Plus de deux mois après avoir été élu provisoirement gouverneur, au terme d’une élection qui serait entachée d’irrégularités, Jules Lodi vient enfin d’être investi par une ordonnance présidentielle. Un certain nombre de ressortissants ont reçu avec quelques appréhensions la nouvelle de son élection, craignant que comme sous son éphémère mandat passé, il ne plonge à nouveau la province de Patrice-Emery Lumumba dans l’incertitude. Ses contempteurs le soupçonnent de pires turpitudes: mauvaise gouvernance, communautarisme, mépris des droits de ses administrés, séparatisme etc. Mais Lodi Emongo ne manque pas de laudateurs qui brandissent son expérience d’avocat et de sénateur ainsi que son sens de l’autorité. «Avec lui, on est sûr que la sécurité sera préservée dans la province», écrit un jeune internaute sankurois à son sujet.
Intervenu le 15 avril, huit mois après un conflit politique entre l’exécutif provincial et l’assemblée, conflit qui a conduit à la déchéance de Victor Kitenge, ce deuxième avènement de Lodi au gouvernorat du Sankuru avait suscité une bataille politique au sein de l’Union Sacrée de la nation, famille politique du chef de l’Etat.
Bataille judiciaire
Ce processus électoral, marqué par une avalanche de contestations et de tensions institutionnelles, avait plongé le Sankuru dans une zone d’incertitude de plus de deux mois. Les candidats Justin Omokala et José Lumu avaient saisi la chambre administrative de la Cour d’appel du Sankuru pour contester la victoire de Lodi.
Le premier verdict de cette cour ne leur a pas été favorable parce que le 24 juin, la Cour d’appel a confirmé Jules Lodi comme gouverneur, ce qui provoqua une clameur populaire à Lodja, la principale agglomération de la province.
Tentative de corruption par la partie Lodi
Lundi 27 avril 2026, le premier jour des audiences, les avocats de Justin Omokala s’étaient retirés de la barre, dénonçant une partialité manifeste d’au moins deux juges qu’ils soupçonnent d’avoir été corrompus par la partie adverse. Cette attitude jugée partisane des magistrats a été à la base du mouvement de protestation des jeunes de Lodja.
Pour sa part, les avocats du candidat Joseph Lumu Akutu (Allié UDPS) se sont insurgés bruyamment contre les juges accusés de «partialité déroutante». A cette audience, le désordre était tel qu’un avocat de la partie demanderesse a été invité à quitter la salle après s’être vu refuser de plaider par le président des céans.
Risque d’un nouveau
clivage au Sankuru
André Mbata, secrétaire permanent de l’Union sacrée de la nation est accusé de s’être malencontreusement invité dans le processus de sélection des candidats, coupant même l’herbe sous les pieds de son propre parti, l’UDPS, au profit de Jules Lodi, candidat indépendant.
L’initiative de Mbata de valider le ticket de Jules Lodi Emongo et Charles Motomoke comme gouverneur et vice-gouverneur avait été bruyamment contestée par l’UDPS/ Tshisekedi, qui soutenait de son côté le ticket de Joseph Lumu et José Dambo. Daniel Aselo, député national et secrétaire général adjoint de l’UDPS/ Tshisekedi, avait effectué une descente sur place à Lusambo, en vain. Lodi l’a emporté avec 15 voix contre 10 pour Lumu.
Avec un tel feed-back, le gouverneur Jules Lodi Emongo devrait, dans son intérêt et celui de ses administrés du Sankuru, changer de style et rassurer ceux, nombreux au Sankuru qui ont gardé un mauvais souvenir de son premier mandat à la tête de la province.
P.L