Kinshasa 29 avril 2026. Ce qui se passe entre la RDC et le Rwanda relève d’une mise en scène programmée.
Pour Kigali, la rencontre de Montreux n’était pas une tentative sincère de paix, mais une opération savamment orchestrée pour fragiliser la souveraineté de la République démocratique du Congo. Derrière l’apparence d’une recherche de la paix, c’est à un scénario de démantèlement où chaque étape semblait minutieusement calculée pour placer Kinshasa dans une impasse que l’on a assisté.
La mécanique médiatique
La chronologie des déclarations révèle une synchronisation troublante. Avant même la clôture des travaux, certains relais politiques dénonçaient une « capitulation », préparant le terrain à l’humiliation de l’État congolais et de son peuple. Puis, à l’expiration du délai, l’AFC/M23 et ses alliés accusaient Kinshasa de « violation de ses engagements », justifiant ainsi une offensive militaire des plus sanglantes. L’argumentation contradictoire n’était pas une erreur sémantique, mais bien une stratégie : reprocher au gouvernement de ne pas appliquer un accord que l’on avait soi-même qualifié de mortifère.
Le virus des prisonniers
La demande de libération des prisonniers en dix jours constituait le cœur du piège. En les transférant à Goma, Kinshasa aurait reconnu de facto l’administration parallèle instituée par l’armée rwandaise avec la complicité des renégats de l’AFC-M23, ouvrant la voie à la balkanisation institutionnelle du pays qui est l’objectif final de l’agression du Rwanda contre le Congo. Plus grave encore, parmi ces détenus figurent des militaires rwandais : les renvoyer à Goma plutôt qu’à Kigali revenait à cautionner la fiction d’une rébellion interne, masquant l’agression extérieure.
Le cruel dilemme de l’aéroport de Goma
La réouverture de l’aéroport du chef-lieu du Nord-Kivu, vitale pour les populations du cru, a été conditionnée par la libération des prisonniers de guerre rwandais et des renégats capturés à leurs côtés sur la ligne de front. Ce chantage humanitaire plaçait Kinshasa devant un choix impossible : céder et renforcer l’ennemi, ou refuser et être accusé de sacrifier son propre peuple. Une manœuvre habile, où l’humanitaire devenait une banale arme politique.
La transition de fait
L’invocation de l’Article 64 par Franck Diongo un cadre de l’AFC-M23 n’est pas un hasard. Elle s’inscrit dans une logique où l’axe AFC-Kigali-Sauvons la RDC qui a tenu à utiliser Montreux pour délégitimer le régime en place, le déclarer « hors-jeu » diplomatiquement et juridiquement. Ce n’était pas un échec de la diplomatie, mais une victoire de la subversion.
Montreux 2026 restera comme un épisode révélateur : la guerre ne se joue pas seulement sur le terrain militaire, mais d’abord dans l’arène de l’information et de la perception. Derrière les discours de paix, c’était le scénario de la chute programmée de la République. Mais en refusant de céder aux pièges, Kinshasa a déjoué une offensive silencieuse. La leçon est claire : la défense de l’intégrité nationale commence par la lucidité face aux stratégies de manipulation projetées par l’ennemi.
Pascal Lookolo