Alors que le gouvernement congolais et les renégats pro-rwandais de l’AFC-M23 venaient de parapher un protocole d’accord à Montreux, en Suisse, l’encre de ce énième cessez-le-feu n’avait pas encore séché que déjà, la coalition RDF-AFC/M23 se livrait à de nouvelles exactions, démontrant une fois de plus son mépris flagrant pour la paix et la souveraineté de la République Démocratique du Congo.
En effet, du 13 au 17 avril, sous l’égide des facilitateurs qataris et américains, et en présence de la délégation africaine, un accord avait été conclu à Montreux. Ce protocole prévoyait notamment l’accès humanitaire, la protection judiciaire, l’opérationnalisation d’un mécanisme de surveillance du cessez-le-feu et la libération de prisonniers. Un espoir fragile pour les populations meurtries de l’Est de la RDC, qui vivent depuis plus d’un an déjà, sous les bavures flagrantes de l’AFC-M23 et de ses complices rwandais.
Cependant, la réalité du terrain a brutalement rappelé la duplicité de l’ennemi. Les FARDC ont dans un communiqué du 19 avril dernier rapporté des frappes de drones pilonnant leurs positions à Mikenge et Kakenge, ainsi que des attaques ciblées contre les populations civiles dans les Hauts Plateaux de Minembwe, au Sud-Kivu.
Ces actes barbares, qui ont coûté la vie à 4 civils et fait 8 blessés, majoritairement des femmes et des enfants, rappellent les sombres événements de décembre 2025, où un cessez-le-feu similaire avait été intentionnellement violé par le Rwanda et ses supplétifs de l’AFC-M23, qui ont alors mené un assaut militaire aérien et terrestre contre des territoires entiers habités par la population civile.
La rhétorique belliqueuse de Kigali se confirme encore
Ces nouvelles agressions confirment, s’il en était encore besoin, la rhétorique belliqueuse du régime rwandais, tant décriée par le gouvernement congolais. Kigali, loin de privilégier la voie pacifique, semble déjà choisir la voie sordide de toujours chercher inopinément à saboter toute initiative visant à mettre fin à ce vieux conflit.
Suite à cette énième attaque, il est tout-à-fait évident que les récentes conclusions de Montreux, qui stipulaient le respect du droit international humanitaire et des droits de l’homme, ainsi que l’adhésion aux principes fondamentaux de la Constitution de la RDC, ont été balayées d’un revers de main par les rebelles et leurs parrains.
Le processus
de paix en péril
L’AFC-M23 a ainsi décidé, une fois de plus, de mettre délibérément en péril le reste du processus convenu à Montreux, notamment la collaboration avec la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) pour la mise en œuvre du Mécanisme conjoint de vérification élargi Plus (MCVE+), qui était censé débuter juste une semaine après les assises, est d’ores et déjà compromise. Ce mécanisme, essentiel pour la surveillance et la vérification du cessez-le-feu permanent, ne peut fonctionner face à une telle mauvaise foi.La communauté internationale doit prendre acte de cette provocation et exiger des comptes aux véritables instigateurs de cette violence.
Philippe Néricault Destouches avait raison de dire «chassez le naturel, il revient au galop». Le Rwanda et ses supplétifs, visiblement aliénés par de folles ambitions expansionnistes et des manœuvres dilatoires, refusent obstinément de respecter les engagements qu’à chaque accord ils montrent leur mauvaise volonté face aux bonnes intentions pacifiques congolaises.