A la une Politique

Message du président à la Nation sur le Covid-19

Congolaises, Congolais, Compatriotes,
Je me suis adressé à vous en date du 18 mars dernier pour vous annoncer les décisions que j’avais prises, après le Conseil des Ministres Extraordinaire que j’avais présidé en date du mardi 17 mars 2020.
Ces décisions relatives aux mesures à adopter face à la pandémie du Coronavirus me semblent, à ce jour, pas suffisamment suivies par la population, alors que nous venons de franchir le cap de 45 personnes déclarées contaminées avec 1 cas de guérison et 3 cas de décès dénombrés. Je voudrais, avant de poursuivre, présenter mes sincères condoléances aux familles éprouvées et leur dire toute ma compassion. J’ai instruit d’ores et déjà le Gouvernement de prendre en charge tous les frais d’obsèques des disparus.Ces trois cas malheureux viennent de nous rappeler, s’il en était encore besoin, que le Coronavirus est très dangereux et n’a toujours pas trouvé de remède, et que le seul rempart pour tout le monde demeure le strict respect des mesures que je vous ai annoncées le mercredi 18 mars. Mes Chers Compatriotes,
Je le répète, la situation inédite que nous traversons actuellement va notablement bouleverser nos habitudes et nos modes de vie. Aucune tranche d’âge n’est épargnée. Nous devons tous nous armer d’un solide esprit de résignation et abandonner toutes activités incompatibles avec les mesures et les recommandations du Gouvernement qui ne doivent en aucune occasion se trouver ruinées. Mes Chers Compatriotes,
Alors que voici 3 semaines, notre pays comptait un seul cas malheureux avéré dans la Ville de Kinshasa, des nouvelles alarmantes nous sont parvenues du Haut Katanga au soir du dimanche 22 mars pour nous annoncer la découverte de cas suspects, provoquant ainsi un affolement général.
Je voudrais informer la Nation toute entière que, après analyse des échantillons des deux cas de Lubumbashi par le laboratoire INRB à Kinshasa, ceux-ci ont été testés négatifs. Il sera procédé à l’analyse du troisième échantillon attendu dans les heures à venir.
Je tiens à encourager la population de la ville de Lubumbashi pour la discipline qu’ils ont observée depuis, ce qui doit être valable pour l’ensemble de notre pays, en respectant les gestes barrière énumérés par le Ministère de la Santé.
Toutefois, au regard de la tendance de la propagation de la pandémie Coronavirus, je ne doute point qu’un émoi effroyable gagne de plus en plus nos populations et qu’il faille, par conséquent, renforcer les mesures prises le 18 mars 2020 tout en intensifiant les campagnes de sensibilisation, non seulement du Gouvernement, mais aussi de la part de chacun de nous, en donnant la bonne information. C’est aussi l’appel à la nécessaire cohésion que j’ai lancé le 18 mars dernier.
Au regard de la gravité de la situation, face à l’urgence et à la crainte que la propagation ne s’accélère et ne devienne plus inquiétante d’autant plus que la plupart des personnes infectées étaient en contact avec des parents et bien d’autres personnes, j’ai décidé de prendre les mesures complémentaires ci-après, qui sont d’application immédiate :
1. Interdiction de tous les voyages de Kinshasa vers les Provinces et des Provinces vers Kinshasa, afin de permettre le confinement de la Ville de Kinshasa, foyer de la pandémie.
Ceci implique :
2. L’interdiction de tous les vols des passagers dans les deux sens Kinshasa – Provinces, à l’exception des avions transportant du fret et dont les équipages seront soumis à un contrôle d’usage strict au départ comme à l’arrivée ;
a. L’interdiction de tous les mouvements migratoires, par les transports en commun, des bus, camions et autres véhicules de l’intérieur vers Kinshasa et de Kinshasa vers l’intérieur. Des barrières doivent être érigées par les Gouverneurs, et les équipages devront se soumettre au contrôle de rigueur en matière du Coronavirus ;
b. L’interdiction des tous les transports fluviaux des passagers de Kinshasa vers les Provinces et vice-versa.
