La situation des agents et fonctionnaires de l’État régulièrement certifiés mais toujours privés de salaire a été au centre des préoccupations du président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, lors de la 90e réunion ordinaire du Conseil des ministres tenue vendredi à Kinshasa. Le chef de l’État a dénoncé une situation qu’il considère comme incompatible avec les engagements pris devant le peuple congolais.
Selon plusieurs rapports en sa possession, de nombreux agents de l’État, pourtant régulièrement identifiés et inscrits au Fichier de référence de l’administration publique, continuent de travailler sans bénéficier d’une rémunération. Pour Félix Tshisekedi, cette situation porte atteinte au bon fonctionnement de l’administration publique et fragilise davantage les conditions sociales des agents concernés. Le président de la République a rappelé que le salaire constitue un droit fondamental à caractère alimentaire et non une faveur accordée par l’État.
Le chef de l’État a également attiré l’attention du gouvernement sur les profondes disparités salariales observées entre certaines administrations ainsi qu’entre les services centraux et les services déconcentrés établis dans les provinces et les entités territoriales décentralisées.
Afin de remédier à ces déséquilibres, Félix Tshisekedi a rappelé avoir déjà instruit le gouvernement, lors du Conseil des ministres du 28 juin 2024, d’élaborer une nouvelle politique salariale fondée sur les principes de rationalisation, d’harmonisation et de soutenabilité budgétaire. Dans ce cadre, l’Inspection générale des finances (IGF), en collaboration avec les services compétents du gouvernement, poursuit un audit général de l’état liquidatif afin d’identifier les dépenses irrégulières, les charges indues et les mécanismes qui alourdissent inutilement la masse salariale de l’État.
En attendant la finalisation de cet audit ainsi que la mise en œuvre de la nouvelle politique salariale, le président de la République a ordonné plusieurs mesures conservatoires. Il s’agit notamment de l’interdiction de toute nouvelle revalorisation des primes en faveur des catégories déjà régulièrement rémunérées, sauf dans le cadre des engagements conclus avec les partenaires sociaux ou des ajustements barémiques en cours.
Le chef de l’État a également interdit la création de nouvelles commissions ou structures permanentes susceptibles d’alourdir davantage les charges publiques. Les économies qui résulteront de l’assainissement de la paie, de la rationalisation des effectifs ainsi que de l’enveloppe additionnelle prévue dans le projet de loi de finances rectificative 2026 devront être affectées prioritairement à la prise en charge progressive des agents régulièrement certifiés mais non encore mécanisés.
À cet effet, le vice-premier ministre en charge du Budget, le vice-premier ministre de la Fonction publique ainsi que le ministre des Finances ont été instruits, sous la coordination de la première ministre, de prendre toutes les dispositions nécessaires à la mise en œuvre rapide de ces mesures. Un rapport circonstancié sur l’exécution des instructions présidentielles est attendu dans un délai de trente jours.
FIDEL SONGO