aussitôt à une injoction de l’alors gouverneur du Sankuru, Joseph-Stéphane Mukumadi dont Yombola était un des hommes de main.

Ce n’est qu’après l’éviction de Mukumadi, «l’homme qui a la force» comme il aimait à se surnommer, que le parquet près le TGI de Lusambo siégeant à Lodja a mis la main le 7 décembre sur le chef violeur Yombola qui est en instance de jugement pour extorsion, coups et blessures et viol, un crime imprescriptible depuis plusieurs années en RDC.

Des informations persistantes font état de ‘‘négociations’’ en vue d’une solution à l’amiable pouvant mettre le criminel à l’abri des poursuites pénales, mais les défenseurs de dame Aselo Pumila, tenus au courant de telles tractations prohibées en droit congolais sont vent debout contre une telle occurrence.

Affaire à suivre.

ODIMBA HILAIRE

Correspondance particulière

 

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