Un total de 1.127 entreprises de jeunes viennent de franchir une étape importante vers leur reconnaissance officielle en RDC. Le président Félix Tshisekedi a remis en début de semaine les documents de formalisation à une partie des bénéficiaires accompagnés par le Fonds spécial pour la promotion, l’entreprenariat et l’emploi des jeunes (FSPEEJ). Une démarche qui doit leur permettre de mieux accéder au financement, aux marchés et aux différents mécanismes d’appui destinés aux entrepreneurs.
La formalisation des entreprises des jeunes franchit une nouvelle étape en République démocratique du Congo. Au total, 1.127 entreprises issues de quatre provinces ont déjà bénéficié de l’accompagnement du FSPEEJ. La cérémonie organisée à Kinshasa s’est déroulée en présence de la première ministre Judith Suminwa Tuluka et de plusieurs responsables des institutions publiques.
D’après les chiffres communiqués par le directeur général du Fonds spécial pour la promotion, l’entreprenariat et l’emploi des jeunes (FSPEEJ), Joseph Mbuyi Mukendi, la deuxième cohorte compte 780 entreprises dont 537 sont établies à Kinshasa, 129 dans le Haut-Katanga et 114 au Kasaï-Oriental. Cette opération vient compléter une première phase menée dans la capitale et au Kongo Central, où 321 et 26 entreprises avaient respectivement été accompagnées.
Les documents remis aux bénéficiaires comprennent notamment le registre de commerce, l’identification nationale, les certificats de l’ONEM, de l’INPP et de la CNSS, ainsi que le numéro d’impôt. Selon la nature des activités, une lettre du ministère de l’Environnement peut également être délivrée. L’objectif est de donner à des activités déjà présentes sur le terrain une existence juridique.
Pour les jeunes entrepreneurs, cette reconnaissance constitue une étape importante. Elle doit leur permettre de travailler dans un cadre régulier, de répondre aux exigences des partenaires et de se positionner sur des marchés qui restent difficilement accessibles aux activités informelles. «Recevoir les documents officiels de son entreprise, ce n’est pas recevoir de simples papiers, c’est recevoir une identité juridique, une reconnaissance et surtout une porte ouverte vers de nouvelles opportunités», adéclaré Jeef Makobi Kwete, représentant des bénéficiaires.
La ministre de la Jeunesse, Grâce Emie Kutino, a rappelé que les jeunes ne représentent pas uniquement la relève du pays. Ils sont aussi une force économique appelée à produire, à innover et à créer des emplois.
Le président de la République a, pour sa part, placé l’emploi des jeunes parmi les priorités de l’action publique. «Notre devoir est de créer un environnement dans lequel chaque jeune peut valoriser ses compétences, exercer activement un métier et construire son avenir. L’État ne peut à lui seul absorber toute la demande d’emploi, mais il ne peut pas davantage abandonner la jeunesse à elle-même», a-t-il déclaré.
Dans cette perspective, Félix Tshisekedi a demandé au gouvernement, sous la coordination de Judith Suminwa, de renforcer les liens entre les entreprises formalisées et les marchés publics, le secteur privé, les dispositifs de formation, les chaînes de souveraineté ainsi que les possibilités offertes par le commerce régional. Le chef de l’État a également souhaité que le FSPEEJ dispose de moyens plus importants et d’instruments adaptés aux différentes étapes de la vie d’une entreprise.
L’enjeu est désormais d’éviter que la formalisation ne se transforme en une charge supplémentaire pour les entrepreneurs. Le respect des obligations légales doit aller de pair avec l’accès aux opportunités. «Elle doit être un passeport vers des possibilités économiques. Elle ne doit pas être l’aboutissement de l’accompagnement public, mais en constituer le commencement», a insisté le président de la République.
Cette orientation rejoint les autres mécanismes mis en place par le gouvernement Suminwa en faveur des petites et moyennes entreprises. Le programme Vunga, notamment, vise à faciliter l’accès au crédit grâce à des lignes supervisées par le Fonds de garantie de l’entrepreneuriat au Congo (FOGEC), avec une attention particulière aux jeunes porteurs de projets.
La pérennité des 1.127 entreprises accompagnées dépendra maintenant de leur capacité à franchir le cap de la formalisation et à développer des activités durables. La création d’emplois figure parmi les priorités du programme d’actions du gouvernement pour la période 2024-2028.
FIDEL SONGO