La Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, a donné, en fin de la semaine passée, le coup d’envoi des consultations pour le nouveau Cadre de Partenariat Pays (CPF) avec la Banque mondiale. Ce plan décennal, véritable boussole stratégique, vise à briser le cycle de la dépendance économique par une diversification agressive et la création massive d’emplois durables. Avec une enveloppe potentielle de 11 milliards USD, l’institution de Bretton Woods place la barre haut, conditionnant toutefois cette manne à des réformes structurelles profondes.
La Cheffe du Gouvernement a réuni les membres de l’Exécutif concernés pour une séance de travail dont la «grande qualité» a été saluée par Albert G. Zeufack, directeur -pays de la Banque mondiale. Derrière les sourires de circonstance se dessine un enjeu colossal : le financement du Programme d’Actions du Gouvernement (PAG 2024-2028).
11 milliards USD, c’est le montant que la Banque mondiale est prête à mobiliser pour accompagner la RD Congo. Mais Albert G. Zeufack ne s’arrête pas en si bon chemin. L’objectif est d’utiliser ce financement comme un levier pour attirer le secteur privé. « Si nous travaillons ensemble pour réformer et garantir un climat des affaires attractif, nous pourrons tripler ce chiffre», a-t-il souligné.
Les leçons du passé semblent avoir été tirées. L’évaluation du dernier programme a permis de dégager trois axes d’intervention qui feront l’objet de discussions approfondies dans les semaines à venir. La diversification économique n’est plus une option, mais une priorité absolue pour un pays dont les richesses du sous-sol ne profitent pas encore assez au panier de la ménagère.
Infrastructures et capital humain : duo gagnant
Pour Judith Suminwa, l’alignement avec le premier pilier du PAG est total. La création d’emplois de qualité passe par des projets structurants. Les infrastructures de base (routes, chemins de fer) et l’éducation pour le développement du capital humain sont au cœur de cette nouvelle architecture partenariale. L’ambition est de transformer le potentiel congolais en richesses tangibles.
Le compact énergétique n’est pas en reste. La Banque mondiale réitère sa volonté de porter le taux d’accès à l’électricité à 60 % de la population. Un défi herculéen dans un pays où l’obscurité reste encore le lot quotidien de millions de foyers, freinant ainsi tout essor industriel sérieux.
Le rendez-vous de novembre
Le calendrier est désormais balisé. Après les discussions sectorielles de cet été, le gouvernement et l’institution de Bretton Woods se retrouveront en septembre pour finaliser les travaux. L’ultime étape interviendra en novembre 2026 avec la soumission du Cadre de Partenariat au Conseil d’administration de la Banque mondiale.
Pour la RDC, ce partenariat décennal est une chance historique de changer de paradigme. Mais entre les promesses de milliards et la réalité du terrain, le chemin reste parsemé d’embûches que seule une volonté politique de fer pourra lever.
FIDEL SONGO