Seuls les bateaux et les embarcations transportant les marchandises avec équipages et convoyeurs seront autorisés ;
3. La fermeture de toutes les frontières du pays aux passagers et à toute personne, sauf pour les camions, navires, avions cargos avec fret ;
4. L’obligation pour le Gouverneur de la Ville Province de Kinshasa d’instruire tous les Bourgmestres de chaque commune de la Ville d’éviter tout attroupement. Et de placer plusieurs points de lavage des mains avec désinfectant ou savon, surtout dans des agglomérations à grandes affluences où le manque d’eau et d’électricité est quasi permanent.
Ici, j’instruis le Gouvernement de trouver les moyens de ravitailler ces quartiers pour assurer l’hygiène. En même temps, il faudra multiplier les points de lavage des mains à l’aéroport International de N’Djili et appuyer les équipes de la RVA et de la DGM pour que nul n’échappe au contrôle d’hygiène ;
5. Mise en place d’un service minimum au sein du gouvernement et des institutions pour palier au confinement à leurs domiciles des autres agents de l’État.
Mes Chers Compatriotes,
Alors que des pays tentent de trouver une solution dans l’utilisation de la Chloroquine pour combattre le Coronavirus, l’usine pharmaceutique Pharmakina installée à Bukavu dans le Sud-Kivu a rendu public un communiqué en solidarité, relatif à la possibilité pour elle de produire des comprimés et des injectables de l’hydroxy chloroquine.
Même si tous les scientifiques n’ont pas encore marqué leur unanimité, la Task Force que je préside devra, ensemble avec la Commission de pilotage, réfléchir, sans délai, sur les contours de l’opportunité d’une pareille démarche, susceptible de pouvoir contribuer à endiguer le Coronavirus.
Il est urgent en effet que soit produite une quantité industrielle de la Chloroquine qui semble avoir montré son efficacité jusqu’à ce jour dans certains pays.
Dans le même ordre d’idées, j’instruis le Gouvernement d’étudier le souhait des opérateurs économiques et autres partenaires qui se sont proposés d’inonder le marché de Kinshasa de vivres de première nécessité et de produits pharmaceutiques jusqu’en mai prochain, et d’y réserver une suite favorable avec diligence.
Je lance un appel à la solidarité nationale de tous les opérateurs économiques ainsi que d’autres pays et organismes qui conduira à la mise en place d’un Fonds National de Solidarité Contre le Coronavirus (FNSCC) qui restera ouvert à tous les potentiels bienfaiteurs.
Mes Chers Compatriotes,
Le Coronavirus n’a besoin ni d’un passeport, ni d’un visa, ni d’une carte d’électeur pour circuler chez nous. C’est nous qui circulons avec et qui devons comprendre que nous nous trouvons dans une situation de guerre face à un adversaire invisible, une guerre asymétrique aux conséquences désastreuses que nous pouvons éviter.
Et, dans une période d’épreuves et d’incertitudes comme celle que nous traversons, il est nécessaire que chacun soit appelé à prendre au sérieux cette pandémie et à observer toutes les mesures décidées. Bien obligé, je réquisitionnerai les unités de la Police Nationale Congolaise et celles de nos Forces Armées afin d’organiser des patrouilles mixtes pour faire respecter ces mesures, pour le bien de tous.
J’en appelle une fois de plus à l’union sacrée de la Nation, car c’est ensemble que nous nous en sortirons.
Je tiens à remercier les bureaux des deux Chambres du Parlement qui ont participé à la réunion inter Institutionnelle que j’ai convoquée ce lundi 23 mars 2020 pour leur esprit patriotique et la célérité avec laquelle ils ont examiné positivement les mesures que je viens d’annoncer.
Enfin, devant la gravité et le caractère dangereux que comporte cette situation, je décrète l’état d’urgence, en tenant compte de la situation sécuritaire qui prévaut en ce moment dans notre pays en rapport avec la pandémie à Coronavirus.
Que Dieu protège la République Démocratique du Congo !
Je vous remercie.

