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CAP SUR L’ALTERNANCE DEMOCRATIQUE : Aux urnes, citoyens !

A un trimestre des scrutins combinés présidentielle, législatives nationales et provinciales, les faits semblent démentir la propagande anti-électorale qui a enflé suite à l’élimination de 4 des 25 dossiers de candidature à la prochaine présidentielle. La Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) a encore fait preuve de professionnalisme et d’expertise, ce qui a permis la publication, le 19 septembre 2018, des listes définitives aux prochaines élections après le contentieux électoral. Le chronogramme électoral publié le 5 novembre 2017, a encore une fois, été scrupuleusement respecté, ouvrant résolument la voie vers l’étape cruciale qui verra quelques 40 millions d’électeurs se choisir leurs candidats le 23 décembre 2018. « Un nouveau pas de géant vient ainsi d’être franchi et le chemin définitivement balisé en direction des élections du 23 décembre prochain », a ainsi affirmé Corneille Nangaa, le fringant président de la CENI, le mercredi 19 septembre à l’occasion de la publication des listes des candidats aux prochaines élections.
21 prétendants au remplacement de Kabila
Pour la présidentielle, sur les 25 candidatures initialement enregistrées par la CENI, 6 avaient été déclarées irrecevable, mais 2 parmi elles ont été réhabilitées après le contentieux des candidatures à la présidentielle par la Cour constitutionnelle. Au total donc, 21 candidats à la présidentielle se disputeront les suffrages des rd congolais le 23 décembre 2018 : Seth Kikuni Masudi, Vital Kamerhe Lwa Kaniningini Nkingi, Tryphon Kin Kiey Mulumba, Freddy Matungulu, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, Alain-Daniel Shekomba Okende, Radjabo Mbira Tebabho Soborabo, Martin Fayulu, Yves Mpunga, Samy Badibanga Ntita, Joseph Mba Maluta, Gabriel Mokia Mandemo, Mme Marie-Josée Ifolu Mputu, Pierre-Honoré Kazadi Lukonda Ngube Ngube, Sylvain-Maurice Masheke Ngerakueyi, Emmanuel Ramazani Shadary, Charles Diavena Luntadila, Noël Tshiani Muadiamvita, Jean Mabaya Gizi Amine, Francis Mvemba, et Théodore Ngoy Ilunga wa Nsenga.
Aux prochaines législatives nationales, 15.505 dossiers de candidature ont été enregistrées par la CENI, dont 15.222 déclarés recevables contre 283 retoquées. 200 requêtes en contestation des listes provisoires des candidats députés ont été introduites auprès des cours d’appel sur la nationalité, les candidatures multiples, les erreurs matérielles, et les conflits d’intérêts entre certains candidats et leurs anciennes formations politiques. Après l’instruction des contentieux électoraux sur les candidatures à la législatives, 15.355 dossiers de candidatures ont été jugés recevables et se disputeront les 500 sièges de l’Assemblée Nationale.
15.355 candidats pour 500 sièges de l’Assemblée Nationale
Aux législatives provinciales vont concourir 19.640 candidats sur 19.570 dossiers déclarés recevables par la CENI, qui en avait invalidé 136.
Pour la première passation démocratique du pouvoir en RD Congo, tout semble désormais réuni par la CENI dont le président pouvait assurer mercredi dernier que « ces élections sont d’autant plus importantes pour la République Démocratique du Congo qu’elles permettront, pour la première fois de son histoire, l’alternance démocratique. En effet, à la faveur de ces élections, le pays vivra sa première expérience de remise et reprise civilisée entre un président de la République sortant qu’on connaît et un président de la République entrant que nous, peuple Congolais, allons investir par l’acte de vote ». Corneille Nangaa a surtout rappelé, paraphrasant feu l’abbé Apollinaire Malumalu, son prédécesseur à la tête de la centrale électorale, que « les élections n’arrangent pas un pays en soi. Les élections ne constituent qu’un point de départ et non d’arrivée ». Contrairement aux thèses propagandistes et extrêmement maximalistes entendues ces dernières semaines en RD Congo et même dans certains pays étrangers … sur la RD Congo.
A l’appui d’une campagne anti-électorale lancée à cor et à cri partir de Bruxelles en Belgique à l’instigation de milieux conservateurs nostalgiques dans l’ancienne métropole coloniale, leurs relais locaux en RD Congo, dont quelques membres de la hiérarchie de l’Eglise catholique romaine, ont relayé bruyamment la thèse du renvoi aux calendes grecques des scrutins du 23 décembre 2018. Au motif, grosso modo, qu’ils seraient inévitablement « imparfaits ». A l’analyse, plus que les prochains scrutins eux-mêmes qui ne sont qu’une œuvre humaine comme une autre, par conséquent soumise aux aléas des imperfections propres à toute entreprise, c’est cette sorte d’angélisme électoral qui tranche par son manque total de réalisme.
Angélisme électoral sur la terre des humains
Car, dans les faits, plus rien ne s’oppose aux troisièmes élections rd congolaises depuis 2006. Mardi 18 décembre 2018, 24 heures avant la publication des listes définitives des candidats aux prochaines élections, la centrale électorale avait réceptionné un lot de 17.944 isoloirs qui assureront la discrétion du choix des électeurs. 420 conteneurs d’isoloirs sont attendus dans les jours qui viennent, qui seront répartis à l’intérieur du pays, a expliqué Jean-Marie Kalamba, le rapporteur UDPS de la CENI.
La production des 105.257 machines à voter destinés aux scrutins combinés du 23 décembre 2018 est déjà terminée. L’heure est actuellement à l’acheminement vers les ports de débarquement à Mombassa (Kenya), Dar-es-Salaam (Tanzanie) et Matadi, d’où ils seront déployés vers les hubs principaux du pays, puis les hubs secondaires avant d’être livrées aux sites de formation et autres bureaux de vote conformément au calendrier ad hoc, renseigne une dépêche de la CENI.
Lundi 17 septembre 2018, des experts de la Westminster Fondation For Democracy, une Ong britannique diligentée grâce au gouvernement de Sa Gracieuse Majesté Elisabeth II, avait émis un avis positif sur cette ingénierie qui permettra l’impression des votes d’électeurs, tout en émettant des observations que la CENI par la bouche de son secrétaire exécutif national Ronsard Malonda, a dit avoir décidé de prendre en compte. « Mention spéciale à la Fondation Westminster pour la démocratie dont l’analyse objective faite sur la machine à voter permet de dissiper tout malentendu à son sujet. Soit dit en passant : la CENI s’engage à prendre en compte les recommandations formulées par ces experts. Que le Gouvernement britannique qui a facilité et financé cette étude trouve ici l’expression de notre gratitude », a en substance déclaré Corneille Nangaa à ce sujet mercredi dernier.
Pour le premier transfert civilisé du pouvoir au sommet de l’Etat ainsi que le renouvellement de sa classe politique par les élections, tout est donc en place. Le reste va au-delà de ces objectifs, primordiaux et essentiels pour les rd congolais.
J.N.

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