Trois provinces de l’Est de la RDC (Ituri, Nord-Kivu et Sud-Kivu) sont frappées par la 17e épidémie de la maladie à virus Ebola. Officiellement déclarée le 15 mai par le ministre de la Santé publique, le docteur Samuel Roger Kamba, cette flambée est liée à la souche Bundibugyo, pour laquelle il n’existe ni vaccin ni traitement spécifique.
Le ministre se veut néanmoins confiant, s’appuyant sur l’expérience acquise par les équipes de santé publique. Dès le lendemain de l’annonce, le nombre de cas a fortement augmenté en Ituri, où six zones de santé sont désormais touchées.
Partenaires internationaux en désaccord
De nombreux pays et organismes internationaux se mobilisent aux côtés du gouvernement congolais pour endiguer l’épidémie.
Mais les divergences de communication créent une certaine confusion. L’Organisation mondiale de la santé (OMS), partenaire technique du gouvernement, a annoncé deux jours après la déclaration officielle, 618 cas, dénonçant des défaillances dans la riposte sur le terrain. L’Union européenne, de son côté, a décidé d’interdire l’accès à son territoire aux ressortissants congolais ainsi qu’à toute personne ayant transité par la RDC. Nos confrères de RFI ont révélé que la maladie circulait déjà depuis un mois au sein des communautés avant son annonce officielle, ce qui a favorisé sa propagation et entraîné de nombreux décès.
À Bunia, l’aéroport a même été fermé pendant près de deux semaines avant de rouvrir.
Le ministre clarifie
Lors d’un briefing-presse à la télévision nationale, le ministre de la Santé a tenu à balayer les rumeurs. Selon lui, 513 cas suspects ont été recensés et une dizaine de décès confirmés. Les patients bénéficient d’une prise en charge adéquate. Pour renforcer la riposte, la RDC a décidé d’acquérir sept anticorps monoclonaux en provenance des États-Unis.
Le ministre a également dénoncé la décision de l’Union européenne de priver les Congolais de visas, ce qu’il trouve injuste.
Premiers patients
guéris
Vingt-cinq jours après l’annonce officielle, neuf personnes sont sorties guéries des centres de traitement. Un certificat médical leur a été remis à leur sortie.
Si l’épidémie liée à la souche Bundibugyo n’est pas encore maîtrisée, ces guérisons constituent un signe encourageant pour les équipes de santé et les communautés.
Pascal Lookolo