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Politique

JACQUEMAIN SHABANI : La moisson de la conflictualité

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Deux motions de défiance à la chambre basse du parlement, au cours du même mois d’avril 2026, contre un membre du gouvernement central, ça en fait beaucoup. Et c’est d’autant plus paradoxal que ces initiatives sont l’œuvre des membres de la majorité à laquelle appartient le plénipotentiaire visé. C’est pourtant le sort connu par Jacquemain Shabani Lukoo, vice-premier ministre et ministre UDPS en charge de l’Intérieur et sécurité. Ce n’est pas anodin, s’agissant du préséant dans l’ordre protocolaire de l’exécutif national. n’importe quel strapontin.

La pression était, à l’évidence, trop forte pour laisser au bureau de l’Assemblée nationale, même dominée par la majorité tshisekediste, la moindre possibilité de louvoyer. L’examen de la motion de défiance visant le vice-premier ministre de l’Intérieur a donc été formellement programmé mercredi 29 avril 2026.

Le 13 avril dernier, Laddy Yangotikala Senga, élu AVRP (Action des volontaires pour la relève populaire) de Kisangani-Ville (Province de la Tshopo) avait déposé au bureau de la chambre basse du parlement congolais une motion de défiance visant le vice-premier ministre, ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo. Le député élu sur les listes du parti politique de l’actuel ministre de l’agriculture, Muhindo Nzangi Butondo, reprochait au vice-premier ministre du parti présidentiel son incompétence et son incapacité à faire face à la situation sécuritaire, particulièrement dans les agglomérations urbaines, dont la ville-province de Kinshasa.

La sortie de Lady Yangotikala intervenait dans un contexte socio-politique marqué par la recrudescence d’actes de banditisme urbain, en dépit des mesures prises par le ministère de l’Intérieur et sécurité, dont la fameuse « Opération Ndobo » lancée à grand renfort de publicité et mise en œuvre ci et là à travers le territoire national.

Brèche présidentielle

Au cours de la 82ème réunion du Conseil des ministres, le 13 mars 2026 à Kinshasa, le président de la République s’était déjà fait l’écho des préoccupations de la population sur l’insécurité grandissante, particulièrement la recrudescence inquiétante des enlèvements dans la capitale, des attaques nocturnes contre des résidences des particuliers. Félix Tshisekedi avait clairement déploré que ces actes criminels alimentaient un climat de psychose et fragilisaient le sentiment de sécurité collective, perturbant les activités économiques et sociales et portant atteinte à l’autorité de l’État ainsi qu’à la confiance des citoyens dans les institutions chargées de les protéger. En initiant une motion de défiance contre le patron de la sécurité intérieure en RDC, le député AVRP s’engouffrait, pour ainsi dire, dans une brèche ouverte.

L’initiateur se fait remonter les bretelles

L’évolution de l’initiative pétitionnaire, pourtant créditée d’un certain nombre de signatures d’élus, semble indiquer que son auteur s’est fait remonter les bretelles avec quelque célérité. Le 14 avril, Laddy Yangotikala annonçait sur son compte X qu’il se retirait de sa fonction de président a.i. de son parti politique, l’AVRP, « pour défendre calmement la sécurité de la population avec ma motion contre le VPM intérieur. Je désire épargner les autres des pressions que je subis déjà ». Une forme de démission promptement accueillie par le bureau politique de l’AVRP qui n’a pas raté l’occasion de préciser que l’initiative de son député a été prise de manière unilatérale et n’engageait que son auteur. « Le parti demeure résolument engagé dans la consolidation de la stabilité institutionnelle et dans la défense des intérêts supérieurs du peuple congolais », selon sa cellule de communication.

Retractations

Le même jour, l’AFDC-A de Modeste Bahati Lukwebo, bien que secoué par une fronde contre son autorité morale, s’empressait de désavouer deux de ses députés pour leur soutien à la motion de défiance contre Jacquemain Shabani. Landry Cizungu Ntaboba et Placide Wenda Mukagwa ont été formellement accusés d’avoir posé un acte qui viole les statuts et le règlement intérieur du regroupement politique et contraints de retirer leurs signatures. En même temps que leur dossier a été transmis à la commission de discipline du regroupement, ainsi appelée à se prononcer sur ce qui est déjà qualifié de « manquement grave à la ligne politique de la formation ». Landry Cizungu a obtempéré sans coup férir aux injonctions de la hiérarchie de son regroupement politique. Mais rien n’y a fait.

