La République démocratique du Congo intensifie son offensive de charme sur l’échiquier international en vue de briser le plafond de verre qui l’écarte, depuis plus d’un demi-siècle, du gouvernail de la Francophonie. En mission officielle dans la capitale fédérale canadienne, le ministre délégué congolais chargé de la Francophonie, Crispin Mbadu Phanzu, a été reçu, lundi 20 avril 2026, par la ministre canadienne des Affaires étrangères, Anita Anand. L’émmissaire congolais y à porté à bout de bras la candidature de Juliana Amato Lumumba au poste de Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).
Mandaté par le président de la république, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, Crispin Mbadu Phanzu a crânement exposé la vision de Kinshasa pour un renouveau de l’espace francophone.
Cette escale stratégique à Ottawa ne relève nullement du hasard. Le Canada, l’un des plus grands pays francophones au monde, fait figure de puissance tutélaire dont l’arbitrage s’avère, non sans raison, déterminant dans les équilibres internes de l’organisation.
Au cœur des échanges, la feuille de route intitulée «Neuf projets neufs pour une Francophonie neuve» a été disséquée, pour montrer la volonté de la candidate congolaise de rompre avec l’inertie actuelle afin d’insuffler une dynamique de souveraineté et d’action concrète.
Les discussions entre Kinshasa et Ottawa ont permis de dégager une convergence de vues sur des piliers structurants, à commencer par le rayonnement de la langue française, perçue comme un levier de résilience face à une influence linguistique mondiale de plus en plus hégémonique.
Crispin Mbadu a martelé sur l’exigence d’une diplomatie économique revigorée, passant par la relance de la commission mixte entre les deux nations.
Ce moteur d’un commerce dynamique et d’investissements responsables vise à transformer les liens bilatéraux en un partenariat mutuellement bénéfique, loin des schémas de prédation qui ont trop souvent caractérisé les relations Nord-Sud.
Le profil de la candidate congolaise, fille de Patrice-Emery Lumumba d’heureuse mémoire, confère à cette quête une dimension symbolique et historique indéniable.
Formée aux meilleures écoles parisiennes, Juliana Lumumba incarne cette Afrique digne qui assume son héritage sans s’y noyer, loin de toute posture victimaire.
Sa candidature offre à l’OIF l’opportunité d’un rééquilibrage naturel, alors que le pays le plus peuplé de l’espace francophone attend toujours, contre toute évidence, de présider aux destinées de l’organisation.
Face aux velléités de maintien d’un statu quo souvent décrié pour son alignement sur des agendas étroits, la RDC propose à travers son ticket gagnant au secrétariat général de l’OIF une Francophonie ancrée dans l’exigence démocratique et l’inclusion structurelle de la jeunesse et du genre.
Lors de la présentation de Juliana Lumumba aux différents diplomates accrédités à Kinshasa, le chef de l’État a ainsi souligné qu’il ne s’agit plus de se contenter de discours de circonstance, mais de positionner l’organisation comme un rempart pour la paix et la stabilité des États membres. Ainsi donc, l”offensive menée à Ottawa constitue un jalon crucial dans cette course de fond.