La récente conférence de presse du président de la République Félix Tshisekedi, ne cesse d’agiter les familles politiques congolaises. Si, pour les cadres de l’Union sacrée, cette sortie médiatique est saluée avec enthousiasme, il n’en va pas de même pour les opposants qui ont très vite embouché les trompettes de la contestation.
Présents ou absents du pays, tous semblent émettre sur la même longueur d’ondes : pas de troisième mandat pour le président. C’est le point de vue de Martin Fayulu, président de l’ECIDE qui s’est exprimé devant la presse quelques heures après la conférence de presse du chef de l’État.
Le leader de Lamuka a accusé Félix Tshisekedi de «souffler le chaud et le froid». L’opposant dénonce un coup d’État constitutionnel qui serait orchestré par le régime à travers la proposition de loi référendaire du député Paul-Gaspard Ngondankoy.
La virulence du ton du candidat malheureux à la dernière élection présidentielle exprimait sa détermination à stopper toute démarche susceptible d’aboutir à une quelconque révision ou changement de la Constitution en vigueur.
Opposant radical sous les régimes de Mobutu, de Laurent-Désiré Kabila, de Joseph Kabila et aujourd’hui de Tshisekedi, Martin Fayulu a déclaré qu’il avait l’intention de barrer la route à toute éventualité d’un troisième mandat pour l’actuel chef de l’État, fruit interdit par la Constitution, selon lui.
Il estime qu’à l’heure actuelle, il est question de défendre des principes, notamment la limitation des pouvoirs, la protection des libertés, le respect de la souveraineté du peuple et l’alternance démocratique.
La loi sur le référendum déclarée recevable
L’Assemblée nationale a jugé recevable la proposition de loi fixant les conditions d’organisation du référendum. Réagissant à ce propos, Fayulu a fustigé ce qu’il considère comme «la volonté manifeste du régime de vouloir maintenir Tshisekedi au pouvoir après ses deux mandats constitutionnels».
Il renchérit que cela constitue une tentative méthodique de contourner ce que la Constitution a rendu intangible.
«La proposition de loi référendaire du professeur et député Paul-Gaspard Ngondankoy n’est pas une simple loi référendaire. C’est un subterfuge destiné à permettre à Monsieur Félix Tshisekedi de réaliser un véritable coup d’État constitutionnel», a lâché Fayulu Madidi, qui manifeste la volonté de voir la République démocratique du Congo, dans ses frontières du 30 juin 1960, rester un État de droit, indépendant, souverain, uni et indivisible, social, démocratique et laïc.
Dans l’objectif d’éviter la dégradation du climat politique ou pire encore, Martin Fayulu a demandé aux députés nationaux de retirer purement et simplement les articles 87 à 90 de la proposition de loi référendaire car, selon lui, «changer les règles du jeu en pleine partie n’est jamais neutre. C’est un acte de pouvoir dictatorial. Ce qui est particulièrement grave, c’est que cette démarche émane de personnes qui enseignent elles-mêmes le droit constitutionnel. Et nous rappelons un précédent historique : en janvier 2015, grâce à la mobilisation du peuple congolais, le Sénat avait bloqué une dérive similaire en écartant l’alinéa 3 de l’article 8 de la proposition de loi électorale. Aujourd’hui, l’histoire regarde les députés».
Tout en rappelant la responsabilité des élus, il rejette en bloc la proposition de loi du professeur Ngondankoy qu’il accuse carrément de forfaiture. «Les promoteurs de telles dispositions doivent répondre de leurs actes devant la justice, tant leur initiative porte atteinte aux fondements mêmes de l’ordre constitutionnel».
Au cas contraire, le leader de Lamuka dit compter sur la mobilisation de l’ensemble du peuple pour empêcher la réussite d’un coup d’État constitutionnel. Wait and see…
Pascal Lookolo