Alors que le président Félix Tshisekedi et l’Union sacrée avancent résolument vers une potentielle révision constitutionnelle, l’opposition, regroupée au sein de la coalition C64, multiplie des initiatives pour contrecarrer ce processus. L’annonce d’une plainte contre le chef de l’État pour «coup d’État constitutionnel», dont le dépôt évoqué initialement pour ce 12 juin puis reporté sine die soulève de sérieuses interrogations sur la cohérence, la pertinence et l’efficacité de sa stratégie, mais aussi sur sa légitimité morale face à une majorité au pouvoir qui bénéficie du soutien populaire.
L’initiative présidentielle de soumettre la constitution à une éventuelle modification ou changement, semble désormais engagée sur une voie irréversible. Cette démarche, portée par le président de la République et son Union sacrée de la nation, rencontre une adhésion populaire significative. De nombreuses églises de réveil, des mouvements associatifs et une partie de la société civile ont exprimé leur soutien, pour conforter cette initiative qui pourrait, à terme, ouvrir la voie à une quatrième République.
Face à cet élan, l’opposition tente de s’organiser, notamment à travers la C64, une coalition de fortune mise en place pour barrer la route à toute initiative visant la réforme de la loi fondamentale. La C64 peine à infléchir la trajectoire d’un processus qui semble avoir déjà engrangé des soutiens décisifs.
L’opposition vit dans la hantise de voir Félix Tshisekedi, manoeuvrer, à travers cette initiative, pour s’éterniser au pouvoir. Après un premier «ballon d’essai» avec la journée «ville morte» du 3 juin, dont le succès est diversement interprété et dont la légitimité a été questionnée par la nature même de la mobilisation, l’opposition annonce d’autres actions d’envergure sur le terrain. Mais, c’est l’annonce d’une plainte contre le Chef de l’État pour «coup d’État constitutionnel» qui interpelle le plus. Une déclaration pour le moins spectaculaire et largement médiatisée qui contraste avec l’attitude de l’opposition qui n’a jamais pipé mot de l’occupation des territoires congolais par les RDF/M23.
Face aux massacres de civils, violences sexuelles, recrutement forcé d’enfants et bien d’autres crimes souvent dénoncés par la majorité au pouvoir, l’attitude de l’opposition est jugée par beaucoup comme un manque flagrant de patriotisme et de solidarité nationale qui, discreditant ainsi ses actions actuelles.
Plainte, oui, mais à quelle fin ?
Attaquer en justice le chef de l’État, garant de l’intégrité territoriale et figure de proue face aux ennemis du pays, soulève de nombreuses questions quant à la pertinence et à la sincérité de cette démarche. Nombreux sont ceux qui estiment que la cible prioritaire de telles poursuites devrait être les renégats pro-rwandais qui tuent, pillent et déstabilisent l’Est de la RDC, et non le président qui ne ménage aucun effort pour la défense du territoire national.
En l’absence d’un soutien financier ou logistique de sa part à l’effort de guerre, l’opposition aurait pu faire jouer son influence pour faire pression sur les agresseurs du pays en guise d’engagement patriotique à la la face du monde, jugent des observateurs.
Dans l’opinion, l’on s’interroge sur la finalité d’une telle démarche qui ressemble à un «coup de buzz» médiatique.
La scène politique, loin d’être un simple théâtre de joutes verbales et de manœuvres politiciennes, devrait être un espace de débats constructifs par par des acteurs conscients des enjeux nationaux et soucieux de l’intérêt supérieur du pays.
Entre-temps, Félix Tshisekedi gagne du terrain et semble bien tenir la route. Avec les membres de l’Union sacrée de la nation, la réussite de la proposition de révision ou de changement constitutionnel est quasiment assurée. A cette dynamique, s’ajoute la quasi-totalité des églises de réveil qui y voient une opportunité de moderniser les institutions et d’adapter la loi fondamentale aux réalités actuelles du pays. Mais pas que.
L’Église du Christ au Congo (ECC) a également ouvert la porte à l’idée d’un changement constitutionnel, sous réserve d’un dialogue national inclusif. Une position nuancée mais ouverte au débat. Seule la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) a exprimé des préoccupations quant aux risques liés à une modification de la Constitution, appelant à la prudence et au respect de l’esprit de la loi fondamentale.
Ces réalités montrent que, malgré les tentatives de blocage de l’opposition, le processus engagé par le président Tshisekedi continue de gagner du terrain, fort d’un soutien diversifié et d’une détermination affichée à faire avancer les réformes pour le bien du pays.
Toutefois, la plainte annoncée par l’opposition, si elle est déposée, sera un test pour la justice congolaise et pour la maturité politique de la RDC. Elle ne semble pas, à ce stade, en mesure d’infléchir la trajectoire d’un processus qui a déjà engrangé des soutiens significatifs et qui s’inscrit dans une vision à long terme pour la stabilité et le développement du Congo. Surtout maintenant que l’assemblée nationale a validé la loi référendaire.
Au Sénat d’apprécier.
FIDEL SONGO