La capitale congolaise traverse depuis plusieurs jours une pénurie préoccupante de carburants, perturbant fortement les activités économiques et le quotidien des habitants. À l’origine de cette situation : les répercussions indirectes de la guerre au Moyen-Orient, qui affecte l’approvisionnement mondial en produits pétroliers.
Dans plusieurs stations-service de Kinshasa, les files d’attente s’allongent dès l’aube. Certaines pompes sont à sec, tandis que d’autres rationnent la distribution. Les conducteurs de taxis et de motos, principaux acteurs du transport urbain, figurent parmi les plus touchés. «Nous passons des heures à chercher du carburant. Cela réduit nos recettes et complique notre travail», témoigne Arthur Mboma, un chauffeur de taxi rencontré dans la commune de Limete.
D’autres automobilistes affirment avoir attendu plusieurs heures pour avoir quelques litres de carburant. Une situation qui inquiète dans une mégalopole de près de 20 millions d’habitants.
Selon plusieurs experts en hydrocarbures, cette crise trouve son origine dans les perturbations du marché international du pétrole occasionnées par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, région clé pour la production et l’exportation d’hydrocarbures, ce qui a entraîné une hausse des prix du baril et des difficultés logistiques. Plusieurs routes d’approvisionnement sont affectées, ralentissant les livraisons vers des pays importateurs comme la République démocratique du Congo.
Réagissant à cette pénure, les autorités congolaises se veulent rassurantes. Le ministère des Hydrocarbures, contacté par nos rédactions, affirme que des mesures d’urgence sont en cours pour stabiliser la situation, notamment par la diversification des sources d’approvisionnement et l’accélération des procédures d’importation.
Toutefois, sur le terrain, les effets tardent à se faire sentir.
Il faut également signaler que cette pénurie a également un impact sur les prix des denrées alimentaires et des services. Le coût du transport ayant augmenté, de nombreux commerçants répercutent cette hausse sur les produits de première nécessité, accentuant la pression sur le pouvoir d’achat des ménages.
Des experts économiques appellent à leur tour à une réflexion plus large sur la dépendance énergétique du pays. «Cette crise met en lumière la nécessité pour la RDC de développer des capacités locales de stockage et de raffinage», explique un analyste du secteur.
En attendant une amélioration de la situation, les kinois doivent s’adapter à un quotidien marqué par l’incertitude et les longues attentes, dans une ville où la mobilité est essentielle à la vie économique et sociale.
José Mbembo