C’est un véritable prisme déformant. Des actes de vandalisme et des scènes obscènes ont été observées dans les rues, les écoles voire dans certaines résidences des chefs d’établissements. Le contraste est manifeste. Ceux qui ont réussi fêtent bruyamment. Mais, cette fête est accompagnée de scènes obscènes. Une question taraude l’opinion : c’est celle de la qualité du civisme acquis par ces élèves, futurs cadres du pays.
Recalés à ces épreuves, certains élèves finalistes du complexe scolaire Paul Mordant Lusangi, à Kinshasa, ont saccagé les vitres de leur école, tenté d’agresser le préfet pour exprimer la colère, suite à leur échec. Ce cas est parmi les 36 que l’on peut enregistrer à Kinshasa.
Les actes de violences à Gungu
A Gungu, dans le Kwilu, des finalistes ayant échoué ont incendié plusieurs infrastructures de l’Institut Katelenge, centre d’examen qui accueille les candidats de plus d’une dizaine d’établissements scolaires.
Selon les informations recueillies sur place, les élèves en colère ont d’abord mis le feu au bureau administratif de l’école avant d’incendier un bâtiment de six salles de classe. Ils se sont ensuite attaqués à la résidence du préfet des études, qui a également été réduite en cendres.
D’après le président de la société civile de Gungu, le préfet des études a échappé au pire car il était absent au moment des faits. Joachim Kusamba sinquiète également d’éventuels incidents similaires dans d’autres écoles au fur et à mesure que les résultats continuent d’être publiés.
Il faut savoir que la mise à sac de certaines écoles de Kinshasa et des provinces, par les finalistes n’ayant pas réussi aux épreuves de l’examen d’État est symptomatique.
Selon certains observateurs, ce phénomène découle de certaines pratiques peu recommandables dont la plus fréquente est la corruption. Une anti-valeur devenue malheureusement courante dans de nombreuses écoles privées-agrées. Il est donc temps d’interpeller les élèves à prendre conscience de leurs études, car leur avenir en dépend. «Non Scholae Sed Vitae discimus» (Nous n’apprenons pas pour l’école, mais pour la vie). disait Sénèque dans une de ses lettres à Lucilius. A traduire en français par le sage dira plutôt que «le savoir acquis ne doit pas servir uniquement à réussir à l’examen mais à se développer, à s’épanouir et à affronter les défis de la vie».
Pascal Lookolo