Alors que le débat sur l’avenir de la RDC s’intensifie, les jeunes veulent eux aussi donner de la voix. Ils ont rencontré à cet effet mardi 11 août 2026 à Kinshasa, Évariste Ejiba Yamapia et se sont exprimés sur le fonctionnement de leurs structures et la place qui doit leur être réservée dans la prise des décisions lors du dialogue national prochain. La jeunesse congolaise juge qu’elle ne doit pas être laissée en marge d’un processus appelé à aborder des questions aussi importantes que la gouvernance, la paix, les réformes et l’avenir institutionnel du pays.
Les participants à cette rencontre avec Ejiba, tous issus des confessions religieuses ont fait part de leur disponibilité à apporter leur contribution aux initiatives susceptibles de favoriser la stabilité et le développement de la RDC.
«Les jeunes des confessions religieuses sont prêts à apporter leur contribution pour l’avancement et le développement de la République Démocratique du Congo», a déclaré Coco Pierre, chef de la délégation.
Une préoccupation également soumise par le Conseil national de la jeunesse conduite par son président national, Claude Mbuyi qui a insisté sur la nécessité d’impliquer davantage des jeunes dans les débats portant sur les grandes orientations du pays.
Pour Claude Mbuyi, la présence doit aller au-delà d’une simple représentation symbolique. «A ce dialogue, nous voulons voir les délégations de jeunes y participer et donner leur réflexion sur la vie de la Nation parce que nous sommes à l’heure de la mondialisation et la jeunesse fait partie des éléments clés de cette approche de la mondialisation. Si nous voulons voir une RDC émerger il faut qu’on mette la jeunesse au centre de gouvernance dans notre pays», a-t-il expliqué.
Le contenu du dialogue au cœur des échanges
La rencontre a également permis aux différentes délégations de faire connaître leurs réserves et leurs attentes face au processus annoncé par le chef de l’État.
Du côté de la plateforme citoyenne «La Jeunesse Parle», Serge Etinkum Anza a estimé que les discussions ne devraient pas être réservées aux seuls acteurs ayant pris les armes contre la République.
Grâce Ebuwe Muntu qui conduisait la délégation du Front Patriotique Pona Mboka et Alliés, a, de son côté, salué l’option du dialogue tout en mettant en garde contre une éventuelle instrumentalisation du processus.
Elle s’est formellement opposée à l’idée d’un dialogue qui servirait au partage de responsabilités politiques ou qui pourrait conduire à l’impunité. «Le dialogue ne constitue en aucun cas un lieu de partage de gâteau pour légimer l’impunité des crimes commis sur le peuple congolais. Le dialogue ne pourrait d’aucune façon stopper la volonté populaire de procéder aux réformes constitutionnelles, selon les désidératas du peuple congolais», ont-ils déclaré.
Les échanges entre les jeunes et Evariste Ejiba Yamapia ont également porté sur le référendum attendu et sur les différentes préoccupations suscitées par les évolutions politiques actuelles.
Poursuite des consultations
Cette rencontre constitue l’une des premières étapes d’une série de consultations engagées par Évariste Ejiba Yamapia auprès des différentes composantes de la société congolaise avec pour objectif de recueillir les avis, les préoccupations et les propositions des différentes couches de la population avant de dégager des pistes de réflexion sur l’avenir du pays.
Au terme de cette rencontre, le président national de la CCN a réaffirmé sa volonté de privilégier les voies pacifiques dans la recherche des réponses aux crises qui secouent la RDC. Les consultations devraient ainsi se poursuivre avec d’autres acteurs, dans un contexte où le dialogue national annoncé par Félix-Antoine Tshisekedi continue de susciter des prises de position au sein de la classe politique et de la société civile.
FIDEL SONGO