L’intégration et la transformation structurelle de l’économie congolaise passent désormais par une stratégie ambitieuse de développement des corridors de transport. De Banana à Lobito, en passant par les axes Est et Central, le gouvernement congolais déploie une architecture logistique minutieusement conçue pour désenclaver les pôles stratégiques du territoire et connecter la République Démocratique du Congo aux grands flux commerciaux régionaux.
Lors de la réunion du Conseil des ministres de la semaine dernière, le gouvernement a réaffirmé sa ferme volonté d’accélérer la mise en œuvre de ces infrastructures vitales. Sous l’impulsion du président de la République, Félix Tshisekedi, l’objectif est de transcender la simple fonction de transit pour transformer ces axes en véritables moteurs de croissance.
« Nos corridors ne sauraient plus être de simples voies d’évacuation : ils constituent des artères vitales, appelées à structurer durablement notre économie et à renforcer la souveraineté de l’État », a martelé le Chef de l’État.
Dans cette cartographie des priorités, le corridor Ouest, reliant Banana, Boma, Matadi et Kinshasa, occupe une place prépondérante. Adossé au projet du port en eau profonde de Banana, cet axe constitue un « impératif de souveraineté économique », exigeant une modernisation accélérée des infrastructures routières et ferroviaires pour garantir une ouverture optimale vers l’océan Atlantique.
Parallèlement, le corridor Sud, s’étendant d’Ilebo à Lubumbashi et connecté à l’axe Dilolo-Sakania, demeure le pivot du transport des ressources minières. Toutefois, la vétusté de certains tronçons impose une réhabilitation urgente pour soutenir la dynamique extractive du Grand Katanga. Dans ce registre, le corridor de Lobito, interconnecté au réseau ferroviaire angolais, s’affirme comme une alternative compétitive pour l’exportation des minerais, sous réserve d’une accélération des travaux de mise en œuvre.
Intégration régionale
Le dispositif est complété par les corridors Est (Lubumbashi-Kisangani via Kindu) et Central (direction Kigoma), ainsi que le corridor transafricain ATTCN. Ces infrastructures visent à renforcer l’intégration continentale en synergie avec les organisations régionales telles que la SADC et la CEDEAO, avec pour finalité la réduction des coûts logistiques et la fluidification des échanges transfrontaliers.
Pour garantir la réussite de cette vision systémique, une coordination interministérielle rigoureuse a été instaurée. Le Vice-Premier ministre en charge des Transports et le ministre de l’Industrie ont été instruits de superviser étroitement la Direction générale des corridors de développement industriel (DGCDI). Par ailleurs, le ministre du budget est quant à lui appelé à structurer des mécanismes de financement innovants, notamment via des partenariats public-privé (PPP), tandis que les ministères des Infrastructures et de l’Aménagement du territoire devront assurer la cohérence technique et spatiale de ce vaste chantier de reconstruction nationale.
FIDEL SONGO