Quelques jours seulement après avoir été reçu par le président de la République, Félix Tshisekedi, le nouveau représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en RDC, James Swan, a bouclé une tournée d’imprégnation dans l’Est du pays. De Bunia à Goma, en passant par Beni, le chef de la MONUSCO a pris la mesure de la tragédie sécuritaire qui frappe les provinces orientales, sous le joug des renégats pro-rwandais de l’AFC-M23.
À Goma, au cœur d’une région meurtrie par l’agression, le diplomate onusien a eu des échanges directs avec les autorités locales, acteurs de la société civile et représentants du mouvement regroupant les renégats congolais qui servent de supplétifs à l’armée rwandaise. L’escalade des violations des engagements de paix et l’urgence humanitaire était au menu des discussions.
Devant les responsables rebelles de l’AFC-M23, James Swan a martelé l’exigence d’un respect strict des résolutions 2773 et 2808 du Conseil de sécurité, lesquelles réaffirment l’intangibilité de l’indépendance, de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo.
Duplicité récurrente
Selon la MONUSCO, l’application des résolutions internationales ne saurait souffrir d’aucune interprétation fantaisiste. Cela implique l’opérationnalisation immédiate des mécanismes de suivi du cessez-le-feu et la relance effective des processus de Doha et de Washington, sous l’égide des initiatives de l’Union africaine.
Cependant, la réalité du terrain offre un contraste saisissant avec les velléités diplomatiques des belligérants rwandais. Alors que le gouvernement congolais a toujours privilégié la voie du dialogue et de la légalité internationale, Kigali et ses brillent par une cynique duplicité.
Le dernier épisode en date est symptomatique et révèle la mauvaise foi flagrante du président rwandais Paul Kagame. En seulement quelques heures de la signature du mémorandum d’entente de Montreux avec le gouvernement congolais et alors que l’encre n’en était pas encore sèche, la coalition RDF-AFC/M23 a lancé une offensive meurtrière contre les positions des FARDC et les populations civiles dans les hauts plateaux de Minembwe dans la province du Sud-Kivu.

Ce nouvel assaut, qui a coûté la vie à quatre civils et blessé huit autres, majoritairement des femmes et des enfants, rappelle les heures les plus sombres du mois de décembre 2025. À l’époque, un cessez-le-feu similaire signé à Washington avait été intentionnellement foulé aux pieds par le Rwanda et ses supplétifs qui ont lancé une offensive aéroterrestre d’envergure contre des zones habitées qui avait abouti à l’occupation par le Rwanda de la ville d’Uvira.
Il est désormais un secret de polichinelle que le régime de Kigali et ses créatures de l’AFC-M23 ont érigé le non-respect des engagements en mode de gestion.
Face à cette impudence manifeste, la RDC maintient une posture de fermeté. Lors de son audience avec le chef de la MONUSCO, le président Félix Tshisekedi a exprimé l’attente du peuple congolais : voir la mission onusienne produire des résultats palpables et assumer pleinement son mandat de protection et de stabilisation face à une guerre injuste imposée par un voisin belliqueux.
FIDEL SONGO