Quelques réactions sur le principe de l’utilisation de la chloroquine contre le Coronavirus

Augmenter la production de la Chloroquine

 Face à la propagation du Coronavirus en République démocratique du Congo, le président Félix Tshisekedi souligne dans son message de ce mardi 24 mars l’urgence de produire en grande quantité la chloroquine pour le traitement à cette maladie. « Il est urgent en effet que soit produite une quantité industrielle de la Chloroquine qui semble avoir montré son efficacité jusqu’à ce jour dans certains pays », a déclaré le chef de l’État. Félix Tshisekedi rappelle que l’usine Pharmakina à Bukavu a souligné sa possibilité de produire de la chloroquine.
« Alors que des pays tentent de trouver une solution dans l’utilisation de la Chloroquine pour combattre le Coronavirus, l’usine pharmaceutique Pharmakina installée à Bukavu dans le Sud-Kivu a rendu public un communiqué en solidarité, relatif à la possibilité pour elle de produire des comprimés et des injectables de l’hydroxy chloroquine », précise Félix Tshisekedi. Le Docteur Jean Jacques Muyembe, coordonnateur de la riposte contre le Covid-19, a indiqué ce même mardi que son équipe utilise la chloroquine pour le traitement. « Il n’y a pas un traitement certifié contre le Covid-19. Partout, que ça soit en Chine ou en France, on est en train d’essayer avec des médicaments. Nous aussi nous associons la chloroquine dans notre traitement », a-t-il révélé.
Plusieurs autres pays touchés par le Coronavirus font aussi recours à la chloroquine contre le Coronavirus.
Corneille Lubaki

