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CULTURES PERENNES : Huile de palme : elle nourrit Buse Falay, Bienvenu Liyota l’y a rejoint

On n’y accorde guère d’intérêts  comme dans les mines ou les hydrocarbures. Et pourtant l’intérêt que suscite, sur le marché international,  le secteur de production d’huile de palme, et le volume des investissements  y consentis en RDC laissent à penser que l’huile nourrit effectivement son homme.

Ancien Dircab de M’zee Kabila, et ancien ministre de l’Energie, Georges Buse Falay a complètement disparu de la circulation, comme aime à dire le petit kinois, pour signifier qu’il est de moins ne moins médiatisé, moins engagé dans la vie politique.  Et ses nouvelles fonctions porteraient à croire à un poste-sanctions, comparé  par exemple au poste de DG à l’ex-ONATRA ou encore  à l’ADEPI, la tout nouvelle Agence de développement et de promotion du site d’Inga. Buse Falay est, en effet,  PCA, président du conseil d’administration de PHC, Palmeraies et huileries du Congo, une entreprise d’économie mixte, devenue filiale de la société Feronia qui a racheté, le 3 septembre 2009, 76,2% des parts du groupe Unilever du Congo.

Défenestré du gouvernement et démis de son poste du ministre de l’Environnement et conservation de la nature, Bienvenu Liyota devrait conserver son poste d’administrateur, pour le compte de la RDC, au sein de la même entreprise. Mais ça vaut quoi réellement les palmeraies et les Huileries du Congo? Côté production : RAS, rien à signaler. A l’image de toutes les huileries de la RDC.

 

Le Kongo-central, l’ex-Bas-Congo, d’où partira le projet de la relance de l’industrie huilière en RDC, comptait pourtant cinq huileries (Société Commerciale et Agricole du MAYUMBE (SCAM), Compagnie de Produits, Agriumbe,  Elbema et JVL). Il n’en existe plus que de vieilles machines -d’ailleurs  en partie cannibalisées- pour rappeler leur gloriole d’antan. Autant que dans l’ex-province voisine de Bandundu, saucissonnées en trois provincettes. Le Bandundu  disposait de cinq grandes exploitations de palmeraies naturelles et industrielles : Plantations Lever au Zaïre (PLZ), MADAIL, Compagnie du Kasaï et de l’Equateur (CKE), la Compagnie de Commerce de Bandundu (CCB) et les Huileries et Plantations du Kwilu, HPK. Ça n’est plus que du naguère. Dans la région du Kivu, note un rapport de la FEC (principal patronat r-dcongolais), les mesures calamiteuses de la « zaïrianisation » puis de la « radicalisation » ont dévitalisé plusieurs plantations de palmiers à huile dans les directions de Kamituga et de Walikale. Dans l’ancienne province du Katanga, la culture du palmier à huile et l’industrie y afférente prospéraient dans les Tanganyika, Haut-Lomami et  aussi dans les localités de Kapanga, Sandoa, Kamina, Kabongo, Kaniama, Kongolo et Nyunzu. L’industrie huilière  était, au plus fort de sa  production avant les années 1990, en fait avant les premiers pillages. Le monopole de quelques unités agro-industrielles était concentré entre SOLBENA, TABAZAIRE et FILTISAF. Il n’y a quasiment plus rien de tout cela, à ce jour.  Dans l’ancienne province-Orientale, les cultures industrielles dont  le café, le cacao et  l’huile de palme, étaient encore du temps de Mobutu, au plus fort de leur production, le monopole de quelques unités agro-industrielles comme  SOCITURI, PLANTADEM, HUILPLANCO, SOCOPLA, PLANKUMU, AGRIUELE et naturellement  PLZ qui avait des plantations et des unités de production d’huile de palme notamment à l’Equateur. Hélas, toutes ces entreprises sont aujourd’hui à l’arrêt. Sur l’axe Kisangani – Isangi- Basoko, l’on voyait jusque dans les années 90, des carrosseries  de vieux camions Toyota ou encore Bedford chargées en rasade de gros de barils d’huile sortis des  huileries de Lukutu et d’Isangi. Hélas, les guerres et rébellions à répétition sont passées par là. Mais selon la Fédération des entreprises du Congo, FEC, les usines s’étaient remises à ronronner et à assurer, selon un rapport d’il y a un peu plus de 5 ans, une production  qui couvrait 90 % de la consommation de la Province Orientale. Quelque 7 unités industrielles de production d’huile de palme étaient opérationnelles dans l’ancienne province de l’Equateur dont l’actuelle Palmeraies et huileries du Congo.  L’ancienne  province du Kasaï oriental dispose d’un potentiel de cultures pérennes de café, de palmier à huile, d’hévéa qui étaient autrefois exploitées dans le Nord Sankuru. Il est aussi d’autres régions dans les ex-provinces des deux Kasaï, où selon la FEC, des cultures industrielles d’huile de palme –autant que le tabac, le café et le coton- peuvent s’y développer avec grande rentabilité. Hélas. Dans son ambitieux programme de relance du secteur agricole, le gouvernement n’a pas du tout porté une attention particulière aux cultures pérennes. Le président du Sénat, Léon Kengo Wa Dondo, l’avait déploré dans son speech de la rentrée parlementaire de mars 2015. A ce jour, l’on a du mal à croire que c’est un Belge,  Vanderweyen, qui œuvrait au Congo belge pour le compte de l’institut de recherche agronomique, qui a été à l’origine d’une découverte majeure sur l’hybridation des palmiers à huile en 1939.  Que ces variétés tenera, hybrides des dura et des pisifera, combinent une coque épaisse et une pulpe fournie et forment, à ce jour, la totalité des palmiers exploités dans le monde.  Que les palmiers à huile ont été introduits au début du XXème siècle en Indonésie, par  un autre expert venu de l’actuelle RDC, l’agronome belge Adrien Hallet. Hélas, aujourd’hui, l’Indonésie –qui se dispute le titre de premier producteur mondial avec la Malaisie- réalise  jusqu’à 45%  de la production mondiale, plus de 20  millions de tonnes d’huile de palme l’an quand la RDC- pionnier du secteur- se contente de quelques bidons d’huile, produits artisanalement.

 

POLD LEVI

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