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DECEMBRE 2018 : Les scrutins ou la guerre ?

Le processus électoral rd congolais entre dans sa dernière ligne droite avec la convocation de l’électorat pour ce samedi 23 juin, suivie 24 heures plus tard de l’ouverture des bureaux de réception et de traitement des candidatures (BRTC), en dépit de l’agitation de composition observée dans certains états-majors des partis radicalisés de l’opposition et de la très politisée société civile congolaise. Recevant les présidents des formations politiques à la CENI, Corneille Nangaa, le N°1 de la centrale électorale a appelé les uns et les autres à cesser de douter et à « se préparer pour les scrutins du 23 décembre prochain car le train a bel et bien quitté la gare ». La Commission électorale nationale indépendante aura, en l’espèce, fait preuve d’un professionnalisme remarquable en résistant à toutes les pressions aussi bien internes qu’externes, pour respecter scrupuleusement le chronogramme qu’elle avait rendu rendue public début novembre dernier.
La CENI à jour
La semaine qui s’achève a été marquée par la clôture, le 19 juin 2018, des 7 jours de formation des membres des BRTC pour la députation provinciale. Et pour la énième fois, mercredi 20 juin 2018, les animateurs de la centrale électorale congolaise ont réitéré la confirmation de la convocation de l’électorat au terme d’une réunion de mise au point avec le vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur et Sécurité, Henri Mova Sakanyi.
Les opérations de réception et traitement des candidatures pour l’actualisation des candidatures à la députation provinciale s’étendront jusqu’au 9 juillet 2018. Quelque 24.194 dossiers de candidatures à l’élection des députés provinciaux avaient été reçus par la CENI en 2015 au cours de la précédente opération qui s’était limitée à l’étape des contentieux auprès des différentes cours d’appel. Mercredi dernier, l’administration électorale et le gouvernement ont convenu du remboursement intégral des cautions de 500.000 FC versés (par liste) par les partis et regroupements politiques ainsi que les indépendants. De même que du payement, conformément à la nouvelle loi électorale, de la caution de 1.000.000 FC par candidat à la députation provinciale conformément à la nouvelle loi électorale. La publication des listes provisoires des candidats à l’élection provinciale du 23 décembre 2018 interviendra le 15 juillet 2018, suivie de l’ouverture des contentieux sur lesdites candidatures qui seront traités au niveau des différentes cours d’appel. Les listes définitives des candidats députés provinciaux seront rendues publiques par arrêts de ces cours d’appel en date du 20 août 2018.
Remboursables, les cautions non remboursables
Trois ans après les dépôts des candidatures à la députation provinciale de 2015, la plupart des listes des candidats subiront, selon toute évidence quelques notables corrections, du fait de la mobilité de la classe politique rd congolaise, surtout de l’opposition. Dans cet exercice, la majorité au pouvoir (MP) semble avoir pris une sérieuse avance sur l’opposition politique en raison d’une organisation qui n’a guère subie trop de modifications substantielles ainsi que d’une préparation assez systématique aux scrutins de décembre prochain. Depuis mercredi 20 juin 2018, un Centre de coordination des élections de la Majorité Présidentielle (CCE) soumet les délégués des 14 grandes plateformes électorales de cette famille politique à une formation technique en vue de préparer utilement les opérations de dépôt des candidatures des députés provinciaux.
Opposants occupés à invectiver
Pendant ce temps, dans les travées de l’opposition, surtout radicale, la plupart des partis politiques et plateformes électorales en sont encore à se répandre en invectives contre tout ce qui bouge, y compris dans leurs propres rangs où une guerre de « légitimité » semble être plus à l’ordre du jour. C’est à peine si l’UDPS/Tshisekedi a désigné, au début de la semaine qui s’achève, ses deux mandataires chargés, aux termes de la loi d’introduire les candidatures à divers niveaux auprès de la centrale électorale, dont son ancien secrétaire général, l’avocat Jacquemin Shabani. Tout en réitérant son opposition « farouche » à la machine à voter qui selon un slogan répandu chez les radicaux ne seraient qu’une « machine à tricher » ainsi que des appels de plus en plus timide à une « transition sans Joseph Kabila » à laquelle les ténors de l’opposition radicale et leurs « combattants » ne semblent plus croire eux-mêmes. Manifestement, chez les tshisekedistes, qui, entretemps, se sont enrichis d’au moins trois nouvelles tendances (UDPS Tshibala, UDPS/Mubake, et UDPS/Tshilombo), comme dans la plupart des nouveaux partis politiques qui ont fait défection de la MP après 2015 et où les listes des candidatures à la députation provinciale doivent être totalement reconstituées, on observe aucun aucun empressement particulier jusque-là, ce qui laisse transparaître le scénario d’une défaite assurée de l’opposition aux élections provinciales du 23 décembre 2018. « A moins que le ciel ne tombe sur la tête des rd congolais », pour emprunter une des boutades légendaires du ministre porte-parole du gouvernement, Lambert Mende Omalanga.
La guerre, si Katumbi ne revient pas ?
Justement, ce n’est plus qu’un secret de polichinelle : parmi les acteurs politiques de l’opposition dite radicale, beaucoup caressent toujours le secret espoir d’un report des scrutins de décembre prochain. Pour une raison ou une autre, de préférence pour une cause de force majeure que certains appellent de tous leurs vœux lorsqu’ils ne sont pas prêts à la provoquer au besoin délibérément. Dans les cercles des proches de l’ex-gouverneur de l’ancienne province du Katanga, Moïse Katumbi particulièrement circule régulièrement l’idée de conflagrations armées au cas où leur joker déclaré au ‘top job’ ne revenait pas au pays absout de nombreuses casseroles administratives judiciaires qui plombent littéralement ses ambitions. « Il y aura la guerre si Katumbi n’était pas admis à concourir à la prochaine présidentielle », assurent en secret certains lieutenants de l’ancien « roi du Katanga » qui ne voient pas d’un œil d’autres impétrants comme Félix Tshilombo se préparer malgré tout à participer au scrutin à venir. « Pas d’élections sans Moïse Katumbi », crient-ils tout haut pour se donner du cœur au ventre, répandant ainsi aux quatre vents ce qui pourrait devenir la plus grande escroquerie (politique cette fois-là) du siècle dont les opposants risqueront à leur corps défendant de faire les frais. Car, si comme cela paraît irréversible, les provinciales se tenaient le 23 décembre 2018, ces opposants-là, toutes tendances confondues, partent d’office perdants. Tout simplement parce qu’ils se seront mal préparés ou n’y prendront pas part. Et si ces élections ne se tenaient pas pour des raisons sécuritaires ou pour tout autre cas de force majeure, ils n’y gagneront rien non plus parce que la majorité au pouvoir et son autorité morale demeureront au pouvoir jusqu’à la tenue des scrutins électoraux, respect de la lettre et de l’esprit de la constitution oblige…
Les élections ou la guerre ou les deux à la fois ?
C’est peut-être la quadrature du cercle de la plus grande escroquerie politique.
J.N.

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