Chloroquine : La colère du Dr. Didier Raoult

 Dans un entretien avec le périodique « Le Parisien », le docteur Didier Raoult a répondu aux médecins et aux décideurs qui appellent à la prudence et sont réservés sur ses essais et l›effet de la chloroquine sur le Covid-19, à cause de l›absence d›études plus poussées Edifiant :
« Je suis un scientifique et je réfléchis comme un scientifique avec des éléments vérifiables. J’ai produit plus de données en maladies infectieuses que n’importe qui au monde. Je suis un docteur, je vois des malades. J’ai 75 patients hospitalisés, 600 consultations par jour. Donc, les opinions des uns et des autres, ça m’est égal. Dans mon équipe, nous sommes des gens pragmatiques, pas des oiseaux de plateaux télé. Le problème dans ce pays (France) est que les gens qui parlent sont d’une ignorance crasse. J’ai fait une étude scientifique sur la chloroquine et les virus il y a treize ans qui a été publiée. Depuis, quatre autres études d’autres auteurs ont montré que le coronavirus était sensible à la chloroquine. Tout cela n’est pas une nouveauté. Que le cercle des décideurs ne soit même pas informé de l’état de la science, c’est suffocant. L’efficacité potentielle de la chloroquine sur les modèles de culture virale, on la connaissait. On savait que c’était un antiviral efficace. On a décidé dans nos expérimentations d’ajouter un traitement d’azithromicyne (un antibiotique contre la pneumonie bactérienne, NDLR) pour éviter les surinfections bactériennes (…).
Avec mon équipe, nous estimons avoir trouvé un traitement. Et sur le plan de l’éthique médicale, j’estime ne pas avoir le droit en tant que médecin de ne pas utiliser le seul traitement qui ait jusqu’ici fait ses preuves. Je suis convaincu qu’à la fin, tout le monde utilisera ce traitement. C’est juste une question de temps avant que les gens acceptent de manger leur chapeau et de dire : c’est ça qu’il faut faire (…). On donne de l’hydroxychloroquine à raison de 600 mg par jour pendant dix jours (sous forme de Plaquenil, le nom du médicament, NDLR) sous la forme de comprimés administrés trois fois par jour. Et de l’azithromycine à 250 mg à raison de deux fois le premier jour puis une fois par jour pendant cinq jours (…). Ce qu’on sait pour l’instant, c’est que le virus disparaît au bout de six jours.
Les gens donnent leur opinion sur tout, mais, moi, je ne parle que de ce que je connais : je ne donne pas mon opinion sur la composition de l’équipe de France de football enfin ! Chacun son métier. La communication scientifique de ce pays s’apparente aujourd’hui à de la conversation de bistrot. A ceux qui disent qu’il faut trente études multicentriques et mille patients inclus, je réponds que si l’on devait appliquer les règles des méthodologistes actuels, il faudrait refaire une étude sur l’intérêt du parachute. Prendre 100 personnes, la moitié avec des parachutes et l’autre sans et compter les morts à la fin pour voir ce qui est plus efficace. Quand vous avez un traitement qui marche contre zéro autre traitement disponible, c’est ce traitement qui devrait devenir la référence. C’est ma liberté de prescription en tant que médecin. On n’a pas à obéir aux injonctions de l’État pour traiter les malades. Les recommandations de la Haute autorité de santé sont une indication, mais ça ne m’oblige pas. Depuis Hippocrate, le médecin fait pour le mieux, dans l’état de ses connaissances et dans l’état de la science. Contrairement à ce que disent certains à la télévision, la Nivaquine (le nom d’un des médicaments conçus à base de chloroquine, NDLR) est plutôt moins toxique que le Doliprane ou l’aspirine prise à forte dose.
En tout état de cause, un médicament ne doit pas être pris à la légère et est toujours prescrit par un médecin généraliste.
Des médecins m’écrivent du monde entier tous les jours pour savoir comment on traite des maladies avec l’hydroxychloroquine. J’ai reçu des appels du Massachusetts General Hospital et de la Mayo Clinic de Londres.
Les deux plus grands spécialistes mondiaux, l’un des maladies infectieuses, l’autre des traitements antibiotiques, m’ont contacté pour me demander des détails sur la manière de mettre en place ce traitement.
Et même Donald Trump a tweeté sur les résultats de nos essais. Il n’y a qu’en France qu’on ne sait pas très bien qui je suis ! Ce n’est pas parce que l’on n’habite pas à l’intérieur du périphérique parisien qu’on ne fait pas de la science. Ce pays est devenu Versailles au XVIIIe siècle !
On se pose des questions franco-françaises et même parisiano-parisiennes. Mais Paris est complètement décalé du reste du monde.
Prenez l’exemple de la Corée du Sud et la Chine, où il n’y a plus de cas. Dans ces deux pays, ils ont décidé depuis longtemps de faire des tests à grande échelle pour pouvoir diagnostiquer plus tôt les patients infectés. C’est le principe de base de la gestion des maladies infectieuses. Ici (en France NDLR) on est arrivé à un degré de folie tel que des médecins sur les plateaux télé ne conseillent plus de faire le diagnostic de la maladie, mais disent aux gens de rester confinés chez eux. Ce n’est pas de la médecine ça.
Jamais on n’a pratiqué le confinement des populations comme on le voit maintenant à l’époque moderne. On faisait ça au XIXe siècle pour le choléra à Marseille. L’idée du cantonnement des gens pour bloquer les maladies infectieuses n’a jamais fait ses preuves. On ne sait même pas si ça fonctionne. C’est de l’improvisation sociale et on n’en mesure pas du tout les effets collatéraux. Que se passera-t-il quand les gens vont rester enfermés chez eux, à huis clos, pendant 30 ou 40 jours ? En Chine, on a rapporté des cas de suicides par peur du coronavirus. Certains vont se battre entre eux (…) La tambouille à la française, ça ne marche pas. La France n’en est qu’à 5.000 tests par jour quand l’Allemagne en effectue 160.000 par semaine ! Il y a une espèce de discordance. Dans les maladies infectieuses, on effectue le diagnostic des gens et, une fois qu’on a obtenu le résultat, on les traite. D’autant que l’on commence à voir des personnes porteuses du virus, apparemment sans signes cliniques, mais qui, dans un nombre non négligeable de cas, ont des lésions pulmonaires visibles au scanner montrant qu’ils sont malades. Si ces gens ne sont pas traités à temps, il y a un risque raisonnable qu’on les retrouve en réanimation où on ne les rattrapera pas. Ne tester les gens que lorsqu’ils sont déjà gravement malades est donc une manière extrêmement artificielle d’augmenter la mortalité. Le port des masques est important pour les personnels de soin, car ce sont les rares personnes qui ont vraiment des rapports très, très proches avec les malades lorsqu’ils les auscultent, parfois à 20 cm de leur visage.
On ne sait pas très bien jusqu’où volent les virus. Mais certainement pas à plus d’un mètre. Donc, au-delà de cette distance, ça n’a peut-être pas beaucoup de sens de porter un masque. C’est vers les hôpitaux qu’il faut envoyer en priorité ces masques pour mettre les soignants à l’abri. En Italie et en Chine, une partie extrêmement importante de malades s’est révélée au final être des personnels de soins ».-

Hits: 36

Partagez cet article