Le chantier de la gratuité de l’enseignement primaire public, socle de la politique sociale du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, entre dans une phase décisive de consolidation. Dans le cadre du Segment politique de haut niveau sur le Pacte de partenariat avec le Partenariat Mondial pour l’Éducation (GPE), le gouvernement congolais réaffirme sa détermination à garantir la soutenabilité financière de cette réforme majeure, tout en balisant la voie vers son extension progressive au cycle secondaire.
Intervenant lors d’un panel consacré à cette problématique à l’hôtel Hilton de Kinshasa, le vice-Premier ministre en charge du Budget, Adolphe Muzito, a décliné la feuille de route gouvernementale pour les années à venir. Cette stratégie s’articule autour de l’achèvement de la Stratégie Sectorielle de l’Éducation et de la Formation (SSEF 2016-2025) et le lancement imminent de la Stratégie sectorielle intérimaire (SSIEF 2026-2030).
Maîtrise des effectifs
Pour dégager les marges budgétaires nécessaires à cette ambition, le gouvernement mise sur une gestion rigoureuse des ressources humaines. Une première vague de mise à la retraite concernant 4.000 enseignants est d’ores et déjà amorcée. Ce processus devrait s’amplifier dès 2026 avec le départ programmé de 43.000 professionnels de la craie, dont les indemnités de sortie sont inscrites dans les prévisions du prochain collectif budgétaire.
« Nous avons commencé à programmer les indemnités de sortie pour 43.000 enseignants à partir de 2026, avec une poursuite en 2027 », a précisé le N°1 du ministère du Budget.
Cette rationalisation des effectifs vise non seulement à assainir le fichier du personnel, mais aussi à permettre une meilleure prise en charge des actifs. À cet effet, dès ce mois d’avril, 3.000 enseignants supplémentaires seront intégrés dans le circuit de paie, mettant ainsi un terme à une situation d’attente préjudiciable.
Justice sociale
Sous l’impulsion de la première ministre et conformément aux orientations du chef de l’État, ces réformes s’inscrivent dans une perspective plus large de justice sociale. L’objectif affiché est de réduire les disparités salariales au sein de la fonction publique et de renforcer le pouvoir d’achat des agents de l’État.
Pour soutenir cet effort herculéen, le gouvernement s’appuie sur la montée en puissance de la mobilisation des recettes propres. Celles-ci, parties de 4 milliards USD en 2019, ont atteint 10 milliards USD en 2023, avec une projection ambitieuse de 16 milliards USD pour l’exercice 2026.
FIDEL SONGO