Le 28 avril 2026, une nouvelle motion de défiance contre Jacquemain Shabani, forte de 56 signatures de députés nationaux, a été formellement déposée du bureau de l’Assemblée nationale. Les signataires avancent que leur démarche se justifie par de graves atteintes à la constitution, aux lois sur la décentralisation et au sacro-saint principe de la séparation des pouvoirs, que le membre du gouvernement visé aurait allègrement foulé aux pieds. Jacquemain Shabani ploie ainsi sous une avalanche de griefs liés à la sécurité et à la gouvernance (inefficacité sécuritaire, ingérence dans la gestion des provinces, abus de pouvoirs). Dans l’exercice de ses fonctions, le vice-premier ministre se serait illustré selon les signataires de la motion par des entraves au fonctionnement des institutions provinciales et des décisions controversées et des interventions intempestives ayant parfois conduit à la suspension de motions de défiance initiées par des assemblées provinciales. Laddy Yangotikala et ses co-signataires dénoncent l’implication de Jacquemain Shabani dans des processus institutionnels à Kinshasa et dans le Haut-Katanga en 2024, ainsi que son influence déterminante dans la gestion de la crise politique qui a secoué la province de la Tshopo en 2025.

Dossiers sécuritaires

Selon des sources proches du dossier interrogées par Le Maximum, il serait également reproché au vice-premier ministre en charge de l’Intérieur et sécurité, la gestion complaisante du dossier sécuritaire du Haut-Katanga où une nouvelle rébellion armée sévit depuis plusieurs semaines. Jacquemain Shabani est accusé d’avoir été amplement informé des préparatifs des conflagrations de violence observées dans cette entité depuis le dernier trimestre de l’année dernière mais n’aurait pas pris des mesures à la hauteur de la menace sécuritaire.

Au-delà de ces griefs formels, les observateurs relèvent que Me Jacquemain Shabani n’a pas fourni suffisamment d’efforts pour faire l’économie des conflits politiques et de personnes qui traversent l’UDPS/Tshisekedi et l’Union sacrée de la Nation.

Au sein de l’UDPS, son propre parti politique, la source fait état d’allégations selon lesquelles Me Shabani s’est rangé, à la suite de André Mbata et autres Jean-Claude Tshilumbayi, dans le camp des frondeurs opposés à l’autorité légitime et légale représentée par le secrétaire général du parti présidentiel, Augustin Kabuya. Le soutien politique de l’UDPS officielle, ainsi que celui d’une importante partie de l’Union sacrée est donc demeurée sujette à caution face à la motion qui l’a défiée.

Pas de soutien de l’UDPS

A l’UDPS, nul n’a ainsi levé le plus petit doigt pour voler au secours du vice-premier ministre visé par une double motion de défiance. A la notable exception de Christian Lumu, un des hauts cadres du parti tshisekediste monté au créneau sur le tard, le 28 avril dernier pour dénoncer le manque de solidarité envers Jacquemain Shabani : « aucun communiqué officiel de l’UDPS, ni de la Ligue des Jeunes, ni de la Ligue des Femmes ; aucune mobilisation ni coordination des députés membres du parti ; aucun message de soutien, encore moins de compassion … », se lamente-t-il.

Dans les rangs de l’Union sacrée, le vice-premier ministre de l’Intérieur s’est manifestement privé du soutien de l’UNC de Vital Kamerhe, qui n’avait aucun intérêt particulier à soutenir ceux qui avaient déjà privé leur mentor du soutien dont il avait besoin pour ne pas se faire éjecter du perchoir de l’Assemblée nationale l’année dernière. Idem à l’AFDC/Alliés, dont les résolutions du dernier congrès reconduisant Modeste Bahati à la tête de la plateforme se sont heurtées au refus de prise d’acte de Jacquemain Shabani, ce qui a été perçu comme un appel du pied en faveur du dédoublement de fait du regroupement.

Il est rappelé en outre que Jacquemain Shabani pourrait avoir fait les frais de ses accointances avec André Mbata, le secrétaire permanent de l’Union sacrée à qui la plupart de membres du présidium reproche une gestion cavalière du secrétariat de la plateforme présidentielle teintée du mépris à l’égard de ses pairs du Présidium. Pour eux, comme pour beaucoup d’autres dans les travées du Palais du Peuple, rendre la pièce de sa monnaie au professeur constitutionnaliste était une occasion en or et rêvée de longue date.

J.N.

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